1.         Île de Saint-Louis (Sénégal) (C 956bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/956/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 11 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/956/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 192.697,13 dollars EU de la Convention France-UNESCO 

Missions de suivi antérieures

Mars-avril 2004 : mission conjointe dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO / Centre du patrimoine mondial ; avril 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / ICCROM ; 2007 : mission dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/956/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’Etat partie a remis un rapport en date du 28 janvier 2013, dont le contenu très succinct, avec des réponses partielles à la décision 35 COM 7B.43 du Comité, ne permet de connaître avec précision ni l’état de conservation présent du bien ni le fonctionnement pratique de ses institutions, notamment en termes de vue d’ensemble du contrôle des nouvelles constructions et réhabilitations, en cours et à venir, et de gestion globale du bien.

a)  La mise en place du système de gestion, coordination avec la municipalité

L’Etat partie rappelle l’arrêté de création du Comité de sauvegarde de Saint-Louis et de son Secrétariat permanent (n° 3395 du 29 mars 2011), ainsi que la nomination du gestionnaire du site (23 avril 2011). Le Comité est chargé de veiller à l’application du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Louis et le Secrétariat doit procéder à l’examen technique des projets de réhabilitation, de restauration ou de construction pour les soumettre à l’avis du Comité. Toutefois, les moyens humains, financiers et techniques mis à la disposition de ces structures de gestion ne sont pas précisés. Les liens avec les actions et projets municipaux de conservation du patrimoine ne sont pas évoqués (Agence de développement local, Maison du patrimoine), si ce n’est une possible représentation de la municipalité au sein du Comité au titre des représentants « non étatiques ».

b)  Conservation du bien, Plan de gestion et Programme de développement touristique

Différents cadres programmatiques et projets sont évoqués. La principale information est la consolidation financière du Programme de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, d’un montant total estimé à 29 M€, par le biais d’un emprunt et d’une aide obtenus auprès de l’Agence française de développement (24,5 M€). 7,37 M€ seront alloués à la conservation du bien, par une action d’incitation à la restauration conforme des bâtiments privés, via l’action de la municipalité (Maison du patrimoine). Une part du budget sera attribuée à la requalification des espaces publics (7,82 M€) et à l’éradication des dépôts sauvages de déchets ménagers (3 M€). L’Etat partie indique lui-même la nécessité d’accompagner ce programme d’un « plan plus détaillé » en ce qui concerne la conservation du bien. Il n’apparait pas clairement la nature des activités de conservation qui seront financées dans le cadre de ce programme de développement. Par ailleurs, le rapport fait état du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du bien (PSMV, 2008) qui ne semble plus aujourd’hui véritablement opérationnel, ni ses prescriptions respectées ; seul un suivi organisé de la conservation permettrait de le savoir. Son articulation avec le volet conservation du Programme de développement touristique et son actualisation devraient être envisagées.

La réhabilitation du pont Faidherbe est présentée comme réalisée, mais c’est un projet déjà ancien (2007). D’autres projets de restauration concernant les quais dédiés à la pêche, les places et les bâtiments publics sont annoncés, en partenariat avec l’AFD ; mais il n’y a toujours pas de plan de conservation pour l’ensemble du bien, tant pour son tissu urbain, que pour les bâtiments publics et l’habitat privé.

c)  Mécanismes de contrôle des constructions et d’octroi des permis de construire

 

Selon le rapport, les permis de construire sont validés par le représentant local du Bureau d’architecture des monuments historiques du Ministère de la culture (BAMH). Le rapport ne précise pas toutefois si les travaux non respectueux de l’authenticité et de l’intégrité du bien constatés dans le passé ont été enrayés, ni d’attester de la mise en place d’un suivi de la conservation efficace. Il n’y a pas d’indication sur la coordination du contrôle des constructions et travaux, ni avec le Secrétariat du Comité de sauvegarde ni avec la mairie de Saint-Louis.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés par l’absence de détails concernant le projet de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, avec l’aide de l’Agence française du développement. Ils sont également préoccupés par la mise en œuvre d’un tel projet en l’absence d’un gestionnaire du site et d’un plan de gestion et de conservation du bien. D’autre part, il n’existe pas de garantie que les travaux prévus pour les quais et les places respectent l’authenticité et l’intégrité du bien. Plus largement, il est nécessaire d’informer le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives du programme détaillé du projet de développement touristique avant sa mise en œuvre.

Depuis la mise en place du Comité de sauvegarde en 2011 aucun progrès significatif n’a été réalisé dans la coopération entre les échelons nationaux, régionaux et locaux, ni de partage précis et clair des responsabilités de la protection, de la conservation et du suivi du bien.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent qu’à ce jour, aucune action significative n’a été entreprise pour stopper la dégradation du patrimoine architectural et du tissu urbain, ce qui continue d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien. En conséquence, ils recommandent qu’une mission conjointe de suivi réactif par le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS évalue l’état de conservation du bien, l’avancement de sa gestion et l’existence des critères requis pour l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril.  

Décision adoptée: 37 COM 7B.42

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.43 , adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Note avec satisfaction les progrès effectués par l’Etat partie dans la consolidation financière de ses projets de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, dont une part importante sera affectée à la conservation du bien ;

4.  Exprime sa vive inquiétude devant la poursuite de la dégradation et l'effondrement du tissu urbain historique et devant la construction de bâtiments non conformes qui affectent la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

5.  Réitère sa demande à l'Etat partie de consolider les dispositifs de conservation et de gestion du bien, et en particulier :

a)  d'assurer des ressources humaines nécessaires de conservation et de gestion liées au bien,

b)  d'appliquer sans dérogation les mécanismes de contrôle des constructions et d'octroi des permis de construire, en coordination avec le Secrétariat du Comité de sauvegarde du bien et la municipalité de Saint-Louis,

c)  d'assurer une coordination adéquate entre les initiatives menées sur le site et entre les différents acteurs institutionnels au niveau national, régional et local ;

6.  Invite l'Etat partie à fournir au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées concernant les projets de réhabilitation des quais et des places, ainsi que des édifices publics majeurs que sont la gouvernance, la cathédrale et les Rognât ainsi que sur le programme de développement touristique et plus largement tout projet important prévu sur l'Île de Saint-Louis et sa région ;

7.  Demande à l’Etat partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état général de conservation du bien et les progrès dans sa gestion ;

8.  Demande également à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport sur l’état de conservation du bien faisant état de la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.