1.         Parc national de Los Katíos (Colombie) (N 711)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2009-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adoptée, voir Décision https://whc.unesco.org/fr/decisions/4628  

Mesures correctives identifiées

Mesures correctives techniques actualisées adoptées; voir https://whc.unesco.org/fr/decisions/4628

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore établi

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2009)
Montant total approuvé : 73 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN à Bogota plutôt qu’une visite sur le bien

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 1er février 2013, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien au Centre du patrimoine mondial, comme le demandait le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session (Saint-Pétersburg, 2012). Dans sa Décision 36 COM 7A.16, le Comité du patrimoine mondial a demandé instamment à l’État partie de mettre en œuvre les mesures techniques correctives mises à jour et de valider un ensemble d’indicateurs relatifs à l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Parmi ces indicateurs, la distinction est faite entre les menaces actuelles (établissements et extractions illégales et incontrôlées de ressources naturelles) et les menaces potentielles (grands projets d’infrastructure et sécurité). Le respect des indicateurs est un facteur décisif pour un éventuel retrait du bien de la Liste du patrimoine en péril. L’État partie se concentre sur le rapport sur ses activités et les progrès réalisés en réponse à la décision ci-dessus mentionnée du Comité. L’UICN a également travaillé directement avec l’État partie, lui prodigant ses conseils.

a) Établissements dans le bien

Une communauté indigène s’est établie dans une partie du bien qu’elle considère comme sa terre ancestrale. Des accords sont nécessaires afin d’équilibrer d’une part les droits légitimes et d’autre part les objectifs de conservation du bien. L’État partie fait état de plusieurs réunions qui ont rassemblé la communauté indigène Phu Juin Wounaan Buur et les autorités responsables de la conservation en 2012. Les premiers échanges ont abouti à un accord volontaire entre la communauté et la direction du parc en avril 2012, l’accent étant mis sur l’aménagement, le zonage et les recherches sur l’histoire ancestrale de la communauté. Un atelier de suivi qui s’est tenu en octobre 2012 pour affiner le premier accord, soulignant l’importance du respect mutuel et de la prise en compte des divergences de points de vue et de concepts culturels. Le nouvel accord définit des orientations de gouvernance et de gestion partagées, un mécanisme de coordination (comité et règles) et le suivi de la mise en œuvre de l’accord. Des progrès importants sont constatés et un accord final devrait être conclu.

b) Exploitation de la forêt, chasse et pêche illégales

La limitation de la présence gouvernementale dans le bien pendant une longue période, entre autres en raison des problèmes de sécurité, a favorisé l’extraction illégale de ressources, en particulier le bois, le poisson et la faune sauvage. A la suite du plan d’action ‘Plan Choque’, l’État partie décrit un processus de reconquête du contrôle, y compris par des investissements dans des dispositifs de communication et un nouveau poste de contrôle. Des accords de restauration des rives des cours d’eau ont été pris avec plusieurs communautés le long des rivières Cacarica et Atrato. L’État partie rappelle un accord sur la gestion de la pêche dans les marais Tumaradó signés par les autorités chargées de la conservation et le conseil communautaire Tumaradó. Un accord comparable est en cours avec la communauté de Puente America. Le soutien extérieur contribue à promouvoir des systèmes de production durables grâce au soutien matériel, au développement des capacités et au suivi. Ces activités améliorent le niveau de vie local et, par conséquent, tendent à alléger la pression sur le bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN reconnaissent les progrès considérables et la nécessité de fournir des efforts supplémentaires après des années de fonctionnement extrêmement limité. Ils considèrent qu’il est approprié d’associer le contrôle, l’application de la loi et la coopération participative des communautés locales et qu’il convient de poursuivre cette politique.

c) Grands projets d’infrastructure et impacts possibles sur le bien

Le Comité du patrimoine mondial, dans sa décision 36 COM 7A.16, a noté que les grands projets ne faisaient pas peser de menace immédiate sur le bien. En l’absence de notification de tels projets, aux termes du paragraphe 172 des Orientations, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN supposent que la situation est inchangée. La demande du Comité de mener une évaluation de l’impact environnemental des couloirs de transport de l’électricité prévus à proximité des limites du bien n’a pas été traitée. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que cette évaluation est toujours requise et qu’elle devrait comprendre une prise en considération explicite de la valeur universelle exceptionnelle du bien, à moins qu’une décision ait été prise qui annule le projet.

d) Sécurité et conflits

Malgré d’occasionnels rapports sur des groupes armés traversant le bien, les multiples activités des autorités chargées de la conservation dans et à proximité du bien présentent toutes les preuves d’une sécurité globalement améliorée. L’État partie fait état d’efforts pour réduire les risques des mines antipersonnel. Bien que des progrès soient encore nécessaires pour entièrement restaurer une gestion efficace, le niveau de sécurité actuel permet aux autorités chargées de la conservation de remplir leur mandat et de réaliser les tâches de contrôle et de gestion de routine. Du point de vue du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN, la situation s’améliorant, il est envisageable qu’une mission de suivi se rende sur le bien dans un avenir pas trop lointain, à condition que les Nations unies accordent leur visa. L’État partie a indiqué sa volonté de recevoir une telle mission. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’État partie fait état d’un investissement important dans la gouvernance, la gestion et l’application de la loi, s’engageant ainsi dans un processus systématique de récupération du contrôle. Le soutien extérieur a contribué à cette évolution positive. Les mesures de gestion passent de l’urgence à des approches plus systématiques et structurées. Le gouvernement a rétabli sa présence, amélioré la compréhension de la situation et a produit d’importants efforts pour s’engager auprès des communautés locales indigènes et d’origine africaine. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont d’avis que ces efforts doivent se poursuivre et qu’il faut assurer une communication régulière avec les communautés. La présence des Wounaan dans le bien est un facteur incontournable dans la gouvernance et de la gestion du bien. L’intégration explicite d’intérêts locaux, recouvrant des perceptions culturelles diverses, est prometteuse mais risque de prendre du temps dans une situation post-conflit. L’accord final sur la gestion des ressources devra démontrer que la VUE ne sera pas compromise avant que le bien soit retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril. Cet accord sur les ressources pourrait s’avérer être un outil majeur de l’intégrité future du bien, parallèlement au contrôle et à l’application de la loi. L’analyse de cette expérience pourrait livrer des résultats intéressants pour l’utilisation durable des biens du patrimoine mondial. Par conséquent, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le Comité encourage l’État partie à documenter et à partager son expérience.

Les grands projets d’infrastructure ne semblent pas constituer une menace majeure actuellement. Toutefois, tout changement devra être communiqué au Comité. Il est nécessaire de surveiller la situation concernant le couloir de transport de l’électricité prévu à proximité des limites du bien et, si le projet est encore envisagé, de mener une évaluation d’impact environnemental et d’informer le Centre du patrimoine mondial conformément au paragraphe 172 des Orientations.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont d’avis que l’État partie a fait des progrès notables dans des circonstances défavorables. Toutefois, les mesures correctives ne sont pas entièrement mises en œuvre et les indicateurs de l’état de conservation souhaité ne sont pas encore totalement satisfaits. La réussite de la consolidation des tendances actuelles permettraient d’envisager le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril dans les deux à trois ans, à condition que les progrès se poursuivent. 

Décision adoptée: 37 COM 7A.17

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A,

2.  Rappelant la décision 36COM 7A.16, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Reconnaît les progrès notables réalisés par l'État partie à la suite des mesures correctives mises à jour et de ses efforts tendant à atteindre l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril;

4.  Encourage l’État partie à renforcer ses efforts afin de se conformer aux indicateurs définis pour permettre le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, et en particulier de veiller à ce que tout accord signé avec les communautés installées dans le parc tienne compte explicitement de la nécessité d’assurer la conservation à long terme de la valeur universelle exceptionnelle du bien;

5.  Regrette que l’État partie n’ait pas fourni d’informations sur l’état des conduits de transport d’électricité prévus à proximité des limites du bien et demande à l’État partie de rendre compte de l’état d’avancement de l’évaluation d’impact environnemental de ce projet au Centre du patrimoine mondial, conformément au Paragraphe 172 des Orientations , ou de confirmer que le projet a été abandonné;

6.  Demande également que l’État partie soumette au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport mis à jour sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des dernières recommandations et mesures correctives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014;

7.  Décide de maintenir le Parc national de Los Katíos (Colombie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 37 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-13/37.COM/7A, WHC-13/37.COM/7A.Add et WHC-13/37.COM/7A.Add.2),

2.  Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :