1.         Centre historique de Puebla (Mexique) (C 416)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/416/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-1994)
Montant total approuvé : 18 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/416/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

juin 1994: mission d'un expert de l'UNESCO

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Projet de développement urbain impliquant la démolition d'un grand nombre de constructions coloniales 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/416/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1994

Rapport préparé par l'ICOMOS

Puebla, Mexique (C 416)

Puebla est une ville coloniale nouvelle conçue à partir de 1531 sur un plan régulier dont la rigidité a éclaté aux XVIIIème et XIXème siècles avec, d'une part, l'extension des activités commerciales et industrielles et d'autre part, l'augmentation de la population. Elle conserve un très large panel de monuments élevés entre le XVIème et le XIXème siècles. Puebla a été inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial en décembre 1987, au titre des critères ii et iv.

Le Secrétariat a informé le Comité qu'il avait reçu plusieurs lettres faisant état d'un plan de développement urbain conduit par la municipalité de Puebla et pouvant affecter la zone protégée (quartiers de Los Remedios, de La Luz, La Cruz et San Francisco).

Le Comité de Défense du Centre Historique de Puebla, constitué par des locataires et des propriétaires de la ville menacés d'expropriation, a lancé un cri d'alerte auprès d'ICOMOS qui a soumis le dossier à son Comité National Mexicain pour qu'il l'étudie et donne son opinion. Une mission s'est rendue à Puebla en mai 1994. Dans l'intervalle, le Directeur Général de l'UNESCO a envoyé un expert, Giorgio Lombardi, en mission à Puebla afin d'évaluer la portée réelle du-dit projet.

Malgré des démarches précises entreprises auprès de différents acteurs, les renseignements très lacunaires rassemblés par ICOMOS ne permettent pas d'évaluer ce plan de redéploiement urbain.

Il serait souhaitable de savoir à quel point le projet, même s'il n'est pas totalement finalisé, affecte le périmètre protégé au titre de la Convention du Patrimoine mondial. Aura t-il des aptitudes à se raccorder et à composer avec le tissu urbain ancien? Doit-il devenir un nouveau point de repère pour le paysage urbain tout entier et le redéfinir formellement, rhétoriquement et visuellement? L'implantation de programmes architecturaux touristiques et commerciaux oit les centres de gravité sont en principe constitués par des places, ne vont-ils pas nuire à un tissu urbain historique oit l'accent était mis sur le réseau des rues? Enfin, la haute élévation probable des nouveaux bâtiments ne va-t-elle pas écraser optiquement les témoins de l'architecture coloniale et détruire des points de vue marquants?

Recommandation

Il serait souhaitable que soient communiqués à ICOMOS le rapport Lombardi, l'intégralité du projet "Angélopolis" ainsi qu'un plan d'implantation du-dit projet à une échelle permettant une évaluation effective.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1994

Le plan de réhabilitation d'une partie de ce site du patrimoine mondial a été brièvement discuté à la 17e session du Comité. Des informations plus détaillées ont été fournies â la 18e session du Bureau, sur la base d'un rapport de l'Institut national mexicain d'anthropologie et d'histoire (INAH) et du rapport d'un expert de l'UNESCO qui a visité Puebla en juin 1994. La situation peut se résumer ainsi :

Un projet de développement régional intitulé ANGELOPOLIS est en préparation pour une partie de l'Etat de Puebla ; il concerne 14 municipalités et 35% de la population de cet Etat. Dans le cadre de ce projet de développement régional, un projet de réhabilitation urbaine est prévu pour la zone du Rio San Francisco à Puebla. Ce projet comprendrait la création d'une zone piétonnière et la construction d'hôtels, d'un centre de congrès et de zones commerciales ; il concernerait 27 ensembles de bâtiments sur les 391 que compte le site du patrimoine mondial. L'INAH a annoncé qu'il créerait une commission spéciale pour évaluer les projets concernant cette zone.

A la demande du Gouverneur de Puebla, un expert de l'UNESCO a effectué une mission sur place en juin 1994.

Le rapport de mission fournit une analyse de la structure et de la morphologie urbaines du centre historique de Puebla et conclut que la zone de San Francisco en constitue un élément très important : c'est une sorte de couloir, un espace ouvert du nord au sud, qui ne se trouve qu'à trois blocs d'immeubles de la place centrale de la ville. Cette zone était à l'origine le lit du Rio San Francisco. Le fleuve a été recouvert dans les années soixante pour construire un boulevard qui est devenu une des artères les plus animées de la ville et qui divise la ville en deux parties : la partie ouest, occupée à l'origine par les Espagnols, et la partie est où vivait la population indienne. Depuis le début du XIXe s., l'industrie s'est développée le long du Rio San Francisco mais la plupart des bâtiments industriels sont maintenant vides.

L'expert considère que "le couloir de San Francisco" peut être classé typologiquement en trois secteurs : la zone centrale, où est situé le Couvent de San Francisco et où se trouvent la plupart des bâtiments vides et les zones sud et ouest, plus résidentielles, qui reflètent davantage la morphologie originelle de la ville.

L'expert conclut que la politique générale d'urbanisation proposée par les autorités est acceptable dans la mesure où elle tente de valoriser l'important axe nord-sud et de rétablir la liaison entre les parties ouest et est de la ville, mais qu'elle devrait cependant mieux tenir compte de la morphologie et des caractéristiques de la zone.

Les autorités ont répondu très favorablement aux recommandations de la mission de l'expert et ont demandé d'autres conseils. Trois autres missions seront donc effectuées ; elles seront financées grâce à une assistance du Fonds du patrimoine mondial approuvée par la Présidente du Comité du patrimoine mondial le 14 septembre 1994.

Toute la documentation sur Puebla a été transmise à l'ICOMOS pour qu'il fournisse ses conseils. L'ICOMOS présentera un rapport au Comité dans un document séparé.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Comité voudra peut-être féliciter les autorités mexicaines, l'Etat de Puebla et la municipalité de leur réaction positive aux conseils de l'UNESCO et les inviter à tenir le Secrétariat régulièrement informé des nouveaux développements du projet de la zone de San Francisco.

Décision adoptée: 18 COM IX

Puebla (Mexique)

Le Comité a rappelé que le plan de réhabilitation d'une partie de ce site du patrimoine mondial, la zone du Rio de San Francisco, a été brièvement discuté à la 17e session du Comité. Des informations plus détaillées ont été fournies à la 18e session du Bureau, sur la base d'un rapport de l'Institut national mexicain d'anthropologie et d'histoire (INAH) et du rapport d'un expert de l'UNESCO en réhabilitation et conservation urbaine qui a visité Puebla en juin 1994.

Le Comité a été informé qu'à la suite de la dix-huitième session du Bureau et à la demande du Gouvernement mexicain, le même expert avait entrepris une série de missions à Puebla afin de conseiller les autorités pour la préparation d'un plan de développement urbain de la Zone du Rio de San Francisco. Le Comité a félicité les autorités mexicaines, l'Etat de Puebla et la municipalité de leur réaction positive aux conseils de l'expert et les a invités à tenir le Secrétariat régulièrement informé des nouveaux développements du projet de la zone de San Francisco.

 

Décision adoptée: 18 BUR IX.3

Décision adoptée: 18 BUR VI.B

Le Bureau a rappelé que le cas de Puebla a déjà été brièvement discuté à la dix-septième session du Comité. Le Secrétariat a informé le Bureau que depuis lors, il avait continué à recevoir des lettres et des rapports de personnes privées, d'associations et d'organisations au sujet du plan de réhabilitation de Puebla, et en particulier de la zone dite de San Francisco.

Un rapport a été reçu le 28 mars 1994 de l'Institut national mexicain d'anthropologie et d'histoire (INAH), indiquant qu'un projet de développement régional intitulé ANGELOPOLIS était en préparation et concernait une zone de l'Etat de Puebla comprenant 14 municipalités et 35% de sa population. Il signalait égalementque dans le cadre de ce projet de développement régional, il était prévu un projet de réhabilitation urbaine pour la zone du Rio San Francisco à Puebla; ce projet devant inclure la création d'une zone piétonnière et la construction d'hôtels, d'un centre de congrès et de zones commerciales. Le rapport reprenait la déclaration faite par le Délégué du Mexique à la dix-septième session du Comité, indiquant que jusque-ici aucune proposition concrète n'avait été faite pour la zone concernée. Il confirmait cependant que la proposition de Puebla concernerait 27 ilôts debâtiments sur les 391 que compte le site du patrimoine mondial. Le rapport insistait sur le fait que l'Institut national d'anthropologie et d'histoire créerait une commission spéciale pour évaluer les futurs projets concernant cette zone.

Le Bureau a également été informé que le Directeur général de l'UNESCO avait décidé, à la demande du Gouverneur de Puebla, d'envoyer un expert à Puebla pour conseiller les autorités municipales et administratives en matière de plans de réhabilitation. Cette mission a été entreprise au début de juin par un architecte-urbaniste de l'Université de Venise.

Le projet de rapport de mission qui a été reçu seulement quelques jours avant la session du Bureau et qui comprend une analyse de la structure et de la morphologie urbaines du centre historique de Puebla, conclut que le projet d'intervention serait acceptable dans la mesure où il revaloriserait une zone actuellement partiellement abandonnée et rétablirait les liens visuels et fonctionnels entre les parties est et ouest du centre-ville, mais que la structure et la morphologie de la zone devraient être maintenues et renforcées pour constituer la base des futurs plans.

Le Secrétariat a informé le Bureau que la mission avait eu une suite, sous la forme d'une demande d'assistance technique présentée par le gouvernement mexicain, dans le but d'obtenir les services de l'expert, afin qu'il prodigue ses avis et conseils lors de l'élaboration à venir des plans.

Le Représentant de l'ICOMOS a informé le Bureau que son organisation avait également essayé d'étudier la situation à Puebla par l'intermédiaire de son Comité national, mais que celui-ci n'avait pu y parvenir. Il a cependant proposé les services et la compétence de l'ICOMOS pour l'évaluation du rapport de mission de l'expert et des informations reçues des autorités mexicaines.

Le Bureau a décidé qu'il ne disposait des éléments suffisants pour se faire une opinion claire sur les plans envisagés pour Puebla. Il a demandé au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS de procéder à une évaluation des rapports et de soumettre à nouveau cette question à la dix-huitième session du Comité.