1.         Temples mégalithiques de Malte (Malte) (C 132ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/132/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1981)
Montant total approuvé : 1 625 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/132/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

août 1994: mission de l'UNESCO 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/132/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1994

Une mission de l'UNESCO s'est rendue à Malte du 21 au 25 août 1994 à l'invitation de la Direction des musées, chargée de la conservation du patrimoine archéologique de l'île.

Les six temples inscrits sur la Liste du patrimoine mondial subissent tous un certain nombre de problèmes généraux, mais deux d'entre eux (Mnajdra et Ggantija) sont de surcroît dans un état extrêmement préoccupant.

 

a)  Problèmes Généraux

1.  Le gardiennage de l'ensemble des temples apparaît notoirement insuffisant, et tout particulièrement à Mnajdra, Hagar Qim, Ta'Hagrat et Skorba.

A Skorba, aucun gardien n'était présent sur le site et une large ouverture avait été pratiquée dans le grillage entourant le monument, permettant ainsi un libre accès. Cette insuffisance ou absence de gardiennage est due à la fois au manque de personnel dont dispose la Direction des musées et à l'absence de commodités minimales (eau, électricité, etc.) dans les postes de garde, alors qu'une surveillance devrait être assurée en permanence nuit et jour pour éviter vol, vandalisme, déplacement des pierres ou détérioration des structures.

2.  Une érosion générale des pierres a été constatée, en particulier dans les calcaires les plus tendres (à globigerines). Cette érosion affecte l'état général de conservation, la stabilité structurelle des édifices, et la préservation de ceux des motifs sculptés qui n'ont pas encore été transportés au Musée et remplacés par des copies.

 

b)        Problèmes particuliers

1. Mna.dra

Le temple de Mnajdra est en grand danger. A la suite des très violents orages des 4 et 5 avril 1994,la déstabilisation du sol saturées fortes coulées de la terre comblant l'espace entre les murs de pierre intérieurs et extérieurs des temples, la disparition d'éléments de calages entre les interstices des pierres et la force du vent et de la pluie, le tiers supérieur d'un mur situé entre l'un des temples et une chambre latérale s'est largement écroulé, entraînant la chute de blocs de plusieurs tonnes. Cet accident est déjà particulièrement grave en lui-même, mais il l'est d'autant plus que la brèche ainsi ouverte dans les deux murs et dans le remplissage de terre qui les sépare rend l'ensemble de l'édifice particulièrement vulnérable à de nouvelles attaques de la pluie ou du vent.

Le relèvement du mur et la remise en place des pierres écroulées sont également particulièrement délicats, car aucun relevé précis, photogrammétrique ou autre, n'avait pu être dressé préalablement. De plus, la remise en place de blocs d'un poids aussi élevé et de forme irrégulière pose de considérables problèmes de statique, et toute erreur risquerait d'entraîner un écroulement généralisé des murs concernés.

Un comité technique composé de cinq experts a été mis en place parlaDirection des musées et a déjà préparé un rapport détaillé comprenant une description des actions de réparation à prendre dans l'immédiat et des mesures de conservation à long terme. Au sein du gouvernement, le ministère du Budget s'est engagé sur une allocation de crédits de 120.000 LM (environ 380.000 dollars EU), répartis sur trois ans. Mais en septembre 1994, la première tranche n'avait pas encore été débloquée et il n'est pas certain que le total sera suffisant pour assurer la remise en état et les mesures de conservation à long terme du site.

Par ailleurs, de très vastes carrières de pierre sont exploitées à proximité immédiate du monument (l'extraction commençant à environ 30 mètres du mur d'enceinte du site). Si, après de grands efforts, la Direction des musées a pu obtenir l'abandon des explosions à la dynamite dans ces carrières, il apparaît cependant que la continuation de l'activité, en raison des vibrations continues produites par l’outillage lourd utilisé, les camions, le bruit, la pollution et la poussière risque de constituer non seulement un danger permanent pour la conservation du site (des cassures et des fissures sont apparues récemment dans des mégalithes dont cela pourrait être la cause) mais aussi, de façon plus générale pour tout l'environnement naturel du site, dans un paysage particulièrement attrayant, en bord de mer. Cette activité de carriérage ne doit en aucun cas être étendue, et tous les efforts doivent être faits pour qu'elle soit supprimée.

Une fois ces deux graves problèmes résolus, le Parc archéologique de Mnajdra et Hagar Qim, actuellement en préparation, constituera certainement un progrès notable pour la protection du site et l'accueil des visiteurs. Encore faudra-t-il que le projet soit achevé grâce à l'octroi de moyens suffisants pour mettre en place le centre d'accueil des visiteurs, achever la construction du mur d'enceinte et surtout pour assurer un gardiennage permanent et efficace, conditionné par l'attribution d'un personnel suffisamment nombreux et qualifié.

 

2.  Gaantiia

Le site souffre d'un grand problème de stabilité structurelle dans son mur de façade sud qui, si rien n'est fait, risque de s'écrouler totalement dans les toutes prochaines années.

En raison probablement d'un tassement ou de mouvements irréguliers du sol, de nombreux mégalithes du mur se sont récemment cassés ou fissurés, fragilisant la rigidité de l'ensemble.

Par ailleurs, certains mégalithes se sont également déplacés horizontalement, et l'ensemble du mur accuse un dévers à présent très prononcé, les mégalithes du sommet étant aujourd'hui en net surplomb par rapport à l'assise du mur. Si rien n'est fait, et si ce mouvement se poursuit, c'est tout le mur, haut d'une dizaine de mètres, qui va s'effondrer, sans aucun espoir d'arriver jamais à le relever tel qu'il était.

Une équipe de la Faculté d'Architecture de l'Université de Florence, dirigée par le Professeur Gennaro Tampone, a effectué une étude approfondie de ce problème et a préparé un projet complet de restauration, de renforcement de la stabilité structurelle et de relevé photogrammétrique précis accompagné de tout un ensemble d'études scientifiques et techniques. Le montant du projet se monte à 720 millions de lires italiennes (soit environ 450.000 dollars EU) et les crédits nécessaires ont été demandés au gouvernement par la Direction des musées. Mais, ici encore, le délai d'attribution et le montant définitif ne sont pas assurés.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Devant une situation aussi alarmante, le Comité pourrait saisir les autorités nationales de Malte de sa très vive préoccupation, en insistant auprès d'elles pour que ces problèmes soient traités au niveau du gouvernement et que tous les moyens nécessaires, techniques, budgétaires, en personnel et réglementaires, soient mis d'urgence à la disposition des autorités nationales chargées de la conservation afin de :

  1. restaurer le temple de Mnajdra selon les recommandations du Comité technique d'experts de la Direction des musées et prendre les mesures nécessaires, notamment en matière de drainage, pour que ce genre d'accident ne risque plus de se reproduire ;
  2. faire cesser dans les plus brefs délais l'exploitation des carrières adjacentes au site ;
  3. achever la mise en place du Parc archéologique de Mnajdra et Hagar Qim en fournissant un personnel suffisant en nombre et en qualification ;
  4. entreprendre les travaux nécessaires sur le site de Ggantija pour éviter tout risque d'effondrement, selon le projet établi par l'Université de Florence ;
  5. doter l'ensemble des sites archéologiques inscrits sur la Liste d'un gardiennage suffisant pour assurer une surveillance du site.

 Le Comité désirera peut-être demander aux autorités de Malte de fournir un rapport avant le ler avril 1995 sur les progrès réalisés dans la conservation et la gestion de ce site.

 

Décision adoptée: 18 COM IX

Temples mégalithiques (Malte)

Le Comité a été informé par le Secrétariat de l'état de conservation des temples mégalithiques de Malte, et des très graves problèmes concernant notamment l'insuffisance du gardiennage, en particulier à Mnajdra, Hagar Qim, Ta'Hagrat et Skorba; l'écroulement de l'un des murs du temple de Mnajdra à la suite des orages d'avril 1994; l'exploitation de vastes carrières de pierres à proximité immédiate de ce monument et les graves dangers que cette· activité fait courir en permanence sur la conservation du temple et de son environnement, les très graves risques d'écroulement d'une partie du temple de Ggantija.

Le Comité exprime aux autorités nationales de Malte sa très vive préoccupation et insiste auprès d'elles pour que ces graves problèmes soient traités au niveau du gouvernement et que tous les moyens nécessaires, techniques, budgétaires, en personnel et réglementaires, soient mis d'urgence à la disposition des autorités nationales chargées de la conservation afin de :

a) restaurer le temple de Mnajdra selon les recommandations du Comité technique d'experts de la Direction des musées et prendre les mesures nécessaires, notamment en matière de drainage, pour que ce genre d'accident ne risque plus de se reproduire ;

b) faire cesser dans les plus brefs délais l'exploitation des carrières adjacentes au site ;

c) achever la mise en place du Parc archéologique de Mnajdra et Hagar Qim en fournissant un personnel suffisant en nombre et en qualification ;

d) entreprendre les travaux nécessaires sur le site de Ggantija pour éviter tout risque d'effondrement, selon le projet établi par l'Université de Florence ;

e) doter l'ensemble des sites archéologiques inscrits sur la Liste d'un gardiennage suffisant pour assurer une surveillance satisfaisante.

Il demande aux autorités de Malte de fournir un rapport détaillé avant le 1er avril 1995 sur les progrès réalisés sur l'ensemble de ces points pour la conservation et la gestion de ce site.