1.         Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) (N 63)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)(viii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1994-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-1994)
Montant total approuvé : 177 160 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1994

Le Parc national de Kahuzi-Biega, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial sous le critère (iv) en 1980, et le Parc national des Virunga, inscrit sous les critères (ii), (iii), (iv) en 1979, contiennent tous les deux la dernière population de gorilles de montagne.

A la suite des tragiques événements au Rwanda, les deux parcs sont sérieusement menacés par l'arrivée massive de réfugiés du Rwanda. Le 31 aoüt 1994, le Centre du patrimoine mondial a été informé qu'un camp de 50 000 réfugiés du HCR allait être installé près d'une bande de trois kilomètres dépendant du Parc national de Kahuzi-Biega, près d'Ihembe. Le Centre du patrimoine mondial a immédiatement contacté le HCR (Genève), le directeur de l'IZCN, M. Mankoto Ma Mbaelele (Kinshasa), qui effectuait des missions de suivi sur des sites du patrimoine mondial au Zaïre, ainsi que les responsables d'un projet bilatéral du GTZ (Allemagne). Le Centre a obtenu le déplacement du camp à côté d'Uvira, ce qui a supprimé la pression sur le site.

Toutefois, malgré le déplacement du camp, toute la région - et particulièrement le Parc national des Virunga situé à la frontière entre le Rwanda et l'Ouganda - a été déstabilisée par l'arrivée incontrôlée de réfugiés, cause de déforestation et de braconnage sur les sites. Afin d'aider le Zaïre dans cette situation critique, la Présidente du Comité du patrimoine mondial a approuvé l'octroi d'une assistance d'urgence de 50.000 dollars EU pour les deux sites, le Parc national de Kahuzi-Biega et le Parc national des Virunga. Le site du patrimoine mondial de Kahuzi-Biega semble moins menacé depuis le transfert du camp, tandis que la situation semble très critique au Parc national des Virunga.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Comité est prié d'examiner le rapport qui sera présenté par l'UICN et de considérer ensuite s'il faut prendre des mesures.

Décision adoptée: 18 COM IX

Parc national des Virunga (Zaïre)

Le Comité a rappelé qu'à sa dernière session il avait été très préoccupé des troubles civils qui se manifestaient au Zaïre et qui avaient amené les donateurs (CEE et USAID) à suspendre leur soutien à ce site. Le personnel du Parc n'a pas été payé depuis près d'un an. Malgré le fait que le Bureau ait accordé une assistance d'urgence de 20.000 dollars EU pour couvrir les frais 20 des opérations sur le terrain, le braconnnage de la faune sauvage a continué et la capacité du personnel d'assurer la surveillance le long des 650 km des limites du Parc est loin d'être suffisante. La population du village de pêcheurs des environs du lac Idi Amin s'est beaucoup développée, ce qui menace sérieusement l'intégrité du parc. Depuis juillet 1994, les menaces qui pèsent sur le parc se sont multipliées et ont été exacerbées par l'arrivée massive de près d'un million de réfugiés fuyant la guerre au Rwanda et qui ont occupé des zones adjacentes aux parties sud du parc. La demande de bois utilisé comme combustible par les réfugiés qui campent à l'intérieur du parc peut être évaluée à 600 tonnes par jour, ce qui amène une importante déforestation des basses-terres. L'impact a été heureusement peu important jusqu'ici sur les populations de gorilles de montagne et leurs habitats situés à une altitude plus élevée.

Le Comité a été informé par le représentant de l'UICN que le Directeur de l'Institut zaïrois pour la conservation de la nature avait manifesté oralement son accord à la suggestion de l'UICN de placer le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. En conséquence, le Comité a inscrit le Parc national des Virunga sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Comité a reconnu qu'il faudra fournir un effort important dans les dix ans à venir pour réhabiliter et renforcer la gestion du Parc des Virunga et obtenir un soutien local pour en assurer la conservation. De plus, le Comité a demandé au Centre de communiquer sa décision au HCR et aux autres organismes engagés dans la gestion du camp de réfugiés à l'intérieur des Virunga et dans ses environs. Il a fait part de sa préoccupation en ce qui concerne le déboisement du parc et a insisté sur le fait qu'il fallait veiller avec la plus grande attention à éviter' l'établissement de camps de réfugiés à l'intérieur des parcs nationaux ou aux alentours. Le Comité a également demandé au Centre d'informer le Gouvernement zaïrois de son accord pour coopérer avec l'IZCN ainsi qu'avec le WWF, la Banque mondiale, le PNUD, le HCR et le GTZ, et de fournir une coopération technique et une assistance en matière de formation afin de combattre les menaces qui pèsent sur l'intégrité des Virunga.

 

Décision adoptée: 18 COM XI

Parc national des Virunga

Zaïre

Lors de l'examen des rapports de suivi, le Comité a constaté que l'arrivée de réfugiés rwandais menaçait gravement le Parc national des Virunga. En conséquence, le Comité a décidé d'inscrire le Parc national des Virunga sur la Liste du patrimoine mondial en péril.