1.         Angkor (Cambodge) (C 668)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-1993)
Montant total approuvé : 35 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1993

Le Comité a inscrit le site d'Angkor, lors de sa seizième session, avec ses ensembles monumentaux et sa zone archéologique tels que décrits dans le "Périmètre de protection" accompagnant le rapport de l'ICOMOS, sur la Liste du patrimoine mondial. Cependant, le Comité a noté que le Cambodge a été placé sous l'administration temporaire des Nations Unies, suite aux Accords de Paris, depuis juillet 1991. Dans le souci de faire face avec efficacité et célérité aux problèmes urgents de conservation de ce site, le Comité a décidé d'inscrire Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a demandé aux autorités compétentes cambodgiennes et des Nations Unies de prendre les mesures nécessaires pour que soient remplies les conditions suivantes:

(i) législation de protection adéquate promulguée;

(ii) établissement d'une agence nationale de protection avec personnel adéquate;

(iii) établissement de limites permanentes basées sur le projet PNUD;

(iv) définition des zones tampons significatives;

(v) établissement de la surveillance et de la coordination de l'effort international de conservation.

Depuis la dernière session du Comité, un cadre institutionnel et juridique été mis en place au Cambodge, par décision du Conseil du Conseil Suprême National en date du 10 février 1993 relative â. l'Autorité de Protection du Patrimoine National du Cambodge. En ce qui concerne l'établissement de limites permanentes et la définition des zones tampons adéquates, un projet de Plan de gestion de la zone et de l'environnement d'Angkor a été établi. Ce projet a été rédigé par une équipe d'experts internationaux et cambodgiens qui ont effectué trois missions de décembre 1992 à avril 1993. Tout en se basant sur l'expérience passée, l'équipe a également tenu compte des dernières idées sur la conservation et la gestion des sites et des paysages protégés et a établi le projet de plan en utilisant une Système d'information géographique (GIS) et un système de zonage par ordinateur. Ce projet définit la Zone du patrimoine mondial d'Angkor (AWHA), parmi laquelle se trouvent les Parcs archéologiques d'Angkor (AAP), les Secteurs monumentaux du coeur et les Zones spéciales d'intérêt archéologique (SAACs); le plan définit également les Zones sensibles écologiquement (ESZs) et les Zones de développement urbain (UDZs). Il y a aussi des sous-zones dans certaines parties de l'AWHA, par exemple, certains UDZs ont une zone de conservation urbaine, une zone de développement urbain et touristique.

Un projet de résumé du Zonage du patrimoine mondial d'Angkor et du Plan de gestion de l'environnement de 1993 a été préparé pour discussion par le Conseil National Suprême. Un exemplaire de ce document est disponible au Centre et un autre a été envoyé à l'ICOMOS pour étude.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1993

Etant donné la signification nationale et mondiale des monuments d'Angkor et des caractéristiques archéologiques qui leur sont associées en tant que représentations de la grande civilisation khmère, le Conseil national suprême du Cambodge a ratifié en novembre 1991 la Convention de 1972 sur le patrimoine culturel.

Le Comité du patrimoine mondial, à sa seizième session à Santa Fé, a décidé le 14 décembre 1992 d'inscrire Angkor sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en danger.

Cependant, le Comité a posé un certain nombre de conditions auxquelles il a demandé aux autorités cambodgiennes de souscrire, notamment :

(i) promulguer une législation de protection adéquate ;

(ii) établir un organisme national pour la protection ;

(iii) établir des limites permanentes ;

(iv) établir des zones-tampons significatives, toutes deux basées sur le Projet ZEMP (Plan de gestion des zones et de l'environnement) ;

(v) établir un suivi et une coordination de l'effort international de conservation.

Avec l'assistance juridique de l'UNESCO, un projet de nouvelle législation d'ensemble a été rédigé. Celui-ci a été longuement discuté par le Conseil national suprême du Cambodge (SNC) au cours de sa réunion de janvier 1993, avant qu'il ne l'adopte, le 10 février 1993, en tant que "Décision sur la protection du patrimoine culturel national". On s'attend à ce que cette Décision du SNC soit promulguée sous forme de loi par l'organe législatif qui doit être établi par le nouveau gouvernement.

En réponse à la condition (ii), et en collaboration avec l'administration civile de l'UNTAC, une agence supra-ministérielle, le "Service de protection du patrimoine national  du Cambodge" (NHPAC), a été solennellement adoptée par décision du SNC, le 10 février 1993.

Pour se conformer aux conditions (iii) et (iv), l'UNESCO a créé un "Plan de gestion des zones et de l'environnement" (ZEMP) pour la zone d'Angkor, avec des fonds provenant du PNUD et de Suède et avec l'assistance technique du Service des parcs nationaux des Etats-Unis d'Amérique, de la Fondation Angkor de Hongrie, du Département des Beaux-arts de Thaïlande, de l'Ecole française d'Extrême-Orient et de l'Union mondiale pour la nature.

Quelque 25 experts de diverses disciplines scientifiques venus de 11 pays, en association avec des techniciens cambodgiens, ont participé à ce projet en effectuant des études poussées des conditions environnementales et socio-économiques de l'endroit, ainsi qu'une collecte de données archéologiques dans une zone d'étude de 5.000 km2 entourant le noyau central des monuments d'Angkor. Les données spatiales ont été rassemblées et informatisées selon un Système d'information géographique (GIS), puis installées au Bureau de la Conservation à Siem Reap, où elles pourront être consultées par tous ceux qui participent aux efforts de conservation et de restauration ; il est prévu de garder ces données à jour en permanence en se fondant sur les résultats des futures missions sur le terrain. L'analyse des données a permis de définir une "Zone culturelle d'Angkor". A l'intérieur de cette zone, on a délimité deux grandes zones protégées. L'une, provisoirement intitulée "Parc archéologique d'Angkor", est concentrée sur le centre de l'ensemble monumental ; l'autre, le "Parc Phnom Kulen", comprend le Mont Kulen, très important sur le plan de l'environnement, ainsi que plus de 100 monuments importants datant du tout début de l'Empire khmer. De plus, à l'intérieur de la zone culturelle d'Angkor, de petits parcs-satellites ont été délimités autour de l'ensemble monumental de Banteay Srei et de Phnom Krom.

On a également délimité plus de 500 "Zones spéciales d'intérêt archéologique" (SAAC) situées à l'extérieur des limites des parcs et dont beaucoup ont été découvertes grâce au projet ZEMP, ainsi que des "Zones écologiquement sensibles", qui sont des territoires exigeant une protection spéciale permettant d'assurer une utilisation convenable des ressources naturelles.

L'équipe du projet ZEMP recommande donc la création d'une Agence pour les Parcs d'Angkor qui serait un organisme gouvernemental puissant et multi-disciplinaire consacré à la protection et à la gestion du Parc d'Angkor, site du patrimoine mondial, ainsi que d'autres parcs nationaux dans la région. L'équipe du ZEMP a également fait des recommandations en vue de l'établissement d'autres services gouvernementaux, comme un bureau de développement régional consacré à la coordination des

Activités sociales et physico-infrastructurelles du développement.

Le projet de Plan contenant les propositions de zones, les orientations et les options de structures pour l'organisation et la gestion du site, a été soumis au nouveau gouvernement cambodgien pour examen et adoption éventuelle.

Sur le plan général, le Directeur général de l'UNESCO a créé une Unité spéciale pour la sauvegarde d'Angkor au sein du Secteur de la Culture et renforcé le Bureau de l'UNESCO au Cambodge, à Phnom Penh et son annexe à Siem Reap.

Sur le plan local, une réunion du Comité de direction des responsables sur le terrain se tient chaque mois sur le site, co-présidée par l'UNESCO et le Directeur cambodgien du Bureau de la Conservation d'Angkor. En avril 1993, l'UNESCO a convoqué à Siem Reap une réunion consultative d'experts internationaux concernés par la sauvegarde et le développement de la région d'Angkor. On espère pouvoir renouveler chaque année ce type de réunion.

Afin d'assurer une coopération plus étroite entre les organisations impliquées dans le travail sur le terrain à Angkor et les autorités nationales, l'annexe du Bureau de l'UNESCO à Siem Reap, situé dans les locaux du Bureau de la Conservation d'Angkor, a été renforcé par du personnel national supplémentaire auquel il est prévu d'adjoindre prochainement des experts techniques internationaux.

La clef du bon fonctionnement de cette coordination réside dans la formation en gestion des administrateurs cambodgiens du site d'Angkor. Pour cela, un important projet, financé par le gouvernement japonais, vise à améliorer le niveau de l'enseignement à la Faculté d'archéologie de l'Université des beaux-arts de Phnom-Penh. Une extension du projet ZEMP est également centrée sur la formation des gestionnaires de sites pour l'administration des parcs d'Angkor.

La Conférence intergouvernementale sur la sauvegarde et le développement du site historique d'Angkor, organisée à l'initiative des gouvernements français et japonais, s'est tenue à Tokyo les 12 et 13 octobre 1993 ; elle a réuni des représentants de 29 gouvernements, 7 organisations internationales, des institutions financières et quelques organisations non gouvernementales. L'UNESCO a été étroitement associée à la préparation de cette conférence et en a assuré le secrétariat.

La conférence a insisté sur les liens inséparables entre la préservation des valeurs culturelles d'Angkor, la conservation de ses ressources naturelles et le développement économique de la région et elle a adopté la "Déclaration de Tokyo" qui a décidé de la création d'un comité intergouvernemental qui sera établi à Phnom-Penh et permettra de coordonner, au niveau des ambassades, de manière bilatérale et multilatérale, toutes les activités menées à Angkor, que ce soit dans le domaine de la préservation du patrimoine culturel ou du développement socio-économique. L'UNESCO assurera le secrétariat de ce comité qui sera présidé par la France et le Japon et devrait avoir, selon tout espoir, Sa Majesté le roi Norodom Sihanouk du Cambodge comme Président honoraire.

La conférence a abouti à des engagements en faveur d'un programme international pour la sauvegarde et le développement d'Angkor et des garanties financières pour un montant d'environ 15 millions de dollars EU qui seront déboursés au cours des deux ans à venir.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 17 BUR VIII.2

Le Comité, à sa seizième session, a inscrit le site d'Angkor, avec ses ensembles monumentaux et sa zone archéologique, tel qu'il est décrit dans le "Périmètre de protection" accompagnant le rapport de l'ICOMOS, sur la Liste du patrimoine mondial. Le Comité a cependant noté que le Cambodge a été placé depuis les Accords de Paris, en juillet 1991, sous l'administration provisoire des Nations Unies. Dans le souci de faire face aux problèmes urgents de conservation avec célérité et efficacité, le Comité a décidé d'inscrire Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a demandé aux autorités des Nations Unies et du Cambodge concernées de prendre les mesures nécessaires pour que soient remplies les conditions suivantes :

i) législation de protection adéquate promulguée ;

ii) établissement d'une agence nationale de protection avec personnel adéquat ;

iii) établissement de limites permanentes basées sur le projet du PNUD ;

iv) définition des zones tampons significatives ;

v) établissement de la surveillance et de la coordination de l'effort international de conservation.

Au cours de la présente session, le Bureau a été informé par le représentant de l'UNESCO au Cambodge du stade de mise en oeuvre de la recommandation du Comité depuis sa dernière session. Une législation d'ensemble, "Décision sur la protection du patrimoine culturel national", a été adoptée par le Conseil national suprême au cours de sa réunion du 10 février 1993 et a pris effet immédiatement.

Un organisme supra-ministériel, "L'Autorité de protection du patrimoine national du Cambodge" (NHPAC), dirigé par SAR le prince Norodom Sihanouk, a été solennellement créé le 10 février 1993, par décision du Conseil suprême du Cambodge.

Le conseil d'administration de cet organisme a été nommé et les autres postes seront bientôt pourvus. On estime qu'ils seront opérationnels à partir de septembre 1993.

L'UNESCO a créé, avec des fonds provenant du PNUD et de Suède et avec l'assistance technique du Service des parcs nationaux des Etats-Unis d'Amérique, de la Fondation Angkor de Hongrie, du Département des Beaux-arts de Thaïlande, de l'Ecole Française d'Extrême-Orient et du Fonds mondial pour la nature (UICN) un "Plan de gestion des zones et de l'environnement" (ZEMP) pour la zone d'Angkor. L'analyse des données a permis de définir une "Zone culturelle d'Angkor" correspondant au bassin hydrographique de l'ancienne capitale khmère. A l'intérieur de cette zone, on a délimité deux grandes parcelles "protégées" ou "réservées". L'une, provisoirement intitulée "Parc archéologique d'Angkor", est concentrée sur le centre de l'ensemble monumental ; l'autre, le "Parc Phnom Kulen", comprend le Mont Kulen, très important sur le plan de l'environnement, ainsi que plus de 100 monuments importants datant du tout début de l'Empire. De plus, à l'intérieur de la zone culturelle d'Angkor, de petits parcs satellites ont été délimités autour de l'ensemble monumental de Banteany Srei et Phnom Krom. On a également délimité plus de 500 "Zones spéciales d'intérêt archéologique" (SAAC), dont beaucoup ont été récemment découvertes grâce au projet ZEMP, ainsi que des "Zones écologiquement sensibles" (ESZs), des "Zones de conservation urbaine" (UCZs) et des zones de développement urbain.

En plus de ses définitions des zones protégées/réservées et des zones tampons adjacentes, le projet ZEMP a mis au point des réglementations et des orientations pour la gestion, non seulement pour le site du patrimoine mondial, mais aussi pour une zone adjacente plus étendue à l'intérieur de laquelle les activités liées au développement pourraient avoir des effets néfastes sur la conservation du site d'Angkor lui-même.

Les recommandations et les options de la politique du projet ZEMP ont déjà été approuvées sur le plan technique par les autorités cambodgiennes et sont actuellement en cours de discussion sur le plan politique. L'adoption formelle des recommandations du projet ZEMP ne sera peut-être pas possible avant la formation d'un nouveau gouvernement national, prévue pour septembre ou octobre 1993.

Une unité de suivi/coordination favorisant les efforts en matière de conservation, a été établie par le Directeur général de l'UNESCO au sein de la Division du patrimoine physique. Une réunion consultative d'experts internationaux sur Angkor s'est réunie en avril dernier à Siem Reap. Le Bureau a exprimé toute sa satisfaction devant le travail entrepris en si peu de temps dans un contexte politique actuellement critique.

Décision adoptée: 17 COM X

Angkor (Cambodge)

Un nouveau gouvernement a maintenant été constitué et cherche activement à établir une coopération avec des partenaires de la communauté internationale en vue de la reconstruction et du développement du pays. Le Secrétariat de l'UNESCO a déployé tous les efforts possibles pour aider le nouveau gouvernement à faire face aux engagements que le Chef de l'Etat, Sa Majesté Norodom Sihanouk, a pris au moment de l'inscription d'Angkor sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

En ce qui concerne la première recommandation formulée par le Comité au moment de l'inscription, à savoir l'adoption d'une législation de protection adéquate, les résultats suivants ont été obtenus :

1. La nouvelle Constitution cambodgienne contient des articles spécifiques (Articles 69, 70 et 71) faisant de la protection du patrimoine culturel national une obligation de l'Etat et déclarant zones de non-belligérance les sites nationaux et du patrimoine reconnus.

2. La législation de protection des biens culturels élaborée avec l'assistance technique de l'UNESCO, qui a été adoptée comme décision du Conseil national suprême du Cambodge le 10 février 1993, doit être prochainement présentée à l'Assemblée nationale pour examen et promulgation en tant que loi.

3. En novembre 1993, le Ministre de l'Environnement a publié le "Décret sur la création et la désignation de zones protégées", établissant par là un système national de zones protégées. Ce décret doit être présenté à l'Assemblée nationale pour examen et promulgation éventuelle en tant que loi. L'UNESCO et les représentants de l'UICN au Cambodge apportent actuellement leur aide aux autorités concernées dans la mise au point du texte pour prendre en considération la protection des paysages culturels qui sont particulièrement concernés dans le cadre des grands sites culturels du Cambodge, tel celui d'Angkor.

En ce qui concerne la deuxième recommandation du Comité, à savoir l'établissement d'un organisme national pour la protection, le nouveau gouvernement a officiellement fait savoir à l'UNESCO que les statuts de l'Agence nationale pour la protection du patrimoine du Cambodge (NHPAC), tels qu'ils ont été adoptés par le Conseil National Suprême (SNC) le 10 février 1993, vont être amendés pour se conformer à la nouvelle situation du Cambodge et servir de base pour l'établissement d'une Agence de protection nationale adéquate.

Sous la présidence du Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles, le Gouvernement royal du Cambodge a institué à titre provisoire un conseil suprême interministériel de la culture nationale pour la gestion des affaires courantes et pour définir le mandat et le pouvoir de l'Agence de protection nationale adéquate qui doit être mise en place.

En ce qui concerne les troisième et quatrième recommandations du Comité, à savoir l'établissement de limites permanentes et de zones tampons significatives, ainsi que l'indique le rapport de la session du Bureau de juin 1993, l'UNESCO et les autorités cambodgiennes ont mis en oeuvre un projet intitulé ZEMP (Plan de zonage et de gestion de l'environnement) financé par le PNUD, le gouvernement suédois et d'autres bailleurs de fonds.

L'équipe du projet ZEMP, composée de 25 experts internationaux et de partenaires cambodgiens, a.terminé en septembre le projet de plan qui est actuellement soumis à l'examen du nouveau gouvernement. Une évaluation du ZEMP a eu lieu à Phnom Penh à la fin de novembre 1993, en présence de l'équipe du projet, de ministres et de bailleurs de fonds.

M. Bouchenaki a également informé le Comité de la récente mise en place d'un Comité intergouvernemental pour la sauvegarde et le développement d'Angkor, conformément à la décision de la Conférence de Tokyo (12-13 octobre 1993). La première mission de ce Comité intergouvernemental dont le siège est à Phnom Penh et dont le Secrétariat sera assuré par l'UNESCO, est d'assister le gouvernement cambodgien dans la définition des priorités de conservation et de promouvoir et coordonner l'aide internationale en faveur d'Angkor. Le Comité du patrimoine mondial a apporté son soutien à l'appel lancé par le Directeur général de l'UNESCO à la communauté internationale en faveur d'un renforcement de la coopération avec le royaume du Cambodge pour la sauvegarde d'Angkor.

En complément à l'information apportée par le Secrétariat, M. Beschaouch a été invité à présenter les conclusions de sa récente mission au Cambodge, en tant que représentant spécial du Directeur général. Il a informé le Comité de ses contacts avec les plus hautes autorités du Cambodge et confirmé leur volonté de poursuivre et renforcer leur coopération avec l'UNESCO pour la sauvegarde des sites d'Angkor. A la fin de cet exposé, le Comité a exprimé sa satisfaction devant les progrès récemment enregistrés dans le processus de normalisation politique et de réconciliation nationale qui ont suivi la promulgation de la Constitution du Royaume du Cambodge. Par ailleurs, le Comité s'est félicité de l'action menée par l'UNESCO, en coopération avec les autorités cambodgiennes, en vue de mettre en place une structure juridique, réglementaire, technique et administrative pour la sauvegarde intégrée du site d'Angkor dans son ensemble. Le Comité a également pris note avec satisfaction des nouvelles perspectives résultant de la Conférence intergouvernementale de Tokyo en vue de la mobilisation de l'aide internationale pour la sauvegarde d'Angkor.

Suite à ces rapports, le Comité a recommandé : 

  1. que le gouvernement du Royaume du Cambodge finalise, avec l'aide de l'UNESCO, l'élaboration d'un plan de sauvegarde d'urgence, dans le cadre d'un plan régional de gestion et de développement. Ce plan devra prendre en compte les dimensions culturelles et écologiques du périmètre historique ainsi que des mesures conservatoires adéquates ;
  2. que l'UNESCO, qui assure le Secrétariat du "Comité international de coordination", envisage de faire parvenir au Comité du patrimoine mondial un rapport périodique sur le développement de l'action internationale en faveur d'Angkor ;
  3. que l'ICOMOS et l'ICCROM puissent assister les autorités cambodgiennes dans l'élaboration d'un programme à long terme de gestion et de suivi qui inclurait la formation spécifique des divers personnels indispensables.