Le Bureau a exprimé son inquiétude face à la reprise des hostilités dans cette région. Il a demandé au Centre du patrimoine mondial de conseiller aux autorités croates la création, avant la prochaine réunion du Comité du patrimoine mondial, d'une zone-tampon pour assurer la protection de l'ancienne forteresse et d'autres monuments importants hors des murs d'enceinte. Le Directeur général a été informé qu'un plan d'action pour la restauration des monuments endommagés était en cours de préparation avec les autorités croates compétentes et qu'il serait rendu public et mis à la disposition des bailleurs de fonds éventuels. A cet égard, le Bureau a été informé qu'une agence de tourisme aux Etats-Unis et une autre à Dubrovnik avaient manifesté leur intérêt pour les opérations de sauvegarde et proposé de recueillir des fonds pour la participation à leur financement. Le Bureau a fait appel aux parties en conflit en vue de la cessation des hostilités et la protection du patrimoine culturel. Il a invité tous les Etats parties à la Convention à participer aux efforts de conservation du site.
Le Bureau a pris note que 19.000$ EU ont été approuvés au titre de l'aide d'urgence sur le Fonds du patrimoine mondial pour les travaux de restauration et que le Directeur général de l'UNESCO a également alloué 200.00$ EU pour les travaux préliminaires. Le Bureau a approuvé un montant supplémentaire de 30.000 $EU pour les actions les plus urgentes pour la restauration de Dubrovnik.
Les observations et recommandations du Bureau ont été transmises aux autorités croates par lettre en date du 10 septembre 1992.
L'Institut pour la Protection des monuments culturels a dressé un inventaire des biens culturels endommagés au cours des bombardements de 1991 et mai/juin 1992:
- 27 bâtiments publics ou religieux ont subi des dégâts plus ou moins importants;
- des rues et des squares pavés, les ramparts, des tours et des forteresses ont été endommagés par de gros obus.
Dans le cadre de la sauvegarde des biens ayant subi des dégâts, la première réunion de la Commission consultative d'experts pour la restauration de Dubrovnik a eu lieu du 2 au 4 septembre 1992 dans la vieille ville. Cette Commission est composée de 11 experts nationaux et de 3 experts internationaux nommés par les autorités croates en accord avec l'UNESCO. Durant cette réunion, les travaux de conservation ont repris après une interruption causée par les bombardements de mai/juin 1992. La réunion a mis en évidence pour l'UNESCO la nécessité de maintenir une étroite coordination avec les institutions et commissions qui s'occupent de la protection de la ville tant sur le plan technique que pour mobiliser des ressources financières. La Commission a défini plusieurs actions prioritaires pour 1992:
- remplacement de tous les toits de tuiles endommagés;
- reconstruction de neuf bâtiments;
- formation de techniciens, artisans et tailleurs de pierres;
- mise à la disposition des bailleurs de fonds du plan d'action.
Le Bureau a pris note des informations fournies par le Secrétariat et a décidé de réserver une somme de 30.000 $ EU pour financer les activités de restauration urgentes de Dubrovnik.
La somme de 19.000$ EU fournies par le Fonds du patrimoine mondial a été en partie utilisée pour l'organisation d'une réunion d'experts. Le reste a été utilisé pour la formation de deux architectes. L'allocation spéciale de 200.000$ EU approuvée par le Directeur général de l'UNESCO a servi à:
- la restauration des ramparts;
- une étude du cadastre de la vieille ville de Dubrovnik et
- l'achat de 270.000 tuiles pour les toits; ces tuiles seront livrées à Dubrovnik en novembre 1992.
La somme de 30.000$ EU approuvée par le Bureau à sa dernière session a permis:
- l'achat d'équipement et de matériels pour la restauration des peintures murales dans les palais qui ont été incendiés;
- la diffusion du plan d'action pour la restauration de Dubrovnik et de ses monuments parmi les donneurs potentiels, et
- des stages de formation.
L'intérêt manifesté par l'Agence de voyage Atlas de Dubrovnik et la Société américaine d'agents de voyage (ASTA) a été pris en compte et une proposition pour la restauration des ramparts de la vieille ville a été soumise à l'ASTA.
La recommandation du Bureau suggérant aux autorités croates la création d'une zone-tampon pour assurer la protection de la vieille forteresse et des zones avoisinantes a été portée à la connaissance des autorités croates au cours des différentes réunions tenues avec elles, tant à Dubrovnik qu'à Paris. Des informations sur la mise en oeuvre de cette recommandation du Bureau sont attendues et seront communiquées au Comité à sa seizième session.
Bien que le Fonds du patrimoine mondial de l'UNESCO ait déjà fourni une aide financière et une assistance technique substantielle, les fonds disponibles restent insuffisants. Les dépenses pour la restauration des biens culturels endommagés de Dubrovnik sont estimés à environ 10 millions de dollars des Etats-Unis.