1.         Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (Yémen) (C 192)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/192/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-1988)
Montant total approuvé : 51 800 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/192/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/192/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1991

Trois projets de restauration ont été élaborés dans le cadre d'une campagne internationale de sauvegarde. Inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1981 au titre des critères (iii), (iv) et (y), Shibam, ancienne capitale du Wadi Hadramaout, est appelée le "Manhattan du désert" en raison de ses maisons élevées atteignant jusqu'à sept ou huit étages, entièrement construites en argile. Fondée au 4e siècle ap. J.-C. et située au confluent des ouadi, elle fut une halte importante sur les routes des épices et de l'encens. Elle fut, à plusieurs reprises, partiellement détruite par des inondations dévastatrices et reconstruite sur ses anciennes fondations.

 Des travaux considérables ont déjà été entrepris dans Shibam par le Bureau de la Campagne, principalement : la restauration de deux palais des sultans, la réparation de presque tout le mur de la ville, l'installation d'un système d'évacuation des eaux.

Plusieurs fois par le passé, la digue de pierre Al-Muzah s'est rompue sous le poids des inondations et a été reconstruite, récemment encore à la suite des inondations désastreuses de 1983 et 1989. Les remblais de terre du canal principal et des canaux de dérivation ont également subi de graves dommages. Les causes principales sont l'envasement de la zone derrière le barrage et les canaux de dérivation et un engorgement des eaux à partir du pont de la route principale jusqu'à l'est de Shibam. Un nouveau système d'évacuation des eaux a été mis en place par le Bureau de la Campagne, à l'usage de la vieille ville tout entière. De nouvelles canalisations d'approvisionnement en eaux ménagères ont été posées dans toute la ville au-dessus du sol afin de pouvoir vérifier les fuites. Toutes les rues et les espaces publics de la vieille ville devraient être pavés afin de protéger les fondations des bâtiments de l'eau d'infiltration et des sels provenant des déjections animales. Tout futur projet de restauration devrait prévoir dans son budget des fonds pour le pavage de la zone périphérique.

Trois projets ont été élaborés par un consultant de l'UNESCO et seront proposés pour financement extrabudgétaire.

(1)  Projet N° 1 - Le musée de la maison Bayt Jarhum. Située au nord-ouest du Shibam, Bayt Jarhum passe pour être la maison la plus ancienne de la veille ville (entre 400 et 500 ans). Elle montre une combinaison des causes typiques de délabrement qui peuvent être observées dans la veille ville. Il y a quelques années, l'éclatement d'une conduite d'eau a provoqué le tassement du coin nord-ouest et l'apparition d'importantes fissures. Un mauvais entretien de l'enduit de chaux protecteur des étages supérieurs a provoqué des fuites à travers des fissures, et, sous la pénétration de l'eau de pluie, des parties du toit se sont effondrées et les planchers ont été endommagés. La préservation des portes et fenêtres consistera à nettoyer, réparer les parties brisées, ajuster les jointures et remplacer les parties manquantes par du bois assorti. La création du futur musée est presque aussi importante que le bâtiment lui-même. Afin de protéger les fondations, il est proposé d'inclure le pavage de la périphérie dans le projet. L'ensemble des travaux devrait s'élever à 270.000 dollars des Etats-Unis d'Amérique.

(2)  Projet N° 2 - Masjid Haroun al Rachid (la Grande mosquée). Un des plus anciens monuments de Shibam, son plan de conception en fait l'exemple le plus typique des vieilles mosquées du Wadi Hadramaout. La présence de briques cuites rouges dans le socle du coin nord-ouest est le seul exemple connu à Shibam. Le minaret fut reconstruit vers 1970 ap. J.-C. dans le style baroque. Un bâtiment en béton était en cours de construction devant la mosquée pour abriter le distributeur d'eau potable réfrigérée. La mosquée est, en général, stable du point de vue de la construction sans signe de tassement récent. Les parties qui demandent une attention urgente sont le toit, qui fuit en plusieurs endroits, et les murs souffrant d'infiltration d'humidité. Il faudrait surtout limiter les travaux de préservation à l'entretien, à l'exception du mimbar, qui a besoin de l'attention d'un spécialiste. Les parties en bois envahies par les termites et qui ont perdu leur solidité mécanique devraient être consolidées. Ces travaux ont été chiffrés à 250.000 dollars des Etats-Unis d'Amérique.

(3)   Projet N° 3 - Madrassa al Fatah qa Amdad. Cette belle mosquée-Madrassa a été désaffectée lorsqu'on a bâti une école moderne dans le coin opposé de la ville. Haute de deux étages, avec un élégant minaret et une entrée en forme de dôme, elle est tombée en ruines. La toiture et de grandes parties du plancher se sont effondrées. La pluie a fragilisé le plancher suspendu en argile et les murs du sous-sol de la mosquée. Afin d'assurer la stabilité de tout travail futur de restauration, il est essentiel de remédier tout d'abord aux causes premières de délabrement. Il faudrait inclure dans le projet le pavage des rues adjacentes afin de protéger les fondations. Le projet prévoit un financement de 180.000 dollars des Etats-Unis d'Amérique.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 15 COM VII

18. Le rapport sur le suivi de l'état de conservation des biens culturels présenté par le Secrétariat a traité des sites suivants : Xanthos-Létoon (Turquie), La Valette (Malte), Shibam (Yémen), le parc national historique - Citadelle, Sans Souci, Ramiers (Haïti), la vallée de Kathmandu (Népal), Mohenjo-Daro (Pakistan), le Cavalier de Madara (Bulgarie). Dix-sept sites ont été visités au titre du suivi par un expert, qui est chargé de coordonner l'action pour la préservation de 115 sites méditerranéens dans le cadre du PNUE - Convention de Barcelone. Ces visites ont donné une abondance d'informations et de documentation qui ont besoin d'être analysées. De plus, le diagnostic et les recommandations faites par l'expert devaient être transmises aux autorités nationales avant qu'un rapport ne puisse être présenté au Comité. Le résumé des constatations faites par l'expert concernant deux sites a été inclus dans le document de travail SC-91/CONF.002/3. Des rapports sur l'état de conservation des quinze autres sites seront soumis au Bureau en juin 1992. En outre, l'expert présent à cette session était prêt à expliquer son approche et à répondre à des questions précises. Un rapport supplémentaire sur le suivi a été préparé par le coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes, également présent à cette session.

19. Le Comité a été également informé du type de suivi continu effectué par le Secrétariat sur des projets qui faisaient l'objet d'une campagne internationale de sauvegarde ou au titre de projets financés par l'PNUD. La brochure qui vient d'être publiée sur le travail accompli à Sana'a, ainsi que le rapport sur la mission en Bulgarie annexée au document préparé par le Secrétariat, a montré que le suivi le plus efficace pouvait être fait grâce à des missions d'assistance technique. Malheureusement, les moyens financiers et les ressources humaines du Secrétariat sont trop faibles par rapport au grand nombre de sites déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

20. De l'avis du Secrétariat, l'action de suivi devrait être menée sous forme d'un dialogue continu avec les Etats parties qui devrait commencer avant même l'inscription du site, afin d'informer les responsables locaux (responsables politiques et spécialistes) des valeurs à maintenir et des principes et méthodes de conservation à appliquer. En particulier, la mise en œuvre du plan de gestion demandé au moment de la proposition d'inscription devrait être vérifiée au titre de l'exercice de suivi.

21. Le représentant de l'ICOMOS a communiqué au Comité les informations alarmantes reçues sur la détérioration de certaines parties des monuments de Kizhi Pogost (URSS). Il a souligné que son organisation était intéressée d'envoyer une mission sur place pour vérifier l'état de conservation du site. Se référant au centre culturel en cours de construction entre la tour de Belem et le monastère des Hiéronymites à Lisbonne (Portugal), il a souligné que les travaux étaient presque achevés et que le dossier très complet présenté par le gouvernement montrait que le règlement du concours architectural tenait compte du fait que le site était classé comme patrimoine mondial. Une partie du nouveau bâtiment remplaçait des    constructions industrielles, ce qui représentait une amélioration. Ce cas montrait qu'il serait nécessaire de définir une stratégie pour guider à l'avenir les architectes chargés de l'aménagement des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. A son tour, l'observateur portugais a souligné le fait que le projet d'intégrer ce centre culturel dans le site faisait partie d'un plan de sauvegarde de la zone, en vue de revaloriser l'ensemble. Le Comité a pris note du rapport de l'ICOMOS et, à la lumière de cet exemple, a souligné que les Etats parties devaient accorder une attention toute particulière au maintien des valeurs des sites du patrimoine mondial, lors de l'élaboration de projets d'aménagements ou de nouvelles constructions ou de restaurations importantes. Avant que des décisions irréversibles ne soient prises, les autorités nationales devaient informer le Comité, par l'intermédiaire du Secrétariat de l'UNESCO, de leur intention d'entreprendre ou d'autoriser des projets dans une zone protégée par la Convention. La nécessité d'une étroite collaboration entre le Secrétariat et les responsables locaux a été soulignée au cours des débats. Le Comité a noté que l'ICOMOS, en collaboration avec l'ICCROM, préparait un guide sur la gestion des sites à l'usage des responsables du patrimoine.

22. Le Coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes a expliqué la méthode qui a servi à l'analyse détaillée de six sites de la région. Les documents présentés ne reflètent que le travail déjà accompli dans le cadre d'un projet plus vaste concernant seize sites en tout dont l'évaluation se poursuivra jusqu'en 1993 et représenterait pour le Fonds du patrimoine mondial une dépense de 40.000 $EU.

23. Le Comité a pris note de ce rapport. Tout en considérant qu'il s'agissait d'une méthode intéressante, il a estimé qu'elle ne pouvait être nécessairement appliquée à toutes les régions.

24. Le Coordonnateur du réseau mis en place par le programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) pour la protection des sites méditerranéens dans le cadre de la Convention de Barcelone a exposé à son tour sa méthode de travail dans l'exercice de suivi. A l'occasion des visites des dix-sept sites du pourtour de la Méditerranée, il a recensé, en collaboration avec les experts locaux, les différents problèmes soulevés par la conservation des sites en question. A la suite de ses visites, il gardait le contact avec les responsables pour les aider dans leur tâche par des conseils techniques et de la documentation.

25. Un membre du Comité s'est interrogé sur les limites des possibilités d'intervention du Comité et du Secrétariat dans la gestion d'un site. Le Secrétariat a expliqué qu'il prévenait toujours les responsables nationaux dont la collaboration était évidemment indispensable.

26. La possibilité de l'intervention du secteur privé dans les activités de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine a été soulevée. Un délégué a considéré que des progrès restaient à faire dans ce domaine. Par exemple, les différents problèmes posés par une trop grande fréquentation des sites pourraient être mieux résolus grâce à la collaboration d'associations privées.