1.         Palais royaux d'Abomey (Bénin) (C 323bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1985-2007

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/323/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1985-1997)
Montant total approuvé : 113 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/323/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 400 000 dollars EU ont été accordés par le gouvernement du Japon en 1998 ; 50 000 dollars EU accordés en 2005 par Riksantikvaren (Direction du patrimoine culturel norvégien).

Missions de suivi antérieures

2004 et 2007 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; 2006 : mission de suivi Centre du patrimoine mondial / CRATerre-ENSAG / Getty Conservation Institute.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence d’un mécanisme législatif national régissant la protection du patrimoine culturel ;

b) Dégradation importante de près de 50% des éléments physiques construits en terre ;

c) Absence de mise en valeur et d’interprétation du site.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/323/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 17 février 2012, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation. Ce rapport est une vue d'ensemble de la situation actuelle du bien. Par ailleurs, plusieurs rapports issus des médias ont été reçus par le Centre du patrimoine mondial sur l'incendie qui s'est produit le 19 janvier 2012 au palais Houégbadja.

a) Gestion du bien

L'État partie indique que bien qu'il y ait une politique claire de sauvegarde et de conservation du bien, les considérables investissements requis ne constituent pas nécessairement la meilleure solution pour atteindre un niveau de conservation efficace. De nouvelles discussions ont donc commencé afin de définir une politique qui vise à aligner les objectifs de conservation avec la fonctionnalité du bien et l'importante contribution au développement du village d'Abomey. Des travaux ont débuté sur le thème de l'amélioration de la productivité du village d'artisans, situé à l'intérieur du bien, afin d'améliorer la promotion et la distribution de produits dérivés dans le but d'augmenter le rôle central du village en tant que zone clé pour l'activité économique et les industries culturelles et touristiques. En ce qui concerne la stratégie financière, les revenus issus du bien servent à financer des travaux mineurs d'entretien et d'interprétation. Le Ministère de la culture a accordé des ressources matérielles supplémentaires et des équipements destinés à l'entretien et à la conservation. On s'attend à ce que les ventes de souvenirs contribuent également au financement des travaux de conservation.

En ce qui concerne le conseil de gestion du bien, le rapport précise qu'il poursuit son activité d'entité en charge de prendre des décisions, à savoir définir le programme d'activités et le budget, et produire des informations comptables et financières. Dans le cadre de la sensibilisation au bien, un plan de communication a été défini et est en attente de l'accord du conseil pour être finalisé. Des efforts ont cependant déjà été entrepris afin d'accroitre la promotion du bien à différents niveaux. L'implication des communautés locales s'est poursuivie tant dans les activités de conservation, pour améliorer la transmission du savoir-faire autour de l'architecture en terre, que dans l'organisation d'événements commémoratifs.

b) État actuel de conservation

Le rapport signale que, conformément au plan de gestion, la reconstruction des murailles restantes permettra la conservation de l'intégrité du site en évitant tout dommage supplémentaire causé par l'eau. En ce qui concerne la conservation préventive, des inspections quotidiennes sont menées dans les 184 composantes du bien, y compris des inspections de la zone tampon afin de garantir sa protection. D’autres travaux ont continué dans la mise en œuvre des objectifs prioritaires généraux définis par le plan de gestion. Cela s'est concrétisé par des interventions de conservation et un renforcement des capacités afin de s'assurer que les besoins en termes d'entretien à long terme sont pleinement couverts.

Le rapport souligne les interventions au palais Houégbadja, financées par l'Ambassade d'Allemagne au Bénin ainsi que les travaux entrepris à Adjalala, à l'Honnuwa d'Agadja et au palais du roi Akaba.  

Il est fait état d'une augmentation du nombre de visiteurs, sans qu'il soit précisé si cela entrainera des mesures supplémentaires pour la gestion des visiteurs.

Fin mars 2012, des informations complémentaires ont été reçues faisant état du commencement des travaux de creusement de tranchées par l'État partie afin d'enterrer un système électrique destiné à de nouvelles illuminations de la place Singbodji. Le projet est mené en partenariat avec la ville française d'Albi.

c) Incendies

Le 19 janvier 2012, un incendie s'est déclaré au palais Houégbadja. Il semble que sept des dix toits en paille aient totalement brulé et que les bas-reliefs auraient subi de légers dommages, en particulier à leur base. Le 28 février 2012, le Centre du patrimoine mondial a fait parvenir un courrier à l'État partie demandant un rapport détaillé sur l’incident, y compris sur son impact sur le bien et sur les mesures de prévention des incendies existantes. À l'heure de la rédaction du présent rapport, les informations demandées à l'État partie n'ont pas été reçues.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives remarquent que l'incendie évoqué est le deuxième à se produire en trois ans. Ils remarquent par ailleurs que bien qu'aucun document sur une politique de reconstruction n'ait été rédigé, comme demandé lors de la 34e session du Comité du patrimoine mondial (Brasilia, 2010), des travaux de reconstruction ont été entrepris dans les zones touchées par l'incendie de 2009. Ils remarquent en outre qu'aucun progrès n'a été accompli en ce qui concerne une stratégie de prévention des incendies et que le plan de gestion actuel a expiré fin 2011.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives remarquent que des incidents tels que l'incendie de 2012 remettent en question l'efficacité de l'entretien et des pratiques de contrôle du bien, et recommandent donc que le Comité exprime sa préoccupation. Ils souhaitent également souligner que les travaux de reconstruction entrepris dans le passé l'ont été en l'absence d'une politique globale de reconstruction en cours, approuvée par le Comité. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment qu'avant d’entreprendre toute nouvelle phase de travaux visant à atténuer les impacts du récent incendie, une politique générale de reconstruction devrait être approuvée, ainsi qu'un plan de projet détaillé de reconstruction des bâtiments endommagés par l’incendie et une stratégie de préparation aux risques de catastrophes pour le bien. Ils estiment que ces trois documents devraient être rédigés dans le cadre d'un plan de gestion révisé. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.40

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 34 COM 7B.43, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3.   Prend note des informations remises par l’État partie quant à l’état de conservation du bien et le prie instamment de poursuivre les efforts entrepris dans la mise en œuvre à long terme de mesures de conservation et de gestion ;

4.   Exprime sa préoccupation suite aux dommages causés au palais Houégbadja par l’incendie de janvier 2012 et à l’absence de mention faite de l’incendie et de son impact dans le rapport de l’État partie ;

5.   Estime que l’absence de mesures adéquates de prévention et d’entretien, et de plans d’intervention semble avoir contribué au déclenchement des incendies de 2009 et de 2012 ;

6.   Demande à l’État partie d’élaborer un plan général de gestion des risques et de le soumettre pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives d’ici le 1er février 2013 ;

7.   Prie également instamment l’État partie d’élaborer un document de politique de reconstruction comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session et de faire cesser tous les travaux de reconstruction en cours jusqu’à ce qu’une telle politique et un projet détaillé de reconstruction des bâtiments endommagés par l’incendie aient été approuvés par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

8.   Prie par ailleurs instamment l’État partie de mettre à jour le plan de gestion en tant que cadre de la politique de reconstruction et plan de gestion des risques de catastrophes ;

9.   Demande également à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM afin d’évaluer l’état de conservation du bien et d’aider à la définition d’axes d’élaboration d’une politique de reconstruction, d’un plan détaillé de reconstruction des bâtiments endommagés par les incendies, d’un plan de gestion des risques de catastrophes et d’un plan de gestion mis à jour ;

10.  Demande par ailleurs à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus évoqués, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.