1.         Xanthos-Letoon (Turquie) (C 484)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/484/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/484/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

au cours de l'année 1991

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/484/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1991

Xanthos, qui comprend une zone archéologique recouvrant approximativement la ville antique et le site archéologique du Létoon, constitue un ensemble qui a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1988 au titre des critères (ii) et (iii). L'ICOMOS avait, à l'époque, fait ressortir dans ses observations la nécessité d'un plan de gestion incluant, notamment, la maîtrise de l'environnement pour le site du Létôon et avait noté que la route traversait le site de Xanthos et qu'il était souhaitable qu'elle soit détournée.

La mission effectuée sur place pour examiner les problèmes de protection et de gestion, dans le courant de 1991, a permis de constater, en ce qui concerne Xanthos, que la route a été asphaltée en 1989. Celle-ci supporte, non seulement un trafic touristique de plus en plus important, mais elle dessert aussi plusieurs gros villages de la vallée du Xanthe, ce qui entraîne une circulation très dense de tracteurs, camions et minibus. Cette route longe successivement la porte monumentale de la cité antique, le théâtre (voir ci-après) et une grande tombe, qui sont ainsi constamment menacés. Il conviendrait donc qu'elle soit détournée de façon a éviter le site antique. Il existe actuellement une piste en terre qui contourne l'acropole de Xanthos et rejoint ensuite la route asphaltée. Son aménagement permettrait de préserver l'accès aux villages de la montagne tout en protégeant le site. Les expropriations nécessaires seraient peu importantes. Il serait très souhaitable que cette solution soit étudiée et mise en application.

Les déblais du théâtre, situé au nord de l'acropole, empiètent sur la route décrite ci-dessus. L'aménagement de ces abords est indispensable, pour des raisons à la fois pratiques et esthétiques. Il aurait pour résultats d'améliorer l'aspect du théâtre et de ses accès, très fréquentés par les touristes, et de mieux faire comprendre les étapes et les caractéristiques de sa construction.

La Direction des Monuments et Musées du Ministère de la Culture envisage, grâce à l'aide bilatérale, la consolidation des mosaïques paléochrétiennes de l'église de l'agora, la poursuite de la consolidation des mosaïques de la grande cathédrale paléochrétienne, ainsi que la couverture de la nef, et la remise en place de la cuve du sarcophage, dit "des Danseuses", endommagé par des actes de vandalisme.

Lors de sa quinzième session, le Bureau a été informé du maintien sur le site de Xanthos de sanitaires en béton, question qui fait l'objet d'une correspondance entre le Secrétariat et les autorités turques.

En ce qui concerne le Létoon, deux mesures sont à suggérer aux autorités pour préserver l'ensemble du site. Il est urgent d'enrayer, par la construction d'un muret de soutènement, l'effondrement des alluvions le long de l'actuelle route d'accès au sanctuaire. Il est également indispensable de creuser, sur la bande de terrain longeant la route, un nouveau canal d'irrigation qui détournerait les eaux du site archéologique pour lequel elles représentent une menace constante.

 

Par ailleurs, le passage des tracteurs, remorques, camions et automobiles est actuellement toléré à la limite sud du site, le long de l'église paléochrétienne et du nymphée romain. Mais, en dehors de la saison des fouilles, les véhicules traversent le sanctuaire par la terrasse des temples. Nuisible à l'aspect (poussière) et à la conservation des monuments, cet accès devrait être à l'avenir interdit.

Sur un plan plus particulier, la consolidation de la mosaïque du temple d'Apollon doit être achevée ; celle-ci doit ensuite être remise en place.

Enfin, le théâtre étant utilisé chaque année par la commune de Kumlu Ova pour y célébrer le Festival de la Tomate, il y a danger d'effondrement de certains blocs d'architecture instables. Des travaux de consolidation devraient être entrepris à la porte nord-est.

Il est intéressant de noter que les autorités turques ont défini des "zones spéciales de protection de l'environnement" dans lesquelles tout projet d'aménagement susceptible de modifier l'environnement et l'écosystème est soumis au contrôle d'un conseil spécial ayant notamment compétence pour toutes les actions se situant dans le cadre de conventions internationales. La zone du delta et de l'embouchure du fleuve Xanthe a été ainsi déclarée "zone spéciale de protection de l'environnement" par décret N° 90/77 du 18.01.1990 paru au Journal Officiel du 02.03.1990.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 15 COM VII

18. Le rapport sur le suivi de l'état de conservation des biens culturels présenté par le Secrétariat a traité des sites suivants : Xanthos-Létoon (Turquie), La Valette (Malte), Shibam (Yémen), le parc national historique - Citadelle, Sans Souci, Ramiers (Haïti), la vallée de Kathmandu (Népal), Mohenjo-Daro (Pakistan), le Cavalier de Madara (Bulgarie). Dix-sept sites ont été visités au titre du suivi par un expert, qui est chargé de coordonner l'action pour la préservation de 115 sites méditerranéens dans le cadre du PNUE - Convention de Barcelone. Ces visites ont donné une abondance d'informations et de documentation qui ont besoin d'être analysées. De plus, le diagnostic et les recommandations faites par l'expert devaient être transmises aux autorités nationales avant qu'un rapport ne puisse être présenté au Comité. Le résumé des constatations faites par l'expert concernant deux sites a été inclus dans le document de travail SC-91/CONF.002/3. Des rapports sur l'état de conservation des quinze autres sites seront soumis au Bureau en juin 1992. En outre, l'expert présent à cette session était prêt à expliquer son approche et à répondre à des questions précises. Un rapport supplémentaire sur le suivi a été préparé par le coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes, également présent à cette session.

19. Le Comité a été également informé du type de suivi continu effectué par le Secrétariat sur des projets qui faisaient l'objet d'une campagne internationale de sauvegarde ou au titre de projets financés par l'PNUD. La brochure qui vient d'être publiée sur le travail accompli à Sana'a, ainsi que le rapport sur la mission en Bulgarie annexée au document préparé par le Secrétariat, a montré que le suivi le plus efficace pouvait être fait grâce à des missions d'assistance technique. Malheureusement, les moyens financiers et les ressources humaines du Secrétariat sont trop faibles par rapport au grand nombre de sites déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

20. De l'avis du Secrétariat, l'action de suivi devrait être menée sous forme d'un dialogue continu avec les Etats parties qui devrait commencer avant même l'inscription du site, afin d'informer les responsables locaux (responsables politiques et spécialistes) des valeurs à maintenir et des principes et méthodes de conservation à appliquer. En particulier, la mise en œuvre du plan de gestion demandé au moment de la proposition d'inscription devrait être vérifiée au titre de l'exercice de suivi.

21. Le représentant de l'ICOMOS a communiqué au Comité les informations alarmantes reçues sur la détérioration de certaines parties des monuments de Kizhi Pogost (URSS). Il a souligné que son organisation était intéressée d'envoyer une mission sur place pour vérifier l'état de conservation du site. Se référant au centre culturel en cours de construction entre la tour de Belem et le monastère des Hiéronymites à Lisbonne (Portugal), il a souligné que les travaux étaient presque achevés et que le dossier très complet présenté par le gouvernement montrait que le règlement du concours architectural tenait compte du fait que le site était classé comme patrimoine mondial. Une partie du nouveau bâtiment remplaçait des    constructions industrielles, ce qui représentait une amélioration. Ce cas montrait qu'il serait nécessaire de définir une stratégie pour guider à l'avenir les architectes chargés de l'aménagement des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. A son tour, l'observateur portugais a souligné le fait que le projet d'intégrer ce centre culturel dans le site faisait partie d'un plan de sauvegarde de la zone, en vue de revaloriser l'ensemble. Le Comité a pris note du rapport de l'ICOMOS et, à la lumière de cet exemple, a souligné que les Etats parties devaient accorder une attention toute particulière au maintien des valeurs des sites du patrimoine mondial, lors de l'élaboration de projets d'aménagements ou de nouvelles constructions ou de restaurations importantes. Avant que des décisions irréversibles ne soient prises, les autorités nationales devaient informer le Comité, par l'intermédiaire du Secrétariat de l'UNESCO, de leur intention d'entreprendre ou d'autoriser des projets dans une zone protégée par la Convention. La nécessité d'une étroite collaboration entre le Secrétariat et les responsables locaux a été soulignée au cours des débats. Le Comité a noté que l'ICOMOS, en collaboration avec l'ICCROM, préparait un guide sur la gestion des sites à l'usage des responsables du patrimoine.

22. Le Coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes a expliqué la méthode qui a servi à l'analyse détaillée de six sites de la région. Les documents présentés ne reflètent que le travail déjà accompli dans le cadre d'un projet plus vaste concernant seize sites en tout dont l'évaluation se poursuivra jusqu'en 1993 et représenterait pour le Fonds du patrimoine mondial une dépense de 40.000 $EU.

23. Le Comité a pris note de ce rapport. Tout en considérant qu'il s'agissait d'une méthode intéressante, il a estimé qu'elle ne pouvait être nécessairement appliquée à toutes les régions.

24. Le Coordonnateur du réseau mis en place par le programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) pour la protection des sites méditerranéens dans le cadre de la Convention de Barcelone a exposé à son tour sa méthode de travail dans l'exercice de suivi. A l'occasion des visites des dix-sept sites du pourtour de la Méditerranée, il a recensé, en collaboration avec les experts locaux, les différents problèmes soulevés par la conservation des sites en question. A la suite de ses visites, il gardait le contact avec les responsables pour les aider dans leur tâche par des conseils techniques et de la documentation.

25. Un membre du Comité s'est interrogé sur les limites des possibilités d'intervention du Comité et du Secrétariat dans la gestion d'un site. Le Secrétariat a expliqué qu'il prévenait toujours les responsables nationaux dont la collaboration était évidemment indispensable.

26. La possibilité de l'intervention du secteur privé dans les activités de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine a été soulevée. Un délégué a considéré que des progrès restaient à faire dans ce domaine. Par exemple, les différents problèmes posés par une trop grande fréquentation des sites pourraient être mieux résolus grâce à la collaboration d'associations privées.