1.         Memphis et sa nécropole – les zones des pyramides de Guizeh à Dahchour (Égypte) (C 86)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/86/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/86/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

S'agissant du Sphinx, le Directeur général a accordé 100.000 dollars pour des travaux de sauvegarde. 

Missions de suivi antérieures

Novembre 1988: mission d'expert

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/86/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1990

Cet ensemble, inscrit en 1979 sur la Liste du patrimoine mondial au titre des critères (i), (iii) et (vi), a fait l'objet en 198£ de l'envoi du questionnaire de mise à jour des informations sur les biens culturels inscrits sur la Liste du patrimoine.

A l'époque, les réponses ont porté sur quatre éléments : le Sphinx, le complexe de Chéops à Guizeh, les pyramides de Kephren et de Mykerinos. Un changement de législation de protection a été signalé. En effet, une loi de 1983 conforte le pouvoir de l'Etat sur la gestion des sites. Cette loi s'est vue complétée par une centralisation administrative des mesures à prendre. En outre, la loi étend le périmètre de protection aux zones tampons du pourtour des sites archéologiques telles qu'elles sont définies par les autorités.

Depuis quelques années, le site des Pyramides est de plus en plus menacé, notamment par l'afflux des touristes et le développement incontrôlé du village avoisinant. Afin de mettre un terme à la détérioration des monuments qui en découle, les autorités égyptiennes ont élaboré un plan de développement de l'ensemble de la zone. Comme ce plan a donné lieu à des controverses en Egypte même, le Ministère de la culture a décidé de demander à un comité consultatif spécial d'experts internationaux de lui donner son avis sur le projet et il a prié le Directeur général de suggérer les noms d'experts de haut niveau de différents pays susceptibles de travailler au sein du comité avec des spécialistes égyptiens.

Le comité consultatif, composé de neuf experts égyptiens et six experts étrangers, s'est réuni au Caire du 14 au 18 mai 1990 pour étudier les divers aspects du projet, dont le principal objectif est de renforcer la protection du site en prenant diverses mesures de réaménagement et: en l'isolant totalement.

Le comité a pleinement approuvé les réaménagements prévus, à savoir :

a)  contrôle rigoureux de l'accès au site ;

b)  suppression de toutes les structures modernes : bâtiments, plates-formes, murs, barrières, etc. ;

c)  remplacement des routes goudronnées par des pistes de sable stabilisé ;

d)  interdiction de tous les véhicules à moteur à l'exception des voitures électriques conduites par le gardien du site ;

e)  contrôle du nombre des visiteurs admis sur le site ;

f)  création d'un itinéraire obligatoire pour les chameaux et les chevaux ;

g)  exclusion de tous les autres animaux : chiens, chèvres, etc.,

et il a souligné leur caractère d'urgence.

 

En ce qui concerne les moyens d'isoler la zone, le Comité a préconisé les mesures suivantes :

a)  en bordure orientale du site (près du Sphinx) : une fois achevées les fouilles archéologiques nécessaires, mise en place d'une structure légère, un peu en dessous du niveau actuel du sol, comportant des rangées de sièges en pente douce pour les spectateurs du spectacle son et lumière, la hauteur de la nouvelle structure ne devant pas excéder 6 m ; une simple barrière devrait être érigée des deux côtés de cette structure pour interdire toute intrusion au construction indésirable ;

b)  en bordure septentrionale (fin de la route des pyramides) : le guichet installé de ce côté pour contrôler l'accès des visiteurs devrait être une structure très légère et simple conçue de façon à ne pas altérer la topographie ou la physionomie actuelles de la colline et à ne pas affec­ter la vue.

 

La recommandation principale formulée par le Comité concerne l'élaboration d'un plan directeur pour l'ensemble de la zone, y compris la zone tampon, sur la base d'études détaillées. En transmettant aux autorités égyptiennes le rapport du Comité d'experts (qui est à la disposition des membres du Comité qui souhaite­raient le consulter) le Directeur général a attiré tout spécialement l'attention sur cette recommandation ; et fait observer que, dans la mesure où il s'agit d'un site protégé par la Convention du patrimoine mondial, le Comité souhaiterait sans doute pouvoir étudier le plan directeur avant qu'il ne soit mis à exécution. Il a également fait part aux autorités égyptiennes des inquiétudes exprimées par le Bureau lors de sa réunion de juin 1990 quant aux risques que les travaux de construction pourraient faire courir au site et appelé l'attention sur la nécessité réaffirmée à cette occasion de préserver celui-ci dans son intégrité.

S'agissant du Sphinx, le Directeur général a accordé 100.000 dollars pour des travaux de sauvegarde. Une mission d'expert, en novembre 1989, a confirmé l'ur­gence d'une intervention pour la sauvegarde du sphinx, portant sur des études approfondies qui permettront la mise en place de pierres de remplacement de même qualité, mais de résistance plus élevée à l'action des agents destructeurs. Il a recommandé que l'allocation de l'Unesco soit affectée à l'achat d'équipement à cette fin (porosimètre, machine d'essai à la compression et matériel nécessaire aux tests à effectuer sur la pierre). Cet équipement a été fourni.

Suite aux recommandations de cet expert, une équipe du Centre expérimental français de recherches et d'études du bâtiment et des travaux publics (CEBTP), a réalisé, en avril 1990, un examen et une auscultation dynamique afin d'estimer la qualité de la pierre non destructrice et d'apprécier son degré d'homogénéité. Au terme de ces tests et analyses, le Centre a conclu que la pierre du cou et de la tête du Sphinx était de bonne qualité.

A la demande des autorités égyptiennes, le Getty Conservation Institute a entrepris un projet de recherche visant à déterminer les facteurs qui contribuent à la détérioration du Sphinx. A cette fin, une station météorologique fonctionnant à l'énergie solaire a été installée sur le dos du Sphinx afin de recueillir des données sur l'environnement du site et des alentours pendant l'année ou les deux années à venir. Ce dispositif permettra de collecter et d'analyser des informa­tions sur la vitesse et la direction des vents, le rayonnement solaire, la tempé­rature de l'air et de la surface du monument, le degré d'humidité et les précipitations.

Les résultats de ce projet de recherche et de la mission entreprise par le CEBTP permettront aux experts de porter un diagnostic précis sur l'état du monu­ment et d'élaborer un plan d'action pour sa sauvegarde.

Le Secrétariat rendra compte oralement au Comité de tout élément nouveau concernant ces projets.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 14 BUR IV.B.45

Un membre du Bureau a fait part de son inquiétude au sujet du projet d'aména­gement dont fait l'objet le Plateau des Pyramides, en Egypte ; projet visant, entre autres, à ériger un grand mur séparant un village d'habitations de la zone archéologique et à aménager un théâtre de plein air pour les spectacles de son et de lumière. Le Bureau a partagé cette inquiétude de voir des constructions mettre en péril ce site incomparable ; il a, en conséquence, demandé au Secrétariat d'adresser une lettre au Ministre de la culture de l'Egypte afin d'appeler son attention sur la nécessité de maintenir l'intégrité de ce site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Par ailleurs, le Bureau a recommandé au Comité de veiller à être tenu informé des développements de cette question et de prendre fermement position contre tout projet qui pourrait porter atteinte au site. Enfin, le Bureau a demandé que tous les rapports reçus par le Secrétariat sur ce cas soient portés à l'attention du Comité en décembre.

Décision adoptée: 14 COM VIII.19-24

19. Le Comité a félicité le Secrétariat pour la qualité de son rapport relatif au suivi de l'état de conservation des biens culturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Il a pris connaissance des différentes situations portées à son attention et s'est en particulier félicité de voir que les inquiétudes exprimées par le Bureau à sa quatorzième session, en juin 1990, au sujet des travaux de construction projetés dans la Zone des Pyramides de Guizeh à Dahchour (Egypte) avaient été portées à la connaissance des autorités égyptiennes par le Directeur général de l'Unesco. A cet égard, le Comité a confirmé son souhait de prendre connaissance, en temps utile, du plan directeur qui est en cours d'élaboration pour l'ensemble de cette zone protégée.

20. S'agissant du site archéologique de Leptis Magna (Jamahiriya arabe libyenne), un membre du Comité a fait remarquer que les crues de l'oued Lebda qui affectent sporadiquement les monuments de l'antique Leptis étaient un phénomène connu. Il y avait lieu de consulter les rapports établis sur ce phénomène par les spécialistes italiens, en particulier auprès du Centro Naz Tonale per le Ricerche (CNR), à Rome. Il serait tout à fait opportun de prendre contact à cet égard avec le Professeur Antonino Di Vita, Directeur de l'Ecole italienne d'Athènes, éminent spécialiste du site de Leptis et de sa problématique.

21. Le Comité a accepté les propositions du Secrétariat concernant la poursuite du système de suivi. En conséquence, l'envoi d'une troisième série de questionnaires a été reporté, tandis qu'il a été décidé qu'il serait procédé à l'analyse des questionnaires déjà reçus. Un échantillon des fiches qui résulteront de cette analyse sera présenté au Bureau à sa quinzième session. De plus, le Comité a pris note avec satisfaction de l'initiative du Secrétariat d'initier un programme de diagnostic systématique des sites culturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Grâce à l'existence d'un projet PNUD en Amérique latine et aux Caraïbes, l'expérience serait tout d'abord tentée dans cette région.

22. S'agissant de cette même région, un membre du Comité a indiqué que le Coordonnateur du Projet PNUD-UNESCO organiserait en 1991 un stage pratique en matière de suivi il s'agissait là d'une excellente initiative à citer en exemple, en particulier auprès de l'ICCROM qui pourrait, pour les prochaines années, prévoir des stages de même nature.

23. Par ailleurs, le Comité a pris connaissance avec attention du document produit par l'ICOMOS comme contribution au suivi des biens culturels du patrimoine mondial. En particulier, le Comité s'est penché sur le cas du Monastère des Hiéronymites et de la Tour de Belem, site du patrimoine mondial où avait été initiée la construction d'un bâtiment dans la zone protégée par la Convention. Le Secrétariat a informé le Comité que, alerté par diverses sources, il avait immédiatement saisi les autorités portugaises de cette question. Très inquiet de la situation qui lui a été décrite, le Comité a adressé un câble aux autorités portugaises, leur faisant part de ses craintes que le projet en question ne cause des dommages irréparables à la valeur du site, et offrant d'organiser une mission d'expert afin d'évaluer l'impact du projet.

24. Particulièrement inquiet de la prolifération de projets de ce type, le Comité a jugé opportun d'inclure dans les Orientations un paragraphe consacré à cette question, afin d'inciter les Etats parties à plus de vigilance. En conséquence, le texte suivant a été adopté afin d'être inséré dans les Orientations : "Le Comité du patrimoine mondial a invité les Etats parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, à l'informer, par l'intermédiaire du Secrétariat de l'Unesco, de leurs intentions d'entreprendre ou d'autoriser, dans une zone protégée par la Convention, des restaurations importantes ou de nouvelles constructions, qui pourraient modifier la valeur de patrimoine mondial du bien. La notification devrait se faire le plus tôt possible (par exemple, avant la rédaction des documents de base pour des projets précis) et avant que des décisions difficilement réversibles ne soient prises, afin que le Comité puisse participer à la recherche de solutions appropriées pour assurer la conservation intégrale de la valeur du site comme patrimoine mondial."