1.         Parc national de Yellowstone (États-Unis d'Amérique) (N 28)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1995-2003

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1995 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN

Septembre 2011: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation minière ;

b) Gestion de la faune : bison et truite fardée ;

c) Espèces exogènes invasives ;

d) Qualité de l'eau ;

e) Construction de routes ;

f) Impact des motoneiges sur la qualité sonore et la qualité de l'air ;

g) Fréquentation élevée par les visiteurs.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/28/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 17 février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, apportant des informations sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations du Comité ainsi que d’autres problèmes de conservation. Du 19 au 22 septembre 2011, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN a visité le bien, conformément à la décision 34 COM 7B.28 adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010). Le rapport de l’État partie et le rapport de mission donnent des informations sur les principaux problèmes de conservation suivants :

a) Sécuriser la migration des bisons sur les terres affectées à l’élevage dans les environs du parc

Le rapport de l’État partie note qu’une coalition de responsables fédéraux, d’état et tribaux a récemment convenu de pratiques de gestion susceptibles d’accroître la tolérance à l’égard de la migration des bisons vers des habitats extérieurs aux frontières septentrionales et occidentales du parc, dans l’État du Montana. Cet accord a permis de prolonger la route migratoire nord des bisons d’environ 11 kilomètres au-delà de la limite du parc. Néanmoins, l’État partie note que certaines parties prenantes continuent d’être opposées à la migration des bisons, préoccupées par des questions de sécurité publique et de dégâts matériels.

La mission a conclu que les agences de gestion devraient : continuer d’autoriser la migration des bisons vers des pâturages d’hiver indispensables dans les zones adjacentes au parc ; prévenir de manière active la dispersion et l’expansion de l’aire de répartition des bisons vers des terres privées périphériques jusqu’à que la présence des bisons soit tolérée dans ces zones ; faire davantage d’efforts pour identifier d’autres habitats et zones de conservation pour les bisons dans le Montana ; élaborer avec les propriétaires fonciers privés les politiques de séparation par clôtures ; décourager les déplacements de bisons sur des terres privées affectées à l’élevage ; et envisager le déplacement des bisons en surnombre de Yellowstone vers des sites de quarantaine gérés par des tribus indiennes, dans l’optique d’aider à préserver la culture indienne et de promouvoir l’implantation de troupeaux de bisons sauvages.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que plusieurs mesures positives ont été prises pour fournir plus de pâturages d’hiver aux bisons sur des terres d’État et privées à l’extérieur du parc, et que de réels progrès ont été accomplis pour sécuriser les principales routes migratoires traditionnelles des bisons au sein de la zone du Grand Yellowstone qui entoure le parc.

b) Obtenir un financement adéquat pour intensifier les efforts de suppression des truites de lac dans les six années à venir

L’État partie rapporte qu’en vertu d’un plan de conservation des populations indigènes de poissons, le Service des parcs nationaux (NPS) a significativement accru les efforts de suppression des truites de lac qui se poursuivront dans les 6 années à venir pour le moins. Un financement d’un montant de 2 millions de dollars EU par an sur les 6 années à venir (2012-2017) est préconisé pour confier cette intensification immédiate des efforts de suppression des truites de lac à des entrepreneurs du secteur privé. De cette somme, à ce jour, près d’un million de dollars EU par an est acquis. L’État partie est convaincu que les fonds manquants seront obtenus auprès de bailleurs de fonds privés, notamment la Yellowstone Park Foundation, principal partenaire de financement du Parc national de Yellowstone, qui doit très prochainement prendre une décision sur une demande de subvention.

La mission a noté que les captures par unités d’effort lors des opérations de suppression des truites de lac étaient en augmentation depuis 2002, indiquant que la population de l’espèce envahissante des truites de lac augmente plus vite qu’elle n’est supprimée. Toutefois, la mission a conclu qu’en vertu d’un plan de conservation des populations indigènes de poissons, qui entend réduire la population de truites de lac de 25% chaque année jusqu’à ce qu’elle atteigne un niveau insignifiant, les autorités du parc avaient rapidement et positivement répondu à la mise en œuvre des recommandations de l’analyse scientifique et de gestion du programme de suppression des truites de lac.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concluent que les résultats de la mise en œuvre du plan de conservation des populations indigènes de poissons visant à la suppression de la population de truites de lac sont encourageants, et que l’intensification des efforts fait l’objet d’un engagement soutenu. Ils considèrent que le budget à moyen terme est suffisant pour pouvoir s’assurer véritablement d’une issue favorable. Toutefois, il leur paraît important de continuer à surveiller la réussite du programme et de rendre compte des résultats au Comité du patrimoine mondial.

c) Accroître la connectivité de la population de grizzlis de Yellowstone avec les ours de la région et atténuer davantage le conflit hommes-ours

L’État partie rapporte que, si la question de la connectivité n’est pas considérée comme une menace immédiate pour la population de grizzlis de Yellowstone, des plans détaillés et des stratégies de mise en œuvre sont là pour traiter ce problème en cas de besoin. L’État partie note également qu’à ce jour la population de grizzlis au sein de l’écosystème du Grand Yellowstone n’est pas menacée par la consanguinité et que le besoin de flux génétique n’est pas urgent. Obtenir une connectivité naturelle demandera un effort de coopération aux agences de gestion, aux propriétaires privés, à l’industrie, aux dirigeants politiques et au public. La connectivité peut être encouragée en permettant aux populations de grizzlis d’augmenter et/ou en promouvant l’expansion de leur habitant par une dispersion naturelle et/ou une réintroduction au sein d’un habitat intermédiaire approprié.

En ce qui concerne le conflit hommes-ours, l’État partie rappelle qu’empêcher les ours d’accéder à de la nourriture et à des déchets anthropogéniques est la base même du programme de gestion des ours du parc. L’expérience montre que les populations d’ours peuvent être maintenues de façon à garantir aussi bien la sécurité des ours que celle des visiteurs du parc et de leurs biens, tout en offrant la possibilité de voir des ours. La réduction du conflit hommes-ours a également considérablement réduit le nombre d’ours tués lors d’opérations de gestion. Actuellement, le risque général d’attaque d’ours est faible et le soutien du public reste élevé pour le programme des grizzlis.

La mission a noté la nécessité pour les autorités du parc de travailler en coopération avec les propriétaires privés et les organismes de règlementation pour maintenir les zones ouvertes aux ours, et recommande que le parc intensifie son programme d’éducation du public afin d’accroître la tolérance des hommes vis-à-vis des ours.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN observent que les grizzlis sont bien gérés et protégés dans le Parc national de Yellowstone et qu’en règle générale l’espèce continue de se rétablir, avec de bonnes perspectives à long terme. Ils se félicitent également des signes encourageants de contribution efficace du programme de gestion des ours du parc en faveur de l’atténuation du conflit hommes-ours.

d) Évaluer l’impact de la chasse du loup sur la population de loups de Yellowstone

L’État partie rapporte que les loups vont probablement être retirés de la liste des espèces protégées au Wyoming d’ici la prochaine saison de chasse (automne 2012) et que la chasse au loup sera légalement autorisée dans l’ensemble des trois états qui entourent le parc. Actuellement, on compte une centaine de loups répartis en neuf meutes au sein du parc, il est donc peu probable que les taux de mortalité à ce jour (2-4 loups par an) auront un impact significatif sur la population de loups du parc. Un quota moins élevé de loups dans les districts de chasse du Montana réduira le potentiel de mortalité significative des loups du parc. Bien que la réduction des quotas ne soit pas d’actualité dans l’Idaho, seule une meute de Yellowstone partage la frontière parc/État. L’État partie note que, grâce à des colliers-émetteurs, il a pu être observé que les loups se déplaçaient essentiellement de l’intérieur vers l’extérieur du bien (c’est-à-dire de zones où la densité de loups est élevée vers des zones où la densité de loups est faible), et que la chasse du loup en dehors du bien peut accroître ces déplacements en créant des territoires laissés vacants.

La mission a noté que les loups de Yellowstone ont besoin de plus de terre et d’habitat que ceux dont ils disposent au sein du parc pour leur survie et dépendent de connexions avec les populations du centre de l’Idaho et du nord-ouest du Montana. Les propriétaires fonciers privés, en particulier les éleveurs, des terres qui entourent le parc sont opposés à la conservation des loups mais sont des partenaires essentiels pour le parc si l’on entend garder des terres ouvertes aux loups. La construction de routes et de logements détruit également l’habitat naturel des loups et pose des obstacles à leur dispersion.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le retrait du loup de la liste des espèces menacées en 2011 a ouvert une ère nouvelle de chasse sur les terres extérieures au parc, et que la chasse et ses impacts posent un problème récurrent significatif aux autorités du parc. Si les solutions écologiques peuvent être simples, les enjeux politiques et sociaux restent délicats et les autorités du parc vont devoir faire un effort supplémentaire pour instaurer des partenariats avec les principales parties prenantes sur les terres qui entourent le parc.

e) Élaborer une vision à long terme et un plan d’action pour la gestion intégrée du bien et ses zones environnantes

L’État partie rapporte que le très représentatif Comité de coordination du Grand Yellowstone est tenu de garantir la planification, le suivi et des pratiques de gestion coordonnés sur un ensemble de questions prioritaires dont la santé de l’écosystème, la qualité de l’air, le changement climatique, les maladies, les espèces envahissantes, les espèces menacées d’extinction et la qualité/quantité de l’eau.

La mission a noté que la récente élaboration, de manière collaborative, d’un plan d’action sur le climat est un excellent exemple de gestion intégrée des ressources entre le parc et les terres environnantes.

Le Comité du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le parc continue de jouer un rôle global et effectif dans tous les mécanismes de collaboration disponibles en vue d’intégrer la gestion du parc et des terres environnantes.

f) Réduire les impacts des visiteurs et améliorer la gestion de la fréquention hivernale

Le rapport de l’État partie note que la fréquentation hivernale, et en particulier l’utilisation de motoneiges, reste un sujet de controverse. Il rapporte qu’un nouveau plan à long terme règlementant la fréquentation hivernale est en phase de finalisation et que l’actuel plan sur la fréquentation hivernale inclut des mesures de gestion qui garantissent la qualité de l’air et limitent la pollution sonore. L’État partie considère que le programme de fréquentation hivernale a amélioré les conditions que l’on trouvait dans les années 1990, une étude scientifique ayant constaté le bon état des ressources (qualité de l’air, bruit, impacts sur les populations de bisons et d’élans, expérience de visite). La mission note que si l’actuel plan de fréquentation hivernale est satisfaisant au vu des besoins de gestion actuels, les impacts générés par une fréquentation hivernale motorisée restent un défi pour le parc. La mission conclut qu’il y a eu une amélioration significative de la situation insatisfaisante qui prévalait auparavant.

L’État partie rapporte également que l’initiative Yellowstone Environmental Stewardship (YES!) a établi des objectifs de gestion environnementale réalistes à atteindre d’ici 2016. Entre autres mesures pour réduire la pression sur les ressources du parc en raison du nombre élevé de visiteurs, il est proposé d’évaluer les attitudes, perceptions et expériences des visiteurs, et de tenir compte des études sur les impacts de l’aire de stationnement, du développement de sentiers ‘sociaux’ et d’une affluence excessive dans les zones naturelles sensibles. Des enquêtes périodiques auprès des visiteurs aident le Service des Parcs Nationaux (National Parks Service) à comprendre qui sont les visiteurs, quelles sont leurs activités et leurs valeurs.Des plans secondaires au sein du plan directeur du parc permettent de traiter les problèmes liés aux zones aménagées dans le parc.

La mission a noté que l’initiative YES! mise en œuvre en 2008 par le parc, aux côtés d’autres programmes d’utilisation durable des ressources, parviennent à atteindre leurs objectifs ambitieux.

g) Autres problèmes de conservation

La mission a par ailleurs noté que la restauration des terrilsprogressent de manière satisfaisante, que les déversements n’ont pas d’impacts négatifs sur la vie aquatique et que la construction du réseau routier reste dans les couloirs définis et qu’elle est réalisée en harmonie avec les besoins de la nature.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concluent qu’il n’y a pas de problème majeur ni impact sérieux sur les ressources naturelles du parc en conséquence de la restauration des activités minières ni pollution de l’eau afférente, ni de la construction et utilisation du réseau routier.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que l’État partie a pris les mesures nécessaires pour traiter les principaux problèmes de conservation qui affectent actuellement le bien et concluent que les progrès accomplis dans la recherche de solutions efficaces à bon nombre des problèmes auxquels le parc est confronté sont satisfaisants, en particulier dans le domaine de la sécurisation des routes migratoires traditionnelles des bisons au-delà des limites du parc, de la suppression de la population de truites de lac, de l’atténuation du conflit hommes-ours, de l’amélioration de la gestion de la fréquentation hivernale et de la restauration et réduction des impacts de l’activité minière et de la construction des routes. En conséquence, ils recommandent que le Comité félicite l’État partie pour son approche réussie des enjeux de conservation à ce jour.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent, toutefois, que des efforts soutenus et un considérable apport de ressources seront nécessaires pour garantir la réussite à long terme de ces programmes et autres projets. Ils notent également l’importance de liens de coopération étroits entre le parc, les propriétaires fonciers privés et les agences d’État en charge de la gestion du sol et de la vie sauvage dans les terres qui entourent le parc, en particulier pour ce qui est de la gestion des populations de loups et de grizzlis. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 34 COM 7B.28, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3.   Félicite l’État partie pour les progrès substantiels accomplis dans la recherche de solutions efficaces aux problèmes de conservation qui affectent le bien, en particulier concernant la migration des bisons, la suppression de la population de truites de lac, l’atténuation du conflit hommes-ours, l’amélioration de la fréquentation hivernale et les impacts de l’exploitation minière et du réseau routier afférent ;

4.   Note que les programmes de conservation demanderont des efforts soutenus et un considérable apport de ressources pour être pleinement efficaces à long terme ;

5.   Encourage l’État partie à établir des liens de coopération efficaces entre le parc, les propriétaires fonciers privés et les agences d’État en charge de la gestion du sol et de la vie sauvage dans les terres qui entourent le parc, dans l’optique d’atteindre des objectifs de conservation à long terme pour les populations de bisons, grizzlis et de loups du parc ;

6.   Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien, y compris sur les progrès accomplis dans les réponses apportées aux principaux problèmes de conservation, incluant la mobilisation du soutien financier nécessaire pour la mise en œuvre des programmes de conservation visant à les traiter ainsi que l’instauration de liens de coopération entre le parc et les autres parties prenantes.