1.         Monastère des Hiéronymites et tour de Belém à Lisbonne (Portugal) (C 263bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/263/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-1990)
Montant total approuvé : 2 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/263/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mai 1990: mission d'expert de l'ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/263/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1990

Rapport conjoint pour:
Monastère des Hiéronymites
Monastère de Batalha

Ces biens ont été inscrits, en 1983, sur la Liste du patrimoine mondial, au titre des critères (iii) et (vi) pour l'ensemble du monastère des Hiéronymites et de la Tour de Belèm, et des critères (i) et (ii) pour le Monastère de Batalha. A la demande des autorités portugaises, ces trois édifices ont fait l'objet, en mai 1990, d'une mission d'expertise, financée par le Fonds du patrimoine mondial (5.900 dollars des Etats-Unis). L'objectif de la mission était d'établir un diagnostic de leur état d'altération, à la suite, notamment, de graves tempêtes et de fournir aux autorités compétentes des conseils pour leur restauration et leur conservation. Le rapport peut être consulté auprès du Secrétariat.

Bien que ces monuments diffèrent les uns des autres par leur identité cultu­relle, l'analyse des problèmes pathologiques observés a permis d'attribuer les causes principales aux facteurs communs suivants : l'humidité, l'insuffisance de la qualité des pierres, des faiblesses dans la résistance des maçonneries por­teuses. Les altérations attribuables à l'humidité proviennent de différentes origines : remontées d'eau par capillarité, défauts d'étanchéité, ruissellements d'eau de pluie sur les façades. Les dégradations de, pierres résultent de l'utili­sation de roches ayant une microstructure inadaptée pour pouvoir supporter pendant des années, voire des siècles, des conditions d'exposition aux intempéries trop sévères. Des maçonneries porteuses en pierre de taille sont fissurées ou rompues par insuffisance de résistance mécanique. Pour réparer et empêcher l'aggravation de ces désordres, différentes techniques peuvent être envisagées. Toutefois, compte tenu de la multiplicité des facteurs, le diagnostic précis, dans certains cas, ne peut être formulé qu'en se fondant sur des mesures expérimentales pré­cises. Par ailleurs, l'état et la qualité de ces oeuvres d'art impliquent que les responsables portugais soient informés des techniques récentes existant en matière de diagnostic et de restauration. L'organisation de cours de formation spéciali­sés, adaptés spécifiquement aux problèmes concrets des édifices, serait profitable à leur conservation.

De façon plus spécifique, au Monastère des Hiéronymites, les principaux problèmes de conservation des bâtiments sont les suivants : stabilité des struc­tures ; infiltrations d'eau ; entretien des maçonneries, charpente et couverture. Les nombreuses dégradations apparentes, sous forme de fissures, rupture, désolida­risation, inclinaison, font craindre que des désordres plus importants se pro­duisent, si on n'effectue pas des travaux de consolidation. Mais les observations visuelles ne permettent pas de formuler un diagnostic précis. Une série de mesures expérimentales devrait être effectuée pour avoir une base scientifique d'orienta­tion. D'autre part, les infiltrations d'eau témoignent d'une déficience de l'étan­chéité des couvertures et des joints des murs. Or, l'humidité est un facteur aggravant pour l'altération des pierres. Avant d'effectuer un programme de travaux d'étanchéité, il serait indispensable de localiser les points faibles favorisant la pénétration d'eau. La mise en place d'une équipe chargée d'effectuer un entre­tien permanent et un contrôle des déficiences nouvelles éviterait l'aggravation de certains désordres.

Les différents problèmes d'altérations des maçonneries en pierre de la Tour de Belèm sont à classer en deux catégories : dégradation des pierres et du mortier exposés à l'extérieur aux intempéries et altération de la surface dés pierres à l'intérieur des locaux. La Tour de Belèm est un édifice qui, au point de vue de sa stabilité, est en très bon état. Les désordres visibles sont assez facilement réparables. Le plus important pour la bonne conservation est de remédier au manque de ventilation et d'aération du local des canons. Les infiltrations d'eau par défaut de colmatage des joints peuvent aussi entraîner un préjudice qui s'ampli­fiera au cours du temps. Le nettoyage des parties noires et un traitement anti-cryptogamique valoriseraient l'aspect extérieur de ce bâtiment.

Au Monastère de Batalha, on rencontre plusieurs problèmes de natures diffé­rentes. Dans l'ordre d'importance, ont été relevés : les dégradations qui concernent la stabilité de l'édifice, liées à des actions mécaniques ; les altérations des pierres dans leur fonction ornementale, liées à des transformations physico-chimiques et biologiques visibles par l'effritement des pierres ou la coloration des façades ; et les problèmes des vitraux, les plus importants du Portugal, datant du XVe siècle. Plusieurs facteurs mettent en cause la parfaite conservation de ces vitraux. Les meneaux en pierre, qui existaient dans les baies et sur lesquels étaient fixés les vitraux, ont subi des dégradations. En particu­lier, lors du séisme de 1755, les vitraux ont été soumis à de très fortes tensions, sous l'effet de la déformation de l'église. Depuis, certaines remises en état provisoire ont consisté à insérer les vitraux dans des bâtis en bois. Mais aucune solution de conservation valable n'a été apportée pour résoudre le problème de la déformation du plomb et des vitres cassées. Les mesures à court terme sou­haitables sont exposées dans le rapport technique. Au Monastère de Batalha, le problème principal est lié à la préservation de la stabilité de l'édifice. Avant de proposer des solutions concrètes de renforcement, l'insuffisance de connais­sances précises nécessite une étude approfondie des causes des altérations.

 La mission initialement demandée pour l'examen des trois biens précités a néanmoins permis à l'expert de visiter d'autres sites portugais inscrits sur la Liste de patrimoine mondial : le Couvent du Christ à Tomar et le Monastère d'Alcobaça.

Le Couvent du Christ à Tomar présente surtout des dégradations dues à l'humi­dité entraînant notamment une coloration des façades due au ruissellement de l'eau des toits. La conservation de l'humidité en surface entraîne, en outre, la proli­fération des mousses et des lichens. La question la plus urgente à régler concerne l'humidité dans la rotonde des templiers. La conservation des peintures dorées et polychromes du XVIe siècle en dépend. Le problème principal au Monastère  d'Alcobaça est dû à la présence d'une nappe phréatique sous l'édifice. Les remon­tées d'eau par capillarité qui en résultent provoquent de nombreuses altérations des pierres. Des sondages et une étude du niveau de l'eau dans le sol permet­traient de proposer les solutions les meilleures pour supprimer ce phénomène. On a constaté une dégradation des parties ornementales en pierre, qui résulte de la qualité médiocre de la pierre utilisée. Celle-ci se révèle, notamment, impropre à une utilisation en soubassement. Avant de choisir les travaux de confortation les plus appropriés pour renforcer les maçonneries, il serait indispensable de contrô­ler l'évolution de l'écartement des fissures existantes.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Pas de projet de décision