1.         Hauts plateaux du centre de Sri Lanka (Sri Lanka) (N 1203)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2010

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1203/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2006-2006)
Montant total approuvé : 28 100 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1203/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1203/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 10 février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, présentant des informations sur la gestion du bien, l’évolution des menaces précédemment recensées, et les mesures prises pour les traiter. En réponse à la demande du Comité énoncée dans ses décisions 34 COM 8B.9 et 35 COM 7B.18, l’État partie a également fourni des exemplaires du cadre de gestion du bien en série, ainsi que les plans de gestion de chacun de ses trois éléments constitutifs : le Parc national d’Horton Plains (HPNP), L’Aire protégée de Peak Wilderness (PWPA), et la Forêt de conservation des Knuckles (KCF).

a) Cadre de gestion, incluant un cadre de gestion et de suivi du tourisme

L’État partie indique qu’un cadre de gestion d’ensemble pour le bien en série et trois différents plans de gestion pour ses éléments constitutifs ont été établis en collaboration avec les principales parties prenantes. Les différents plans de gestion présentent un ensemble de prescriptions pour chacun des objectifs de gestion, y compris pour l’écotourisme. C’est le grand nombre annuel de visiteurs du bien, en particulier dans le HPNP et la PWPA, qui est jugé être la cause des principaux problèmes environnementaux de ces différentes parties du bien : entre autres l’enlèvement des déchets, la pollution et la perturbation due à la circulation. L’État partie signale que de nouveaux plans de gestion des visiteurs sont en préparation pour chacun des éléments du bien et qu’ils sont établis à partir des prescriptions des différents plans de gestion. L’État partie mentionne aussi qu’un comité constitué de membres gouvernementaux et non gouvernementaux prépare chaque année un plan d’action pour empêcher et atténuer l’impact environnemental de la saison du pèlerinage dans la PWPA.

Le cadre de gestion d’ensemble du bien en série prévoit des dispositions de coordination entre les deux institutions gouvernementales chargées de la gestion du bien (le Département des Forêts et le Département de la protection de la faune sauvage), ainsi qu’une participation active des parties prenantes. Pour ce qui est de l’engagement de la communauté, condition essentielle de la démarche de gestion demandée par le Comité à sa 34e session (Brasilia, 2010), l’État partie fournit des détails sur la coopération entre le Département des Forêts et 32 organisations communautaires locales opérant dans des villages de la zone tampon de la KCF, et sur la mise en œuvre de programmes de foresterie communautaire et de sensibilisation dans le périmètre de la PWPA.

L’UICN a reçu des rapports signalant qu’une insuffisance d’effectifs et de financement freinaient la bonne mise en œuvre des nouveaux plans de gestion.

b) Limites et zones tampons

L’État partie indique que le statut des zones tampons est différent pour chacun des trois éléments du bien. Il explique que chaque parc national, y compris le HPNP, possède une zone tampon juridiquement définie d’une largeur de 1,6 km à l’intérieur de laquelle les activités de développement sont réglementées selon les dispositions de l’ordonnance sur la protection de la flore et de la faune. Dans le cas de la PWPA, la zone tampon est protégée par la loi sur la préservation des sols et elle s’étend partiellement sur des plantations de thé et des réserves forestières. La zone tampon de la KCF est protégée dans sa totalité par la loi sur la préservation des sols et partiellement par la loi nationale sur l’environnement. L’État partie fournit des cartes des zones tampons des trois éléments constitutifs du bien, incluses dans les plans de gestion respectifs.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent que dans son évaluation du bien, l’UICN avait constaté la nécessité d’une meilleure démarcation de l’ensemble de la limite des trois éléments constitutifs du bien. L’État partie ne donne aucun détail sur l’avancement réalisé à cet égard mais l’UICN a reçu des rapports mentionnant que les limites sont bien définies pour le HPNP et la KCF, mais que la démarcation de la PWPA est insuffisante et constitue un obstacle pour la protection et la conservation. Des rapports reçus par l’UICN indiquent que malgré le fait que tous les éléments du bien comportent des zones tampons, l’application de la loi n’est pas totalement efficace pour stopper certaines activités illégales dans ces zones – notamment le braconnage, l’exploitation forestière illégale à petite échelle, et le défrichage. Ils considèrent qu’une démarcation claire des limites permettant d’identifier les terrains privés à l’intérieur des limites serait une avancée importante pour stopper l’expansion illégale de ces terres et le développement du défrichage.

c) Autres problèmes de conservation – espèces envahissantes, dépérissement des forêts, exploitation minière illégale de pierres précieuses, culture de la cardamome et aménagement d’infrastructures

L’État partie fournit des informations sur la situation actuelle des menaces recensées lors de l’inscription du bien, ainsi que sur les nouvelles menaces identifiées depuis, notant que ces menaces sont traitées dans les nouveaux plans de gestion et qu’elles seront contrôlées au cours des cinq ans à venir.

L’État partie indique qu’un certain nombre d’espèces végétales et animales envahissantes ont été identifiées dans le périmètre du bien, ce qui risque d’avoir un impact sérieux sur sa valeur universelle exceptionnelle. L’État partie cite neuf espèces végétales envahissantes, l’Ulex europaeus (dans le HPNP) et le Lantana camara (dans la KCF) étant notamment jugées comme les plus préoccupantes. L’éradication de l’Ulex europaeus a été menée à bien sur 22 des 30 hectares du HPNP recensés pour défrichage. La suppression des espèces envahissantes dans la KCF est en cours ; elle est prévue sur 80 hectares en 2012, et devrait continuer jusqu’au défrichage de toutes les zones atteintes.

L’État partie signale que le phénomène de dépérissement des forêts, observé pour la première fois dans le HPNP en 1946, semble être causé par un champignon ; 22 espèces végétales seraient affectées. Différents facteurs ont été identifiés comme contribuant à la vulnérabilité des végétaux aux attaques de champignons, notamment la pénurie d’eau et les vents violents. On n’a pas encore trouvé de solution au problème et il faut continuer les recherches.

L’État partie indique que le Département des Forêts et le Département de la Préservation de la faune sauvage ont adopté des mesures strictes contre l’exploitation minière illégale de pierres précieuses signalée dans certaines parties de la PWPA, et que cette activité illégale est maintenant efficacement contrôlée.

L’État partie signale également que 400 hectares de la KCF ont été concernés par la culture illégale de la cardamome sous le couvert forestier. La culture légale de la cardamome était pratiquée dans la région depuis les années soixante, mais depuis le classement de cette zone en Forêt de conservation en 2000, les cultivateurs résidents ont été déplacés et aucune nouvelle culture n’a été pratiquée. La culture illégale actuelle de la cardamome se limite à l’entretien des cultures abandonnées. Des poursuites judiciaires ont été lancées contre 57 personnes, dont 11 ont été expulsées du bien sur ordre du tribunal en 2011. Les procès contre les 46 autres personnes sont en cours. L’État partie indique que des responsables de l’application de la loi sont postés en permanence dans la région pour empêcher l’entretien des cultures abandonnées, et qu’on laisse les terres se régénérer naturellement.

L’État partie déclare que les récents articles des médias sur des constructions hôtelières et sur l’installation de mini-centrales hydroélectriques dans la KCF sont inexacts. Il rappelle n’existe qu’une seule mini-centrale hydroélectrique à seulement 1,5 km à l’extérieur des limites de la KCF, mais que cette centrale n’a pas d’incidence sur le bien car la source de l’eau se trouve hors des limites et l’eau ne coule pas à l’intérieur du bien après la production d’électricité. Il ajoute qu’un paiement pour la fourniture de services environnementaux liés à un vaste projet d’irrigation en aval contribue à couvrir les frais de gestion.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent qu’il convient de renforcer les mesures de lutte contre les espèces envahissantes pour traiter effacement ce problème. Ces rapports montrent aussi que le changement climatique pourrait aussi être un facteur du dépérissement des forêts. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent que le Comité note avec satisfaction l’avancement signalé dans l’établissement d’un cadre de gestion d’ensemble pour le bien en série, et qu’il demande à l’État partie d’accélérer la mise en place d’un cadre de gestion et de suivi de l’écotourisme pour traiter efficacement l’impact environnemental du grand nombre de visiteurs, y compris des pèlerins, que le bien accueille chaque année. Ils recommandent également que le Comité invite l’État partie à accélérer la démarcation des limites du bien, et à mieux faire appliquer la loi et à traiter les activités illégales dans les zones tampons du bien, notamment concernant le braconnage, les coupes illégales de bois et le défrichage ; et qu’il demande également instamment à l’État partie de garantir la mise en place d’effectifs et de financements suffisants pour assurer l’efficacité de la mise en œuvre des plans de gestion.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que le Comité devrait constater avec satisfaction les efforts déployés pour traiter les menaces identifiées lors de l’inscription du bien, mais qu’il devrait également noter que le nouveau cadre de gestion du bien et les plans de gestion de ses éléments constitutifs comprennent des dispositions pour traiter plus complètement ces menaces. Ils considèrent que le suivi planifié des menaces devrait inclure une évaluation régulière de l’efficacité des dispositions de gestion pour garantir un bon contrôle des menaces actuelles et à venir. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.16

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.18, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Note avec satisfaction l’avancement réalisé dans l’établissement d’un cadre de gestion d’ensemble pour le bien en série, conformément aux Orientations, ainsi que de plans de gestion pour chacun des éléments constitutifs du bien ;

4.   Prie instamment l’État partie d’accélérer la mise en place d’un cadre efficace de gestion et de suivi du tourisme, et demande à l’État partie de fournir trois exemplaires imprimés et électroniques des plans de gestion du tourisme pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, dès leur finalisation ;

5.   Prie également instamment l’État partie de garantir la mise en place d’effectifs et de financements suffisants pour assurer l’efficacité de la mise en œuvre des nouveaux plans de gestion, et d’accélérer la démarcation sur place des limite du bien ;

6.   Encourage l’État partie à inclure, dans le cadre du suivi régulier et planifié des menaces, une évaluation régulière de l’efficacité des dispositions de gestion, pour garantir un bon contrôle des menaces actuelles et à venir ;

7.   Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport sur l’état de conservation du bien, incluant un rapport sur la situation actuelle des menaces sur le bien et ses zones tampons.