Un bref rapport actualisant l’état de conservation du bien a été reçu de l’État partie le 1er février 2012. Ce rapport répond aux questions soulevées par le Comité dans la décision 34 COM 7B.16.
a) Aménagement d’un centre de villégiature dans la zone centrale
L’État partie reconfirme sa précédente déclaration sur l’arrêt de la construction d’un sentier pédestre entre Thame et Kongde et sur le fait qu’aucun touriste n’utilise ce sentier. L’État partie mentionne en outre que la question du complexe touristique du Kongde View Resort n’a pas encore fait l’objet d’une décision de la Cour Suprême du Népal et que le Comité sera rapidement informé dès que la cour aura rendu son verdict.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN souhaitent souligner la longueur de la procédure judiciaire concernant le Kongde View Resort, et qui plus est, le fait que ce centre de villégiature fonctionnerait depuis 2007 sans qu’il y ait eu de décision juridique depuis cette date. L’UICN rappelle que l’État partie a précédemment déclaré que le Plan de gestion et de tourisme du Parc national de Sagarmatha (SNP) pour 2007-2012 classe la région de Kongde en zone de protection spéciale car elle constitue l’habitat unique et le plus approprié du cerf porte-musc à l’intérieur du SNP, ce qui fait d’autant plus craindre l’impact potentiel de ce complexe touristique sur une zone très importante pour la protection de la nature.
b) Renforcement de la planification de la gestion et du tourisme
L’État partie indique que le tourisme est géré selon le plan de gestion et de tourisme du SNP et en collaboration avec les communautés locales et les parties prenantes. Par ailleurs, sans donner de précisions chiffrées, il mentionne plusieurs initiatives de formation et de renforcement des capacités, ainsi qu’une notable augmentation des budgets annuels du parc. L’État partie conclut que l’on n’a observé aucun impact négatif important dû au tourisme.
L’État partie mentionne également des plans de révision du plan de gestion et de tourisme du SNP pour la période 2013-2017. Conformément à la décision 34COM 7B.16 du Comité, l’État partie demande une assistance technique internationale pour passer en revue la gestion d’un ensemble de questions touristiques, dont l’établissement de la capacité d’accueil du bien et ses niveaux d’aménagements touristiques adaptés.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent de précédents rapports sur l’état de conservation du bien ainsi que la précédente mission de l’UICN (2002) et les informations de parties prenantes locales signalant d’importants impacts du tourisme. L’UICN a reçu des rapports qui laissent entendre que la gestion des déchets solides liée au tourisme reste très préoccupante. La publicité faite autour d’initiatives de ramassage des ordures par des groupes d’alpinistes et du nettoyage des sentiers les plus utilisées peut donner une fausse impression et masquer les problèmes sous-jacents de déchets dans d’autres zones moins visitées.
Ces rapports permettent de penser que les impacts du tourisme restent une importante menace pour les valeurs du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent donc avec satisfaction l’engagement de rechercher une assistance internationale et sont prêts à travailler avec le Département népalais des Parcs nationaux et de la Protection de la faune pour mettre en place un soutien constructif.
c) Désignation d’une zone tampon pour le bien du patrimoine mondial
L’État partie confirme brièvement son intention de soumettre une documentation sur l’inclusion de l’actuelle zone tampon du Parc national de Sagarmatha pour classement, et indique que ce processus est en cours. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont prêts à fournir des conseils pour aider l’État partie à étudier ce projet, et à choisir les moyens les plus adaptés pour le proposer. Ils font remarquer que le projet de création d’une zone tampon est généralement étudié en suivant le processus de modification mineure des limites. Ils recommandent que la proposition mentionne clairement la manière dont sera gérée la zone tampon pour renforcer la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien.
d) Autres questions importantes de conservation
L’État partie mentionne un ensemble d’initiatives positives concernant la gestion d’espèces menacées, l’utilisation durable de ressources naturelles, la lutte contre la pollution, des programmes de production d’énergie de substitution, et la lutte contre le braconnage de la faune sauvage. Ces activités incluent une collaboration avec l’armée népalaise et des programmes de sensibilisation avec des porteurs locaux pour lutter contre les effets du braconnage et les menaces qui pèsent sur la faune et la flore. Par ailleurs, l’État partie fait remarquer que la collecte de produits forestiers autres que le bois d’œuvre ne constitue pas un grave problème car la plupart des habitants tirent leurs revenus du tourisme. Le rapport signale la mise en œuvre de différents programmes de production d’énergie de substitution dans la zone tampon pour réduire la pression sur la collecte de bois. Enfin, le rapport évoque un ensemble d’activités de lutte contre la pollution, en collaboration avec le Comité de lutte contre la pollution de Sagarmatha, mais il ne fournit pas de détails à cet égard.
Les initiatives mentionnées sont accueillies par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN comme des contributions positives contre les menaces qui compromettent les valeurs du bien. Toutefois, l’absence de détails du rapport de l’État partie ne permet pas d’évaluer toute l’efficacité de ces mesures. Qui plus est, un précédent suivi de l’état de conservation a souligné un ensemble d’autres problèmes – notamment la menace de débâcles glaciaires brutales, d’impacts sociaux sur les communautés de Sherpas et autres groupes ethniques, d’exploitation illégale de carrières locales pour la construction, et de survols d’aéronefs avec la gestion que cela entraîne – qui ne sont absolument pas abordés dans le rapport soumis par l’État partie.