1.         Bam et son paysage culturel (Iran (République islamique d')) (C 1208bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (ii)(iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2004-2013

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page (http://whc.unesco.org/fr/decisions/1288)

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/1288

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1208/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2004)
Montant total approuvé : 50 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1208/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 568 000 dollars EU (2004-2007) provenant du fonds-en-dépôt UNESCO-Japon ; 136,985 dollars EU (2005-2010) provenant du fonds-en-dépôt UNESCO-Italie ; 20 000 dollars EU (2004) provenant du fonds-en-dépôt italien de la Banque mondiale. 50,000 dollars (2004) Aide d’urgence du fonds du patrimoine mondial. 

Missions de suivi antérieures

Depuis janvier 2004 : plusieurs missions UNESCO ; octobre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence d’un plan de gestion globale ;

b) Les limites du bien inscrit dans des conditions d’urgence ne correspondaient pas au texte écrit du dossier original de proposition d’inscription ;

c) Pressions du développement liées au processus de reconstruction à la suite du désastre.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1208/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie le 30 janvier 2012. Du 16 au 22 octobre 2011, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS a été menée, comme le demandait le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010). Le rapport de mission est disponible à l’adresse suivante :

http://whc.unesco.org/fr/list/1208/documents

a) Conservation de l'Arg-e-Bam et d'autres éléments patrimoniaux culturels à l'intérieur du bien ;

L’État partie rapporte que, pour la conservation des principaux ensembles et monuments de la citadelle, des plans de conservation et de restauration ont été préparés pour l’écurie, la maison de Mir-Akbar, la tour ouest et la seconde porte, la résidence du gouverneur, la résidence du commandeur, l’école Mirza Naeim, la porte principale, la seconde porte et la grande tour du mur est de la seconde porte. Les projets visaient à traiter les besoins de conservation tels qu’ils avaient été identifiés dans le plan de gestion et à faciliter l’accès des visiteurs. Des plans supplémentaires ont été préparés pour des monuments faisant partie du paysage culturel, notamment Kushk-e Rahim Abad, Chartaghi, Ghal`e dokhtar, les fortifications de Shahrbast, l’ensemble Gheysariyeh et la maison Ameri. Malgré les progrès accomplis concernant les interventions, l’État partie note que des restes de débris continuent de menacer plusieurs secteurs. La récupération des Qanats représente également un défi en matière de conservation. Le rapport comprend un plan de travail pour les interventions prévues en 2012.

La mission de suivi d’octobre 2011 a noté que les efforts de conservation et de restauration progressent bien mais qu’il reste d’importants travaux à réaliser étant donné que 11 des 15 éléments identifiés nécessitent toujours des travaux de restauration partiels ou complets. De plus, les données archéologiques et architecturales ne sont pas encore finalisées pour chacun de ces éléments, alors qu’elles sont essentielles pour la définition des plans de conservation. La mission a également mis en évidence que la communication entre les différentes équipes spécialisées et l’approche méthodologique pourrait être améliorées afin d’optimiser les liens entre les résultats obtenus par chaque équipe spécialisée. Des directives en matière de conservation, rédigées en farsi et en anglais, bénéficieraient aussi à la mise en œuvre systématique des mesures.

Concernant les interventions, la mission a évalué les conditions d’authenticité et d’intégrité. Elle exprime son inquiétude concernant plusieurs facteurs, notamment l’utilisation d’un ouvrage de confortement de structure en acier et béton sur la tour du Siège du gouverneur et sur la tour 46. Elle souligne aussi que certaines des interventions sur les murs ont favorisé une restauration stylistique suivant des interventions datant d’avant le tremblement de terre et non pas pour une restauration des murs tels qu’ils étaient à l’origine. L’identification du tissu historique et des nouvelles interventions devrait également être abordée. La mission a également noté un manque d’unité dans certains des éléments de la citadelle, car différentes approches de conservation ont été utilisées dans les différents secteurs, selon les institutions impliquées. Il conviendrait de coordonner les différentes interventions et d’obtenir une approche équilibrée de la conservation du site. La mission note aussi que des reconstructions plus importantes ont été réalisées depuis 2009, risquant de compromettre les conditions d’intégrité et d’authenticité. Une attention particulière doit être accordée au respect des directives et des normes existantes en matière de conservation.

La mission d’octobre 2011 a observé l’existence d’installations informelles et d’une station d’essence à proximité de Chahar Taqi, à l’intérieur des limites du bien. Des missions antérieures de l’UNESCO avaient également formulé des recommandations concernant la suppression de ces installations illégales ainsi que de la station d’essence. Actuellement, le Gouverneur de Bam attend une décision de justice afin de supprimer la station d’essence.

b) Achèvement des études scientifiques nécessaires à la reconnaissance, l’enregistrement et la protection légale des biens d’une importance historique, culturelle et naturelle dans la zone du paysage culturel, ainsi que le marquage des limites de protection autour de chaque bien compris dans la zone ;

L’État partie mentionne plusieurs activités de recherche en cours. Celles-ci comprennent des recherches portant sur les anciens systèmes d’adduction d’eau, l’urbanisation, le réseau des chemins et les zones résidentielles de la Citadelle et du secteur de Konari. Ces recherches ont permis d’améliorer la compréhension des différentes périodes historiques. En plus des fouilles archéologiques, plusieurs études archéogéophysiques ont été menées pour identifier les limites de sites potentiels. Des découvertes ont été enregistrées dans la base de données existante. Des recherches ont aussi été menées sur l’établissement d’une typologie des éléments architecturaux et des ouvrages en brique. Quant au marquage des limites du bien, des travaux ont été réalisés à ce sujet, bien que les travaux d’installation d’une signalisation informant des restrictions légales soit toujours en suspens.

La mission rapporte que les cartes géomorphologiques et archéologiques sont complètement achevées pour la Citadelle mais pas pour le paysage culturel environnant. Concernant les limites, 13 des 15 éléments ont été visités et comportaient des poteaux indiquant les limites.

c) Mise en œuvre du plan de gestion

L’État partie indique que différentes réunions se sont tenues au sujet des opportunités et des défis relatifs à la conservation de Bam et de son paysage culturel. Ces réunions ont été l’occasion d’impliquer différentes parties prenantes et de faciliter les efforts de conservation et de gestion ainsi que la collecte de fonds. Les participants aux réunions étaient d’une part des représentants de différentes agences gouvernementales au niveau national et local et d’autre part des acteurs sociaux. L’État partie rapporte aussi que les travaux de préparation du plan de tourisme de l’Arg-e Bam et les itinéraires touristiques sillonnant la totalité du paysage culturel sont en cours. Le rapport note aussi que des travaux de préparation ont été réalisés pour la mise en place d’un système d’information sur Bam et son paysage culturel et pour le suivi de la zone tampon. Des installations ont été mises en place dans les secteurs restaurés pour héberger les différents bureaux de conservation et de gestion du bien, y compris un centre de recherche, un laboratoire, des zones de stockage, etc. Le renforcement des capacités, à différents niveaux, s’est poursuivi en collaboration avec des universités et d’autres centres d’enseignement supérieur.

La mission rapporte que le plan de gestion adopté a été communiqué à toutes les parties prenantes. Elle a analysé le processus de mise en œuvre et en a conclu que bien que des progrès aient été accomplis, un plan d’action pour mettre en œuvre les dispositions permettrait cependant d’améliorer le système de gestion et les mécanismes de prise de décisions actuels. Elle note aussi qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures réglementaires plus strictes pour contrôler la construction dans la zone tampon.

d) Clarification et définition des limites extérieures des zones patrimoniales entourant le bien

Des efforts soutenus ont permis de préparer différentes cartes pour mieux comprendre les éléments patrimoniaux qui composent Bam et son paysage culturel. 150 sites ont été localisés à ce jour et les travaux devraient se poursuivre. En plus des cartes, des mesures photogrammétriques et des photographies aériennes ont été produites. Le suivi sur le bien et dans la zone tampon permettent de repérer des constructions et des activités illégales.

La mission a reçu une carte topographique finalisée de la Citadelle et a vérifié que les limites extérieures du bien étaient clairement définies. Toutefois, il est noté que les cartes topographiques du paysage sont toujours en suspens.

e) Sécurité appropriée des zones patrimoniales à l’intérieur du bien du patrimoine mondial en plus de l’Arg-e Bam

La mission rapporte que les mesures prises pour sauvegarder le bien prévoient l’établissement d’une Unité de sécurité, opérationnelle depuis 2007, avec 11 gardes permanents équipés de véhicules. Toutefois, en raison du nombre limité de gardes, les efforts de sécurité se concentrent sur la Citadelle. La police municipale protège les 13 autres éléments compris dans le paysage. L’équipe de la mission a observé que certains éléments ne disposent pas d’une protection systématique de la police ni d’un éclairage nocturne de sécurité minimum.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont d’avis que l’État partie à fourni des efforts considérables et soutenus en faveur de la mise en œuvre des mesures correctives identifiées.

Toutefois, malgré les progrès accomplis, l’état souhaité de conservation n’a pas été atteint. Ils constatent que, faute de traitement rapide, le problème des installations informelles à l’intérieur du bien demeure une contrainte de gestion. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent au Comité du patrimoine mondial de demander à l’État partie de mettre en place certaines mesures réglementaires afin de restreindre l’empiètement des installations illégales à l’intérieur du bien. Ils demandent aussi que des activités de sensibilisation de la population locale soient entreprises afin d’améliorer leur compréhension de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Ils recommandent de plus que le Comité du patrimoine mondial conserve le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin de permettre à l’État partie de mettre intégralement en œuvre les mesures identifiées. 

Décision adoptée: 36 COM 7A.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7A,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7A.25, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Salue des progrès réalisés par l’État partie dans la mise en œuvre des mesures correctives et appelle la communauté internationale à continuer de soutenir ces efforts ;

4.   Prend note des résultats de la mission conjointe réactive Centre du patrimoine mondial/ICOMOS d’octobre 2011 ;

5.   Demande à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission, en particulier :

a)  appliquer systématiquement le suivi et les mesures de sécurité et faire appliquer les dispositions réglementaires dans les différentes parties composant le bien afin d’éviter l’empiètement et les constructions illégales,

b)  achever le plan de gestion en définissant les ressources existantes, en attribuant les tâches et en définissant le calendrier pour sa mise en œuvre efficace,

c)  trouver les ressources financières et humaines et assurer leur continuité pour la mise en œuvre efficace et suivie du plan de gestion,

d)  développer des orientations pour la stabilisation physique des structures, ainsi que des critères pour les interventions de conservation et un manuel pour l’entretien des structures en terre afin de garantir la pérennité des conditions d’intégrité et d’authenticité et de promouvoir une unité des approches de la conservation,

e)  finaliser la stratégie de l’utilisation publique, y compris le développement potentiel d’infrastructures et d’itinéraires de visites et leur soumission au Centre du patrimoine mondial,

f)   envisager le développement d’une proposition pour l’établissement d’un centre de recherche en formation afin de renforcer les capacités et les efforts en matière de recherches scientifiques,

g)  entreprendre des activités de sensibilisation afin d’améliorer la compréhension de la valeur universelle exceptionnelle du bien auprès de la population locale ;

6.   Demande aussi à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en application de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013 ;

7.   Décide de maintenir Bam et son paysage culturel (République islamique d’Iran) sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Décision adoptée: 36 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Faisant suite à l’examen des rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-12/36.COM/7A et WHC-12/36.COM/7A.Add),

2.    Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

Décision adoptée: 36 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/8E,

2.    Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.    Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-12/36.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.    Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.    Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :