1.         Le Taj Mahal (Inde) (C 252)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (i)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/252/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-1994)
Montant total approuvé : 35 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/252/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pression urbaine, pression du tourisme ; manque de communication et de coordination entre les institutions responsables de la conservation, de la gestion et du développement des biens. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/252/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Le Comité du patrimoine mondial, à sa 27e session en juillet 2003, a demandé au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS d’entreprendre une mission conjointe de suivi réactif pour organiser des consultations avec l’Etat partie sur l’état de conservation de ces biens du patrimoine mondial. A l’invitation du Gouvernement indien, la mission a été envoyée du 10 au 15 janvier 2004 sur les sites du patrimoine mondial du Taj Mahal, du Fort d’Agra et de Fatehpur Sikri. Elle a examiné le « Projet de corridor du Taj » avec les autorités indiennes, a évalué son impact négatif potentiel sur le bien du patrimoine mondial et a défini les besoins urgents en matière de conservation et de gestion.

 

(a) Le « Projet de corridor Taj »

La mission de suivi réactif a été envoyée pour examiner le « Projet de corridor Taj ». Toutefois, on ne peut pas en faire une description détaillée car les membres de la mission n’ont jamais reçu les plans ni les détails de ce projet de développement. La plupart des informations ont été données verbalement ou par les médias. S’il était mis à exécution, ce projet manifestement très ambitieux causerait un sérieux préjudice aux biens du patrimoine mondial que sont le Taj Mahal et le Fort d’Agra.

 

Le projet a de toute évidence été interrompu, ce qui est une décision très courageuse de la part des autorités indiennes concernées qui ont arrêté ce chantier pour lequel des millions de dollars EU avaient déjà été versés. Situé entre le Taj Mahal et le Fort d’Agra, il aurait certainement eu un impact visuel et culturel négatif sur les valeurs patrimoniales de ces monuments érigés devant un cours d’eau qui joue un rôle très important dans la conception de ces sites.

 

Ce qui reste du projet, c’est un perré en grès rouge de la région (d’environ dix mètres de large), qui va jusque dans le lit de la rivière Yamuna. Ce mur a été construit pour créer une promenade qui pourrait être un pôle d’activités commerciales et touristiques. La rive est également pourvue d’un revêtement déclive du même grès rouge. La mission a suggéré d’établir un plan de développement pour l’ensemble de la zone et de la ville. Ce plan éviterait que des expériences analogues à celle du « Projet de corridor du Taj » se renouvellent. Il est aussi important de préciser que la rivière, bien qu’étant très attractive de loin, est extrêmement polluée. Son curage et l’interdiction de s’en servir comme égout devraient devenir une priorité, au moins dans cette partie importante située entre les deux biens du patrimoine mondial.

 

(b) Etat de conservation du Fort d’Agra

La mission a visité des parties du Fort et a observé des aménagements paysagers très impressionnants, exécutés après les fouilles et les recherches.

 

On ignore l’état de conservation de la grande partie du Fort encore occupée par l’armée. La partie réservée jusqu’à ces derniers temps à un usage militaire donne, cependant, des inquiétudes. Des travaux de conservation sont en cours dans cette aile du bâtiment. Sinon, il semble que la plupart des problèmes de conservation sont essentiellement dus à une détérioration progressive et à la pression des visiteurs. Aucun de ces problèmes ne paraît critique et le site donne l’impression d’être bien géré. Malgré l’effort considérable consacré à l’aménagement des jardins, il est cependant recommandé de développer l’entretien régulier et la conservation (surtout des plâtres).

 

(c) Plans et état de conservation du Taj Mahal

Il est normal de voir qu’un site aussi important et visité soit conservé et entretenu en permanence. Le travail réalisé est très impressionnant et l’utilisation des ressources traditionnelles est de haute qualité. De nouveaux plans ont été présentés pour améliorer la gestion des visiteurs, l’idée étant d’attirer le public vers des zones autres que le seul axe principal. Le but est d’éviter de surcharger cet axe, de montrer d’autres parties de l’ensemble monumental, de prolonger la durée de la visite et de proposer de meilleurs services et informations au public en ouvrant deux centres d’accueil identiques dans deux cours latérales. Cela nécessitera de percer deux portes dans un mur d’origine, ce qui ne compromet en rien les aspects culturels et visuels du bien.

 

Il y a un contraste frappant entre la beauté extraordinaire de l’intérieur de l’ensemble et ses abords immédiats. Ce n’est pas simplement une question de financement mais aussi de planification et de gestion. La mission a recommandé que les autorités indiennes nettoient et aménagent le pourtour du site, sur une distance bien définie, comme le mérite un monument aussi important.

 

(d) Fatehpur Sikri

La pierre employée pour construire ce site merveilleux souffre d’un certain degré d’altération naturelle, surtout due à l’érosion. Ce phénomène est beaucoup plus prononcé là où l’eau entre en contact avec la pierre avant de s’évaporer. Les marques d’érosion sont particulièrement accentuées sur certains plafonds en pierre. Il est recommandé de suivre leur évolution et d’améliorer autant que possible l’isolation, l’étanchéité des toitures, ainsi que le drainage. Les plans de la nouvelle entrée et du centre commercial ont été présentés. L’emplacement semble convenir et permettra de déplacer les activités commerciales implantées dans le voisinage immédiat du site (surtout de la mosquée). Il est recommandé de rendre plus explicite la signalétique du site. La zone la plus visitée est clairement signalée et décrite dans les guides et sur les plans, mais il serait utile de donner davantage de renseignements sur l’ensemble du site.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.58

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Prend note des conclusions et des recommandations de la mission de suivi réactif UNESCO-ICOMOS concernant les biens du patrimoine mondial du Taj Mahal, du Fort d’Agra et de Fatehpur Sikri ;
  2. Félicite les autorités indiennes d’avoir arrêté le « Projet de corridor du Taj» ;
  3. Souligne l’importance de renforcer le mécanisme de gestion et de planification du développement régional en relation avec la protection des biens du patrimoine mondial dans le district d’Agra ;
  4. Demande à l’Etat partie de :
    1. créer un organe pour coordonner et traiter tous les problèmes de conservation et d’aménagement des trois biens du patrimoine mondial du district d’Agra en faisant participer tous les acteurs,
    2. évaluer et, si possible, redéfinir les limites de protection du bien du patrimoine mondial et les orientations devant guider la gestion du Taj Mahal et du Fort d’Agra. Il faudrait tenir compte des travaux de recherche récents qui montrent que la conception originale du Taj comprend le Mehtab Bagh et les autres biens culturels transférés sur l’autre rive de la Yamuna. Ils forment une partie essentielle de l’ensemble de la zone et exigent donc une protection intégrée,
    3. intégrer le Taj Mahal et le Fort d’Agra en une seule zone protégée du patrimoine mondial pour assurer une meilleure gestion du bien, en y incluant éventuellement Fatehpur Sikri à condition d’adopter un plus vaste schéma d’aménagement régional,
    4. élaborer un plan de gestion d’ensemble du site, avec un plan de gestion spécifique des visiteurs, basé sur un plan régional de conservation et d’aménagement des biens du patrimoine mondial, et assurer sa mise en oeuvre,
    5. améliorer l’interprétation et la gestion des visiteurs sur les biens du patrimoine mondial,
    6. établir des mécanismes de suivi sur place à l’aide de moyens traditionnels et de nouvelles technologies, évaluer l’impact du développement urbain sur les valeurs patrimoniales des biens et de leurs abords de manière à intégrer la protection du paysage urbain dans le mécanisme de protection globale du patrimoine,
  5. Demande également à l’Etat partie, comme première mesure, d’organiser un Atelier national sur l’élaboration de plans de gestion de site pour la préparation d’une ou de plusieurs extensions du patrimoine mondial et la révision du périmètre de protection et des zones tampons ;
  6. Demande au Centre du patrimoine mondial, aux Organisations consultatives et à d’autres partenaires internationaux de soutenir et de renforcer les activités de coopération avec les autorités nationales et locales compétentes en octroyant une aide appropriée;
  7. Demande à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2005 un rapport sur l’avancement de la mise en oeuvre des recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité à sa 29e session en 2005.