1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial, le site n’a jamais fait l’objet d’un rapport sur son état de conservation. En mars 2003, le Centre a envoyé une mission à Cyrène pour en évaluer l’état de conservation et identifer d’éventuelles mesures correctives. Les conclusions et les recommandations de la mission qui ont été discutées avec l’Etat partie figurent dans un rapport détaillé dont les points principaux sont résumés ci-dessous.

 

Le périmètre exact de ce bien du patrimoine mondial est confus en raison de l’absence de carte fiable et de la géomorphologie complexe du site. Toutefois, il semblerait que la zone actuellement protégée se limite aux principaux monuments fouillés (Agora, temple de Zeus, sanctuaire d’Apollon) et ne comprend pas les grandes nécropoles (plus de 1 500 tombes) qui les entourent. Selon les autorités libyennes, cinquante personnes travaillent sur le site, dont sept techniciens qui sont tous employés par le Département des Antiquités. Cependant, du fait de l’insuffisance des ressources et des capacités, le site n’a pas un bon système de gestion, avec des services de documentation, de maintenance et de suivi adéquats.

 

Cyrène est menacée par un certain nombre de facteurs humains et naturels. Parmi ces derniers, il faut mentionner l’extrême dureté du climat, avec un temps froid en hiver et des pluies de novembre à fin mars. L’eau de pluie qui s’infiltre dans les structures ou stagne sur le sol, ainsi que les variations de température et l’humidité, provoquent d’importantes dégradations. La situation est aggravée par le développement anarchique des plantes (arbustes, cactus) et des arbres (figuiers, palmiers, etc.) et la prolifération de micro-organismes, surtout des lichens qui recouvrent progressivement la surface des murs et des sols en mosaïque encore existants.

 

Parmi les facteurs humains, un problème particulièrement important est dû à la pression du développement de la ville voisine de Shahat qui, ces dernières années, s’est considérablement étendue, empiétant en partie sur la nécropole occidentale. Cela a causé la perte de vestiges remarquables de l’architecture funéraire de Cyrène. Une Commission municipale, accompagnée d’un représentant du Département des Antiquités, a réussi à réorienter l’expansion de la ville et à éviter pour le moment une perte de patrimoine plus importante, mais l’absence d’un bon outil d’aménagement basé sur une carte crédible du site compromet manifestement ces efforts. En outre, plusieurs autres modes d’occupation des sols incompatibles mettent en péril l’intégrité du bien, y compris les plantations d’arbres et le pâturage des animaux. Les autres facteurs humains préjudiciables pour le bien sont le vandalisme et le pillage. La dimension même, qui est difficile à contrôler, et le grand nombre de tombes non fouillées ont facilité ces derniers temps le développement d’une industrie de contrebande que le Département des Antiquités, avec les moyens dont il dispose, ne peut pas vraiment empêcher.

 

Cette situation est aggravée par le lancement de nouvelles fouilles (surtout par des missions archéologiques étrangères) à la périphérie du site. D’autres missions scientifiques étrangères se sont concentrées sur la restauration d’édifices remarquables, comme le temple de Zeus, ou sur l’étude et la conservation de statues classiques exceptionnelles du site, qui sont protégées et exposées dans un entrepôt. Ce local n’était malheureusement pas ouvert au public en mars 2003. La mission a eu l’impression qu’en dépit de la valeur scientifique incontestée (excepté certaines méthodes de conservation inappropriés, comme l’emploi de ciment dans le temple de Zeus) des travaux de ces missions étrangères, les autorités libyennes devraient réévaluer leur domaine d’intervention au regard des véritables priorités pour la conservation du site, à savoir la préparation d’une cartographie, l’élaboration d’un programme d’entretien permanent et à long terme et la formation du personnel local en matière de conservation et de suivi.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.49

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Prie instamment l’Etat partie de redéfinir, dans un délai de deux ans, les limites exactes du bien du patrimoine mondial, ainsi que les zones tampons nécessaires, en se basant sur une carte topographique récente du site à l’échelle appropriée, signalant les témoignages archéologiques, mais aussi l’infrastructure existante et les constructions récentes autour du site ;

2. Demande à l’Etat partie, à l’aide des instruments juridiques et de développement adéquats, notamment un plan de gestion et de coordination des interventions archéologiques sur le site, et en étroite concertation avec les autorités locales compétentes, d’assurer une protection satisfaisante du bien compte tenu des limites nouvellement définies du bien du patrimoine mondial, et d’installer dans la mesure du possible des clôtures le long de ce pourtour et de recruter un personnel suffisant pour en assurer la garde ;

3. Demande en outre à l’Etat partie de mener, si possible en coopération avec les missions scientifiques étrangères travaillant sur place, une étude prioritaire approfondie de l’état de conservation du bien et de trouver des solutions appropriées répondant aux différents types de processus de détérioration, y compris des mesures de conservation préventive comme la construction d’abris temporaires et le ré ensevelissement des vestiges archéologiques exposés ;

4. Encourage l’Etat partie à reconsidérer sa politique en matière de fouilles archéologiques et de grands travaux de restauration sur le site afin de canaliser toutes les ressources disponibles vers le renforcement des capacités du personnel technique du Département des Antiquités, aussi bien en termes de compétence que d’équipement et de moyens financiers nécessaires, pour la documentation, l’entretien régulier et le suivi du site ;

5. Encourage en outre l’Etat partie à soumettre une demande d’Assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial pour aider à mettre en oeuvre les recommandations susmentionnées ;

6. Demande à l’Etat partie de soumettre au Comité du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2006 un rapport sur la mise en oeuvre des recommandations cidessus, pour examen par le Comité à sa 30e session en 2006.