1.         Tyr (Liban) (C 299)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 35 667 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Dans un courrier daté du 3 novembre 2003, l’Etat partie a présenté un rapport sur les progrès réalisés au sujet des recommandations faites par le Comité à sa 27e session. La Direction générale des Antiquités (DGA) du Ministère de la Culture a présenté au Ministère des Transports, pour approbation, une proposition de protection du patrimoine subaquatique autour de Tyr. Cette proposition, préparée en coopération avec le Conseil pour le Développement et la Reconstruction (CDR) et l’équipe du Projet de la Banque mondiale, retient trois zones de protection autour de la côte de Tyr :

 

a)       une zone de protection sous-marine qui formerait une zone tampon pour les deux autres zones et s’étendrait à 500 mètres de la côte ;

 

b)       une zone de protection archéologique au sud qui comprendrait les vestiges archéologiques au sud de la péninsule, identifiés ces deux dernières années grâce au projet commun UNESCO-DGA-CEDRE ;

 

c)       une zone de protection archéologique au nord qui comprendrait tous les vestiges archéologiques identifiés par la DGA en 2001 près du port de Sidon au nord.

 

Lors de la préparation du présent document, le Centre n’avait pas reçu confirmation de l’acceptation ni de l’application de cette proposition par l’ensemble des autorités compétentes.

 

En ce qui concerne la construction illégale d’un Institut de recherche islamique à l’intérieur de la zone archéologique, le Ministère de la Culture a demandé d’arrêter le chantier. Toutefois, en raison des intérêts puissants représentés au niveau local, la Municipalité n’a pu négocier que l’abaissement d’un étage de l’immeuble dont la construction est presque terminée.

 

De plus, le Comité scientifique pour la Campagne internationale de sauvegarde de Tyr a effectué une autre mission sur le site en juillet 2003. Après avoir félicité les autorités nationales d’avoir considérablement amélioré la protection du site, les membres du Comité scientifique ont émis un certain nombre de recommandations concernant : l’urgence de dresser une carte archéologique de l’ensemble du bien, comme outil indispensable pour la protection du site, l’importance de mettre au point des plans d'aménagement détaillés (PAD) de tout le centre historique et une série d’autres points ayant trait à des bâtiments ou à des zones spécifiques de Tyr.

 

Le Comité scientifique a été informé du travail effectué dans la basilique paléochrétienne de Tyr, restaurée grâce à un projet commun World Monument Fund-Fondation Samuel Kress-UNESCO. Le travail a consisté à consolider les structures principales de l’édifice, réenterrer quelques vestiges fragiles qui étaient exposés et préparer une étude sur l’interprétation du monument. Dans le cadre de la Campagne de sauvegarde internationale, il est intéressant de mentionner les travaux de recherche menés sur les inscriptions grecques et latines trouvées à Tyr afin d’en faire l’étude et la publication. Cette activité a également permis de former de jeunes étudiants libanais en archéologie.

 

En janvier 2004, le Centre a reçu des informations d’une ONG faisant état de l’impact négatif de trois nouveaux projets de développement sur le site, à savoir les travaux d’agrandissement du port de Sidon, les dommages causés dans les zones archéologiques potentielles par le projet de construction d’autoroute (qui a été modifié en partie suite aux réticences exprimées par la communauté scientifique), et l’échelle et l’ampleur démesurées de certains plans d’aménagement touristiques à l’intérieur de la Réserve naturelle au sud de la péninsule. Afin d’évaluer la situation sur le terrain et en coordination avec l’Etat partie, l’UNESCO a envoyé une mission sur le site en février 2004.

 

S’agissant des travaux dans le port de Sidon, la mission a constaté qu’ils avaient été arrêtés par la DGA selon les recommandations émises par le Centre du patrimoine mondial en 2002. Le projet de transformation du port commercial en port touristique n’entraînerait aucune nouvelle construction ou modification majeure des structures existantes. Pour ce qui est du tracé de l’autoroute, c’est un problème de longue date qui a fait l’objet de plusieurs discussions entre l’UNESCO et les autorités libanaises, y compris dans le cadre des missions périodiques du Comité scientifique pour la Campagne de sauvegarde internationale de Tyr. L’UNESCO avait recommandé dans le passé de faire attention, en choisissant le tracé de l’autoroute, à éviter tout impact négatif sur les vestiges archéologiques du bien. En conséquence, le projet initial a été révisé et le tracé de l’autoroute a été reporté plus à l’ouest. La DGA a confirmé à la mission de l’UNESCO que les sondages effectués le long du tracé actuel de l’autoroute n’ont révélé aucune structure archéologique significative. Enfin, s’agissant du plan d’aménagement touristique de la Réserve naturelle, le Président du Comité de gestion de la Réserve a expliqué à la mission de l’UNESCO que les interventions proposées étaient limitées, selon la loi en vigueur, à une zone de 1 700 x 220 mètres destinée à l’usage public. Une trentaine de pavillons en bois entièrement réversibles devaient être installés de juin à septembre le long de la plage, ainsi que vingt cabines de bains près d’un parc de stationnement non asphalté. Dix-sept fosses septiques enterrées, toutes reliées entre elles, devaient aussi être mises en place pour assurer l’évacuation et le traitement de tous les déchets organiques. En conclusion, tout en reconnaissant que des dégâts considérables ont été causés au bien dans le passé par un développement incontrôlé et qu’un suivi permanent est indispensable pour assurer la sauvegarde de Tyr, la mission de l’UNESCO a estimé que les derniers aménagements ne donnent aucune raison supplémentaire de s’inquiéter.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.48

Le Comité du patrimoine mondial, 1. Note les informations communiquées par l’Etat partie et le Centre du patrimoine mondial sur l’état de conservation du bien ; 2. Regrette que la construction illégale d’un bâtiment adjacent à la zone archéologique du bien n’ait pu être évitée ; 3. Encourage l’Etat partie à poursuivre ses efforts pour protéger le bien, notamment en créant une réserve archéologique marine, en établissant, dès que possible, des plans détaillés de conservation urbaine intégrant les procédures d’évaluation d’impact environnemental pour toutes les nouvelles constructions, et en finalisant la carte archéologique complète de Tyr ; 4. Encourage en outre l’Etat partie à terminer l’étude entreprise en 2001 sur l’actuel port de Sidon et, dès qu’elle sera prête, à la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour que le Comité puisse l’examiner ; 5. Se déclare favorable à la transformation du port commercial en marina touristique ; 6. Demande à l’Etat partie de maintenir des relations étroites avec le Centre du patrimoine mondial quant au développement des diverses initiatives en cours à Tyr, y compris des interventions dans le cadre du projet de la Banque mondiale ; 7. Invite la communauté internationale à soutenir la Campagne internationale pour la sauvegarde de Tyr.