1.         Médina d’Essaouira (ancienne Mogador) (Maroc) (C 753rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/753/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1998)
Montant total approuvé : 52 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/753/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/753/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

En étroite coopération avec l’Etat partie, le Centre du patrimoine mondial a organisé une mission de suivi réactif du 7 au 17 septembre 2003, coordonnée avec une mission d’experts financée au titre du Fonds en dépôt italien et relative à l’élaboration d’un projet intégré visant la sauvegarde de la Médina d’Essaouira.

 

Les constats de cette mission sont les suivants :

 

Depuis 1996, la Médina d’Essaouira a fait l’objet de nombreuses interventions d’initiatives concentrées sur les études de réhabilitation de quelques monuments remarquables (l’ancien consulat du Danemark, l’ancienne église franciscaine portugaise, la maison de bienfaisance, la synagogue Simon Attias, l’ancien foundouk, l’ancien consulat de France …) et la restauration du bastion Ouest. Des efforts de sensibilisation ont été déployés par l’Etat et la collectivité locale avec l’aide internationale. Ils se sont appuyés pour la sensibilisation de la population sur une structure informelle, l’Agenda 21, qui a également coordonné et piloté plusieurs actions de restauration d’édifices publics tels que les portes monumentales de la Médina, le souk Idid, le musée ethnologique et la partie maritime de la muraille.

 

Malgré ces interventions, l’aspect général de conservation du site paraît préoccupant. L’édification de deux complexes commerciaux devant les deux principales portes d’entrée de la Médina, au pied des remparts, dans la « zone tampon » du site du Patrimoine mondial, porte atteinte aux valeurs paysagères de la Médina. Le cadre bâti se détériore lentement. Le parc de logement est vétuste, dégradé par les vents et la pluie, et surpeuplé par les habitants les plus pauvres de la ville qui ne peuvent pas entretenir les maisons. Les fils téléphoniques, électriques, les antennes de télévision, les enseignes publicitaires portent atteinte au caractère des quartiers.

 

Les constructions dans le secteur nord-ouest, le quartier du Mellah, sont très endommagées, de nombreuses maisons sont en ruine. Le quartier ne dispose pas de services essentiels : éclairage adéquat, pavage, collecte des ordures, entretien des égouts. La moitié de la population n’a pas de branchement à l’eau potable, et 15 % n’a pas d’électricité. Ce quartier, qui abrite environ 6 200 habitants sur 4 hectares est le plus pauvre de la Médina. Face à cette situation, l’Etat a fourni des terrains et une aide financière à 264 familles qui ont été relogées à l’extérieur. Deux autres programmes concernant 200, puis 600 familles sont en préparation, mais aucune action sur le quartier n’est programmée.

 

L’enceinte fortifiée qui cerne la Médina a fait l’objet de travaux de restauration côté terre. Ils concernent la muraille et quelques portes monumentales ou bastions. Ces travaux ont été financés par le budget de l’Etat. Si l’aspect extérieur peut paraître satisfaisant, la réfection du chemin de ronde demande une reprise. La partie maritime du côté Nord, exposée aux intempéries et aux effets de la houle et des marées, est beaucoup plus détériorée. Le comblement des excavations formées en sous-œuvre, la création artificielle d’un ensemble d’écueils de protection en mer, les travaux de restauration de la muraille elle-même et la réfection du parement sont nécessaires.

 

Un schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme pour l’ensemble de l’agglomération et un plan de sauvegarde de la Médina, tout récemment élaboré, sont en cours d’approbation. Toutefois, il ne mentionne ni la « zone protégée » au titre de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, ni la « zone tampon » qui l’accompagne. Le Centre n’a pas été consulté pendant l’élaboration du plan.

 

La mission a constaté le besoin d’une structure spécifique compétente pour la surveillance du site et sa protection. Les services municipaux et les représentations locales des différents ministères concernés (Culture et Habitat) n’ont pas les moyens d’assurer ces tâches.

 

Pour pallier à cette situation, le Centre du patrimoine mondial a identifié un programme général d’interventions portant sur les aménagements urbains indispensables (en particulier la desserte en eau et l’assainissement dont la nécessité a été relevée dans le cadre du programme UNESCO « Développement urbain et ressources en eau : petites et moyennes villes côtières ») et sur les travaux de sauvegarde et de mise en valeur de certains monuments remarquables à l’intérieur de la Médina.

 

Un projet de « sauvegarde et de mise en valeur » a été élaboré par le Centre en novembre 2003 et soumis à l’Etat partie pour commentaire. Il comprend :

 

a)  la réfection des infrastructures défectueuses,

 

b)  la réhabilitation de 4 bâtiments publics remarquables,

 

c)  une vigoureuse opération de réhabilitation du Mellah par la réfection des infrastructures et la création d’un fonds d’encouragement à la réhabilitation du patrimoine privé,

 

d)  la construction d’écueils artificiels en mer pour protéger les remparts,

 

e)  la réfection des remparts eux-mêmes,

 

f)  un certain nombre d’actions d’accompagnement dont la création d’une structure chargée de la sauvegarde de la Médina.

 

Le projet a été provisoirement estimé à 4 850 000 dollars EU. En mars 2004, le Centre du patrimoine mondial l’a transmis pour information à la Banque mondiale, qui prépare actuellement un projet d’intervention sur les villes historiques du Maroc.

 

L’organisation d’un atelier-débat sur la gestion patrimoniale de la Médina d’Essaouira et le contrôle de sa zone tampon est envisagée afin de permettre à tous les acteurs concernés de prendre les mesures efficaces visant la sauvegarde et la mise en valeur du site. Essentiellement destiné aux acteurs locaux, il réunira les principaux intervenants en matière de patrimoine : la Province, la Municipalité, les Délégations de la Culture, de l’Equipement, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Maroc-Télécom, Agenda 21, les principales associations locales, des personnalités originaires d’Essaouira, des représentants des principaux bailleurs de fonds (BIRD, U.E, AFD, Belgique, Italie, Allemagne…) L’atelier a pour objectif d’élaborer une recommandation adressée aux pouvoirs publics concernant la création d’une structure spécifique de protection et de mise en valeur de la Médina.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.45

Le Comité du patrimoine mondial, 1. Invite l’Etat partie à poursuivre les démarches visant à la création d’une structure administrative et technique responsable du site, dans le but de faciliter le maintien de la qualité architecturale et urbaine du site ; 2. Encourage l’Etat partie à entreprendre des démarches auprès de la Banque mondiale pour intégrer le « Projet de sauvegarde et de mise en valeur de la Médina » dans son programme de « revitalisation des centres historiques du Maroc » en cours de préparation ; 3. Demande à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2005, un rapport sur l’ensemble des chantiers en cours dans la zone protégée et la zone tampon, qui mettent en péril l’intégrité du site, pour la considération du Comité à sa 29e session, en 2005.