1.         Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara (République-Unie de Tanzanie) (C 144)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2004-2014

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1983-2001)
Montant total approuvé : 51 083 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Une mission de l’ICOMOS a visité les Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara, en République-Unie de Tanzanie, du 23 au 27 février 2004, à la demande de l’Etat partie, comme l’indique une lettre datée du 21 mai 2003. L’objet de la mission était d’évaluer l’état de conservation du site du patrimoine mondial formé par les Ruines de Kilwa Kisiwani et les Monuments nationaux de Songo Mnara, de faire une étude approfondie des problèmes rencontrés tels que l’érosion des plages et son impact sur le site, d’étudier la possibilité d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de faire les recommandations nécessaires à ce sujet. 

 

Kilwa Kisiwani et Songo Mnara sont des villes historiques swahilies établies sur des îles au large des côtes d’Afrique orientale dans l’actuelle région de Lindi, dans le District de Kilwa, en République-Unie de Tanzanie. Les ruines de Kilwa Kisiwani renferment les vestiges de la grande mosquée construite au XIIe siècle, dont les dalles de corail sont noyées dans l’argile. Il y a aussi les vestiges du palais Husuni Kubwa, érigé environ entre 1310 et 1333, de nombreuses mosquées, la Geraza (prison) bâtie sur les ruines de la forteresse portugaise et, enfin, tout un ensemble urbain de maisons, de places publiques et de cimetières.

 

L’ICOMOS confirme les informations transmises au Bureau en 1999 sur de nombreux points qui réclament l’attention, tels que les dommages causés par l’érosion marine, l’effondrement des monuments par manque d’entretien, le problème du zonage ou l’absence de zone tampon, la pression démographique, la non-participation de la communauté, le manque de clarté des systèmes de gestion qui favorise l’inertie et la vétusté du cadre juridique qui aurait besoin, entre autres, d’être révisé.

 

L’ICOMOS note que la pression démographique pourrait causer des dommages considérables et irréversibles. Il est actuellement proposé de créer une zone tampon de 500 mètres, toutefois la zone en question est déjà peuplée. Il est urgent d’étudier la possibilité de créer une zone tampon ou de promulguer des arrêtés régissant les nouvelles implantations. L’ICOMOS constate en outre que l’état de conservation du bien s’est aggravé à tel point que si l’on ne met pas en place une forme de contrôle, l’ensemble du bien classé risque de devenir une ville vivante et prospère avec des maisons contemporaines.

 

L’érosion qui ronge la plage de Kilwa Kisiwani est très préoccupante, car elle met fortement en péril la Gereza, ainsi que l’ensemble du site. L’ICOMOS note qu’il est urgent de s’occuper de la Gereza en traitant à la fois la menace due à l’érosion et l’effondrement du tissu architectural. Il faut réhabiliter le bâtiment de toute urgence au moyen d’actions de conservation comprenant le renforcement de l’intégrité structurelle, le traitement de toutes les fissures et des parties de la toiture qui s’effondrent ainsi que la conservation urgente des portes.

 

Pour ce qui est de la proposition d’inscription, basée uniquement sur l’archéologie et l’importance historique, l’ICOMOS note que Kilwa Kisiwani a aussi une partie vivante avec une communauté qui a un impact matériel, voire spirituel sur le site, qu’il aurait fallu prendre en considération. Par conséquent, l’ICOMOS souligne l’importance d’une révision du dossier d’inscription original afin d’inclure l’étude des communautés locales du point de vue matériel et immatériel.

 

Le Centre a été informé par le Délégué permanent de la République-Unie de Tanzanie, par la transmission d’un article publié dans The Guardian du 27 octobre 2003, que le Gouvernement français avait annoncé l’octroi d’une subvention de 95.400 euros (110 000 dollars EU) à la Division tanzanienne des Antiquités en faveur des Ruines de Kilwa Kisiwani, site du patrimoine mondial. Cette aide financière vise à améliorer la connaissance historique du site de Kilwa Kisiwani et à renforcer la capacité de la recherche nationale en histoire, archéologie, sociologie, ethnologie et culture grâce à la formation, à l’étude et à l’inventaire des archives existantes. Le site a également bénéficié d’une subvention de 57 032 dollars EU en 2001 versée par le Gouvernement japonais pour construire une jetée permettant aux résidents et aux visiteurs de s’embarquer sans avoir à marcher dans l’eau.

 

Malgré cela, l’Etat partie, et notamment le Département des Antiquités qui est chargé de la conservation et de la protection du site, donne l’impression d’être dépassé. Il semble ne pas y avoir de bon plan ni de moyens prévus pour mener à bien les grands travaux indispensables à la sauvegarde du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.41

Le Comité du patrimoine mondial, 1. Notant avec une grande préoccupation la détérioration continuelle et les menaces sérieuses qui affectent les Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara, 2. Considérant l’importance des Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara, en tant que bien du patrimoine mondial et le besoin d’un programme ou d’un projet local ou international tenant compte des recommandations formulées dans les textes internationaux, en particulier dans la Convention du patrimoine mondial et ses Orientations, 3. Notant avec gratitude l’aide accordée par les gouvernements français et japonais pour traiter certains problèmes auxquels est confronté ce bien, 4. Recommande que l’Etat partie mette en place une structure et un mécanisme appropriés pour protéger le bien ; 5. Décide d’inscrire les Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 28 COM 15C.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens
inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-04/28.COM/15B et WHC- 04/28.COM/15B Add) et des propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC-04/28.COM/14B Rev),

2. Décide d'inscrire les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :