1.         Robben Island (Afrique du Sud) (C 916)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1999

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/916/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/916/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pression touristique ; absence de système de suivi, absence de mise en valeur et d’interprétation. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/916/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

Une mission commune UICN/ICOMOS/ICCROM a visité le site du patrimoine mondial de Robben Island (Afrique du Sud) du 6 au 12 février 2004, pour évaluer l’état de conservation du site à la demande du Comité du patrimoine mondial lors de sa 27e session tenue en juin 2003. La mission a examiné, d’une part, l’état de conservation, les menaces, les mécanismes de gestion et les aspects du suivi concernant les programmes du site. D’autre part, elle a examiné les aspects fondamentaux du patrimoine culturel et naturel, ainsi que l’impact et la qualité de l’expérience touristique du site.

 

Depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1999, Robben Island a littéralement reçu un flot de visiteurs. La conservation et l’entretien de quelque 700 structures et bâtiments, le paysage culturel à plusieurs niveaux et la gestion d’un milieu naturel fragile, ont constitué un vrai défi pour le personnel du site. La nécessité d’ouvrir le site et de le mettre en valeur aussi vite que possible a exigé la création d’une structure administrative très proche de celle d’un musée, avec des services individuels qui fonctionnent de manière autonome pour réaliser leurs objectifs propres.

 

Dans ce cadre de gestion, le personnel a pris diverses séries d’initiatives en matière d’éducation, a répondu aux besoins urgents d’infrastructure et est parvenu à réunir des archives audiovisuelles extraordinaires ainsi qu’une documentation qui auraient été sinon rapidement dispersées et perdues. Pendant ce temps, Robben Island est naturellement apparu comme un lieu de pèlerinage et de vénération dans la nouvelle Afrique du Sud et sa popularité a commencé à dépasser la capacité de sa gestion et de son infrastructure touristiques à offrir une expérience satisfaisante au visiteur et à contrôler l’impact du flux touristique sur la conservation du site.

 

Le nombre de visiteurs est vite passé de 90 000 en 1997 à 309 000 en 2002, et a été estimé à 570 000 en 2003. Cette tendance ne montre aucun signe de fléchissement ou de stabilisation, mais la structure administrative du Musée de Robben Island n’est pas en mesure de répondre à cette augmentation considérable.

 

Les valeurs de patrimoine naturel de l’île sont maintenant mieux comprises, notamment dans le contexte de la région floristique du Cap. La gestion de ses valeurs naturelles et les qualités de son paysage culturel ne se reflètent pas encore dans la structure administrative des îles et dans les priorités de conservation.

 

Plusieurs menaces ont été constatées sur le site du patrimoine mondial de Robben Island. Faute d’être gérées ou maîtrisées, elles risquent d’avoir un impact négatif sur l’intégrité du site. L’ensemble de ces menaces et des possibilités offertes ont déjà été identifiées dans des études de spécialistes menées sur place, qui concluent que le principal défi pour les gestionnaires du site est de mettre en œuvre les recommandations existantes. Les menaces sont les suivantes : invasion progressive de plantes exotiques, feux incontrôlables, présence indésirable de gros herbivores, présence de chats sauvages, de lapins d’Europe et de rats noirs, pêche excessive et/ou braconnage d’ormeaux et autres ressources marines, impact des véhicules et des résidents/touristes sur la faune en péril, dépôt d’ordures par les résidents et les visiteurs, déchets solides sous forme de véhicules, machines, matériaux de construction et décombres mis au rebut, déchets déversés par des navires et déchets marins, impact des déversements d’égout en mer, impact des véhicules sur les particularités géologiques, impact du développement et de l’amélioration des infrastructures, pompage de l’eau souterraine, impact du tourisme.

 

L’UICN, l’ICOMOS et l’ICCROM notent que les facteurs principaux qui font obstacle à la mise en œuvre des recommandations formulées dans les rapports et les études de spécialistes susmentionnés sont :

 

a)  La mauvaise intégration de la documentation sur la gestion et la politique générale en un seul plan de gestion intégré de la conservation ;

 

b)  Le fort taux d’absentéisme du personnel (environ 25 %) qui entraîne une réduction des structures de gestion intégrée ;

 

c)  L’absence de plan de fonctionnement annuel spécifique pour chaque programme de gestion prioritaire, avec les degrés de responsabilité appropriés ;

 

d)  Les difficultés liées aux aspects pratiques de l’entretien et de la mise en œuvre de la conservation, qui suscitent de graves incertitudes quant au financement et à la programmation de l’entretien préventif et une détérioration croissante du patrimoine bâti du site ;

 

e)  L’absence de gestion préventive des pressions touristiques.

 

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.40


Le Comité du patrimoine mondial,

1. Notant les résultats de la mission UICN/ICOMOS/ICCROM sur le site du patrimoine mondial de Robben Island, ses conclusions et ses recommandations,

2. Demande à l’Etat partie de mettre en oeuvre les recommandations contenues dans le rapport de la mission UICN/ICOMOS/ICCROM, en particulier :
a) revoir et adopter comme il convient, et mettre en oeuvre dans les délais impartis, les récentes propositions de rationalisation, de consolidation et d’intégration de la structure de gestion du Musée de Robben Island,
b) étudier, afin de les réunir en un seul plan de gestion et de conservation, les pièces justificatives pour le résumé du plan de gestion de la conservation montrant les programmes définis à moyen et à long terme, veiller à ce que les plans d’action de fonctionnement annuels soient préparés pour les travaux de conservation et d’entretien sur le site, et mettre en oeuvre les propositions contenues dans la Phase 1 du plan de développement touristique et de gestion de Robben Island,
c) faire une analyse approfondie des possibilités et des contraintes des produits du tourisme en se basant sur le caractère de paysage naturel et culturel unique du bien, afin de diversifier l’expérience des visiteurs et de veiller à accroître les effets positifs tout en supprimant ou en atténuant les effets négatifs,
d) explorer les liens avec d’autres institutions et d’autres programmes tels que la direction des Parcs nationaux sud-africains et du Parc national des montagnes de la Table, du Western Cape Nature Conservation Board, de la ville du Cap et de Cape Action for People and the Environment, pour s’assurer que la richesse des compétences régionales en matière de gestion des paysages naturels et culturels soit mise à la disposition du site,
e) établir un protocole d’accord ou un lien officiel analogue avec le Ministère des Travaux publics pour renforcer la coordination des programmes de conservation et d’entretien de Robben Island,
f) créer un organe statutaire pour Robben Island avec des mécanismes de réglementation spécifiques comme prévu dans la loi sur la Convention du patrimoine mondial (1999) en ce qui concerne la gestion et l’entretien du site,

3. Demande à l’Etat partie de soumettre, d’ici le 1er février 2005, un rapport détaillé sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations de la mission conjointe UICN / ICOMOS / ICCROM pour que le Comité puisse l’examiner, lors de sa 29e session en 2005.