1.         Îles Galápagos (Équateur) (N 1bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2007-2010

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2001)
Montant total approuvé : 567 850 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Exploitation minière, Prospection pétrolière et gazière, Braconnage/Chasse ; Absence de système de suivi 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

L’Etat partie a poursuivi la rédaction et l’approbation de plusieurs dispositions réglementaires dans le cadre de la Loi spéciale pour les Galápagos de 1998 et le cadre juridique régissant les activités aux Galápagos est maintenant presque achevé. Malgré cette évolution encourageante, la Loi spéciale pour les Galápagos et ses dispositions ont été sérieusement contestées en deux occasions au début de 2004 par les secteurs du tourisme et de la pêche. Heureusement, les premières réactions positives aux demandes de ces deux secteurs ont finalement été ultérieurement annulées, préservant l’intégrité de la Loi spéciale pour les Galápagos et du cadre juridique qui avait été difficile à mettre en place et qui régit les décisions de gestion dans ces îles.

 

Une mission de l’UNESCO a été entreprise sur place en juin 2003, dans le prolongement de l’évaluation du projet Fondation des Nations Unies- UNESCO pour contrôler et éradiquer les espèces envahissantes aux Galápagos. L’évaluation a été largement positive mais a révélé des points faibles concernant la quarantaine et les aspects de financement du projet. De plus, l’évaluation a montré la nécessité de financer au moins un an supplémentaire d’activités afin de pouvoir achever certaines activités d’éradication. Les espèces envahissantes restent la principale menace pour la biodiversité des Galápagos ; un système efficace de quarantaine est donc essentiel pour la préservation à plus long terme de ces îles. Bien qu’il ait reçu un soutien notable d’organisations internationales pour l’aider à concevoir et à mettre en place un système de quarantaine opérationnel, l’Etat partie continue de rencontrer des difficultés à assumer les frais de fonctionnement de base du système, ce qui entraîne des risques permanents d’introduction d’espèces nuisibles pour la faune et la flore sauvages ainsi que pour les humains. C’est ainsi que l’on a signalé les premiers cas de dengue aux Galápagos il y a deux ans.

 

La collecte de financements pour le Fonds de dotation continue à être difficile car ce Fonds ne possède pas encore de véritable structure. Cette difficulté permanente est partiellement due au fait que la dotation de la FNU doit être associée à une autre dotation en cours de création dans le cadre du projet FEM-PNUD. Le Secrétaire général des Nations Unies a visité les Galápagos au début de novembre 2003 et s’est engagé à soutenir les efforts de collecte. Il a depuis nommé son conseiller principal pour établir une stratégie des Nations Unies pour l’aide à la collecte de fonds. Ce conseiller devait visiter les Galápagos en mai 2004. Le PNUD travaillera en étroite collaboration avec lui et l’UNESCO fournira son plein appui.

 

Des fonds supplémentaires sont actuellement recherchés pour aider à l’achèvement des composantes « éradication » du projet FNU-UNESCO. Etroitement associé à la Fondation Charles Darwin et au Service des Parcs nationaux des Galápagos, ce projet a contribué à sensibiliser pour la première fois au niveau régional à la menace des espèces introduites, créant une meilleure participation communautaire à diverses activités du projet.

 

Le Service des Parcs nationaux des Galápagos a fait une demande officielle – soutenue par le Centre du patrimoine mondial – à l’Organisation maritime internationale afin que la Réserve marine des Galápagos soit reconnue comme zone marine particulièrement sensible (PSSA). L’OMI a accordé le statut de PSSA aux Galápagos au début d’avril 2004 ; cela aidera à protéger les îles et les eaux marines qui les entourent contre la légendaire liberté de passage des navires internationaux.

 

Le projet « Contrôle et éradication des espèces envahissantes » financé par la Fondation des Nations Unies et géré par le Centre du patrimoine mondial a été prolongé d’un an. Ce projet a aidé à renforcer les capacités locales et a amélioré les relations de confiance entre institutions aux Galápagos, notamment entre la Fondation Charles Darwin et le Parc national des Galápagos. Il a aussi aidé à sensibiliser les résidents de ces îles à l’importance de traiter le problème des espèces introduites aux Galápagos. Avec le soutien du Fonds du patrimoine mondial, des experts de la Fondation Charles Darwin se sont rendus sur le bien du patrimoine mondial de l’Ile Cocos en février 2004 pour aider à mettre en place une stratégie de gestion des espèces introduite sur cette île.

 

A partir de cette année, les Iles Galápagos sont également prises en compte dans un nouveau projet partiellement financé par la Fondation des Nations Unies / Gordon and Betty Moore Foundation et géré par le Centre. Ce projet est axé sur la création et la préservation d’un corridor marin dans l’Océan Pacifique tropical oriental. Le bien du patrimoine mondial de l’Ile Cocos au Costa Rica, le Parc national de l’Ile Malpelo en Colombie et le Parc national de l’Ile Coiba au Panama vont aussi participer à un effort d’amélioration de la préservation marine et d’aide à une coopération au niveau régional.

 

L’UICN a noté que du 19 au 27 février 2004, le Parc national des Galápagos et la Station de recherche Charles Darwin sur l’île de Santa Cruz ont occupés par un groupe de 80 pêcheurs qui ont fermé effectivement ces institutions, faisant ainsi cesser toutes les activités essentielles de gestion en cours.

 

La communauté des pêcheurs voulait annuler le quota de pêche précédemment établi à la suite d’un processus totalement participatif. Ce quota a été établi pour maintenir des pêches durables dans des zones précédemment délimitées et cela à un niveau qui ne mette pas en péril l’intégrité de la réserve marine. Ces troubles ont cessé après signature d’un accord entre le Ministère de l’Environnement et les groupes de pêcheurs. L’accord accédait à toutes les demandes des pêcheurs et ouvrait également la possibilité de réviser 10 articles de la Réglementation sur la Pêche adopté dans le cadre de la Loi spéciale pour les Galápagos.

 

Selon plusieurs organisations de protection de la nature et d’experts travaillant dans les îles, cet accord ne respecte pas les résultats du processus participatif qui a défini la gestion dans la réserve marine selon la Réglementation de la Pêche pour les Galápagos. L’accord est aussi considéré comme directement opposé aux objectifs de conservation de la réserve marine et comme une menace directe aux objectifs définis selon la Loi spéciale pour les Galápagos. En outre, plusieurs ONG et experts ont noté avec une sérieuse préoccupation que la violence et les troubles civils étaient souvent utilisés comme outil permettant d’influencer la gestion de la réserve marine vers une approche plus commerciale. Quelques jours après la signature de l’accord avec les pêcheurs, le Ministre équatorien de l’Environnement a démissionné.

 

L’UICN a également noté que la situation s’améliore depuis la nomination du nouveau Ministre de l’Environnement. L’UICN a cependant noté que bien que le classement en aire marine particulièrement sensible par l’OMI vise essentiellement les menaces dues au trafic maritime international, il faut aussi soutenir cette décision par des mesures fermes au niveau national. Cela est important car le dernier incident survenu en 2001 aux Iles Galápagos était associé à une marée noire causée par un navire national naviguant dans l’archipel et n’était donc pas associé au trafic maritime international.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15B.31

Le Comité du patrimoine mondial, 1. Note avec préoccupation les événements survenus aux Galápagos et leur impact négatif potentiel sur l’intégrité de la Réserve marine des Galápagos. Cette évolution récente de la situation ne correspond pas aux efforts précédemment déployés par l’Etat partie et visant à améliorer la préservation de ce site. C’est aussi en contradiction directe avec les hauts standards que l’Etat partie a fixés en engageant un processus vraiment participatif pour définir la Réglementation sur la Pêche selon la Loi spéciale pour les Galápagos ; 2. Constate avec inquiétude que le système de quarantaine aux Galápagos, essentiel pour empêcher de nouvelles introductions d’espèces pour la faune et la flore sauvages ainsi que pour les humains, n’est pas encore opérationnel et que l’Etat partie n’a pas encore assumé la responsabilité totale de son fonctionnement ; 3. Demande à l’Etat partie de soutenir et maintenir l’intégrité de la Loi spéciale pour les Galápagos, essentielle au bon fonctionnement du processus décisionnel concernant l’utilisation des ressources et le développement des Galápagos, et de faire en sorte que les quotas de pêche établis selon les processus visés par la Loi spéciale pour les Galápagos soient respectés ; 4. Félicite l’Etat partie d’avoir pris l’initiative de faire classer la Réserve marine des Galápagos en zone marine particulièrement sensible, et l’encourage à partager cette expérience avec d’autres Etats parties possédant des biens marins du patrimoine mondial. 5. Accueille favorablement l’intérêt permanent manifesté par la Fondation des Nations Unies pour les Galápagos et le nouveau soutien apporté par la Gordon and Betty Moore Foundation ; 6. Demande à l’Etat partie de présenter un rapport sur l’état de conservation du bien et, en particulier, de fournir des informations sur les mesures juridiques et institutionnelles qui vont être prises pour assurer totalement l’application de la Loi spéciale pour les Galápagos, d’ici le 1er février 2005, pour examen par la 29e session du Comité du patrimoine mondial.