Le présent rapport sur l’état de conservation de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts a été préparé sur la base des informations recueillies par le Centre. L’objet de ce rapport est d’évaluer l’état de conservation de la Vieille ville de Jérusalem, inscrite au patrimoine mondial, selon les orientations relatives aux biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Cette question a aussi été examinée par le Conseil exécutif et la Conférence générale de l’UNESCO sur la base de la Résolution 32C/39 de la Conférence générale, qui renvoie aux « résolutions et décisions pertinentes des Nations Unies, en particulier les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur le statut juridique de Jérusalem », à la « 31 C/Résolution 31, ainsi qu’aux dispositions des quatre Conventions de Genève (1949), de la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954) et du Protocole y relatif ainsi que de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (1972), à l’inscription de la Vieille ville de Jérusalem sur la Liste du patrimoine mondial et la Liste du patrimoine mondial en péril et aux recommandations, résolutions et décisions de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel ».
La délimitation du site du patrimoine mondial correspond aux remparts de Süleyman le Magnifique, aucune zone tampon n’ayant été identifiée au moment de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.
En 1982, suite aux recommandations de l’ICOMOS, la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts a été inscrite par le Comité du patrimoine mondial sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Les justifications avancées par le Comité pour cette inscription (voir Doc. CLT-82/ CH/CONF.015/8), selon les Orientations en vigueur à l’époque, sont les suivantes : « ...la situation de ce bien correspond aux critères mentionnés dans l’avis de l’ICOMOS et en particulier aux critères (e) (perte significative de l’authenticité historique) et (f) (dénaturation grave de la signification culturelle) du cas de ‘péril prouvé’ et aux critères (a) (modification du statut juridique du bien, de nature à diminuer le degré de protection), (b) (carence d’une politique de conservation) et (d) (menaces du fait du plan d’urbanisme) du cas de ‘mise en péril’. »
Les critères susmentionnés ont été considérés comme étant encore valables suite à l’évaluation de la mission de l’UNESCO à Jérusalem sur l’état de conservation de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, effectuée du 28 février au 5 mars 2004. Les facteurs suivants ont été relevés par la mission :
a) Altération du tissu urbain historique modifiant le panorama traditionnel de la Vieille ville : les modifications affectent aussi la structure interne des bâtiments vernaculaires et, dans certains cas, les monuments historiques de la Vieille ville ;
b) Atteinte à l’intégrité visuelle de la ligne d'horizon de la Vieille ville : les nouveaux projets immobiliers qui se poursuivent dans les zones voisines des remparts de la Vieille ville ont une incidence négative et irréversible sur le paysage traditionnel ;
c) Manque d’entretien et mauvaise politique de conservation des monuments historiques : à quelques exceptions près, l’état de conservation de la plupart des monuments historiques, en particulier dans le quartier de la Vieille ville qui abrite les monuments historiques islamiques, est médiocre dans l’ensemble, à cause du manque d’entretien et de moyens. En outre, certains sites sont laissés à l’abandon et servent de déchetterie. Dans bien des cas, la politique de conservation ne respecte pas les principes internationaux des Chartes de l’ICOMOS établies à cet effet ;
d) Limitations de la liberté d’accès des travailleurs et de la fourniture de matériel nécessaire à la conservation du site : l’accès limité, surtout aux monuments historiques islamiques, affecte la mise en œuvre des activités de conservation ;
e) Circulation : l’augmentation de la circulation automobile dans la Vieille ville est une question préoccupante. C’est une source de pollution et de vibrations pouvant affecter l’état de conservation du tissu architectural historique, et l’occupation des espaces publics crée un impact visuel négatif ;
f) Non-respect des normes internationales en matière de recherche archéologique : la recherche archéologique devrait se faire conformément aux normes et aux principes internationaux ;
g) Facteurs naturels : la région de Jérusalem s’étend sur une zone sismique en activité. Il n’existe aucune politique spécifique de préparation aux risques majeurs qui protège la Vieille ville et, surtout, ses principaux monuments historiques. L’eau et les variations de température sont aussi des sources de préoccupation, car elles affectent l’état de conservation des matériaux de construction en calcaire.