1.         Réserve de la biosphère Río Plátano (Honduras) (N 196)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1996-2007, 2011-présent

Mesures correctives identifiées

Proposées dans le projet de décision ci-dessous

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/196/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-1996)
Montant total approuvé : 198 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/196/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

 

Missions de suivi antérieures

missions en 1995 et 2000

mission conjointe UNESCO/UICN  du 23 au 28 juin 2003

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Agriculture ; exploitation forestière ; braconnage ; absence de techniques de conservation, de mécanisme de gestion, de ressources financières et humaines, de coordination institutionnelle. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/196/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

La réserve de la biosphère Río Plátanoa été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1996 à la suite d’observations effectuées lors d’une mission en 1995. Cette même mission avait également présenté une liste de 10 recommandations en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. La mission effectuée en 2000 a évalué les progrès accomplis par rapport à ces 10 recommandations ; elle a conclu que ces progrès n’avaient pas été suffisants pour recommander le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et a fait de nouvelles recommandations, demandant que soit effectuée une autre mission en 2003. A la demande de la 25e session du Comité, une mission conjointe UNESCO/UICN s’est rendue au Honduras du 23 au 28 juin 2003 pour évaluer l’état de conservation du bien et l’avancement de la mise en œuvre des 10 recommandations de 1995. Le rapport de la mission 2003, en anglais et en espagnol, est à la disposition des Etats parties pour consultation. 

 

Il est important de noter que le bien du patrimoine mondial est composé d’une zone centrale où les établissements humains ne sont pas autorisés et d’une zone tampon où les activités et les établissements humains compatibles avec un développement durable sont autorisés.

 

Tenant compte des recommandations de la mission de 1995, ainsi que des conclusions et suggestions de la mission 2000, la mission 2003 a fait les observations suivantes :

 

a)  les limites de la zone centrale du bien sont intactes et un marquage clair de ces limites a été observé aux points d’accès visités ;

 

b)  les populations installées dans la zone centrale ont été en majeure partie déplacées, bien que 32 personnes continuent d’y détenir des terres et sept familles d’y vivre, faute de fonds d’indemnisation pour les réinstaller ailleurs ;

 

c)  au moment de la mission, des failles dans la réglementation forestière permettaient la « légalisation » du bois illégalement abattu dans la zone centrale, sachant que des informations récentes fournies par l’UICN révèlent que ces lacunes ont été comblées depuis ;

 

d)  bien que des postes de contrôle aient été construits aux points d’accès au bien, aucun contrôle n’était effectué, faute de personnel affecté à ces postes ;

 

e)  la Réserve de la biosphère Río Plátanoa été dotée d’un cadre administratif qui associe diverses parties prenantes au processus de planification de la gestion ;

 

f)  un plan de gestion du bien a été élaboré, mais il n’a pas été largement diffusé ;

 

g)  les fermiers pratiquant une agriculture de subsistance qui continuent d’affluer dans la zone tampon pour exploiter ses ressources naturelles constituent une menace pour l’intégrité à long terme du bien ;

 

h)  certaines utilisations du sol dans la zone tampon (comme l’élevage extensif du bétail) sont incompatibles avec un développement durable et sont une menace pour l’intégrité à long terme du bien ;

 

i)  le manque d’infrastructures et de services pour les petits producteurs, ainsi que certains projets touristiques potentiels, entravent le développement économique durable et sont une cause sous-jacente de pauvreté avec pour conséquence la surexploitation des ressources naturelles ;

 

j)  le soutien du Gouvernement allemand aux responsables de la gestion du bien (la Compagnie hondurienne de développement forestier ou COHDEFOR) a été d’une grande aide pour la mise en œuvre des recommandations de la mission d’évaluation de 1995. Toutefois, la capacité de l’Etat partie d’assumer les opérations actuellement menées par le Gouvernement allemand, quand celui-ci cessera sa coopération, suscite quelques inquiétudes.

 

La mission a également tiré les conclusions suivantes :

 

a)  l’Etat partie s’est conformé en grande partie aux 10 recommandations spécifiques de la mission d’évaluation de 1995 ; 

 

b)  le degré de menace pesant sur le bien a régressé depuis 1995 ;

 

c)  certaines menaces persistent, notamment l’avancée de la limite agricole et l’exploitation illégale du bois dans la zone tampon ;

 

d)  la réinstallation des populations qui avaient colonisé la zone centrale du bien a beaucoup progressé, mais il reste un petit groupe de personnes ;

 

e)  la restructuration de la COHDEFOR, responsable de la gestion du bien, a généré de nouvelles contraintes en termes de ressources humaines et financières affectées aux activités de gestion ;

 

f)  la capacité de l’Etat partie de maintenir une présence forte et stable dans la zone quand le soutien du Gouvernement allemand arrivera à son terme est incertaine.

 

A sa 27e session, le Comité a demandé que des données de référence et des délais soient déterminés pour faciliter le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Sur la base des recommandations des missions précédentes et de la consultation  du personnel de terrain, d’ONG et de représentants des populations, l’équipe de la mission a élaboré une liste de données de référence, dont les plus critiques sont reprises dans le Projet de décision ci-dessous. Le Centre note que l’Etat partie a organisé pendant la mission 2003 deux réunions de haut niveau auxquelles ont assisté plusieurs ministres du Gouvernement hondurien. Ces réunions ont permis de valider les conclusions de la mission, de clarifier les problèmes pour les principaux responsables et d’élaborer rapidement une stratégie pour aborder les questions soulevées. 

 

Le Centre et l’UICN collaborent actuellement avec l’Etat partie pour suivre en 2004 les progrès accomplis par rapport aux données de référence définies et, si ces progrès s’avèrent suffisants, une mission d’évaluation pourrait être organisée début 2005. Sous réserve de l’importance des progrès accomplis et de l’accord de l’Etat partie, une recommandation pour le retrait de ce bien de la Liste du patrimoine mondial en péril pourrait être présentée à la 29e session du Comité en 2005.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 28 COM 15A.13

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Note que la situation du bien s’est nettement améliorée depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1996 et que l’Etat partie affiche une ferme volonté d’agir pour la conservation du bien ;

2. Félicite l’Etat partie, les ONG, les municipalités et les populations de la Réserve de la biosphère Río Plátano, ainsi que les organisations internationales, pour leur soutien à la mise en oeuvre des recommandations depuis la mission effectuée en 2000 ;

3. Félicite en outre le gouvernement allemand de l’assistance financière et technique à long terme fournie à l’Etat partie pour l’aider à renforcer ses capacités de gestion du bien et encourage le gouvernement allemand et d’autres organismes à aider l’Etat partie à mettre en place des solutions durables pour répondre aux besoins financiers permanents du bien, ainsi qu’à ses besoins en matière de gestion ;

4. Prie instamment l’Etat partie, en vue du retrait éventuel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, de se conformer aux données de référence suivantes définies par la mission effectuée en 2003 par l’UICN et le Centre du patrimoine mondial, et à collaborer avec ces derniers pour suivre les résultats :

a) achever l’indemnisation et la réinstallation des sept familles et 32 propriétaires de terres qui restent dans la zone centrale,

b) annuler toutes les résolutions de la COHDEFOR (Commission de développement forestier du Honduras) concernant la collecte du bois mort dans les départements d’Olancho, Colón et Atlándida,

c) empêcher les activités non autorisées dans la zone tampon, notamment l’expansion de l’agriculture, l’exploitation forestière illégale et le braconnage, en installant des postes de contrôle permanents et temporaires aux points d’accès critiques,

d) élaborer des plans de travail inter-institutionnels donnant des définitions claires des rôles et responsabilités des diverses entités publiques et privées participant à la gestion de la Réserve,

e) diffuser les plans de gestion environnementale relatifs à la stratégie de développement du ministère de l’Agriculture dans la zone de la Vallée de Sico’Paulaya,

5. Recommande à l’Etat partie de mettre en oeuvre les autres recommandations du rapport de la mission effectuée en 2003 par l’UICN et l’UNESCO ;

6. Demande au Centre du patrimoine mondial et l’UICN, en coopération avec l’Etat partie, d’entreprendre une mission sur le site en début 2005 afin de confirmer le progrès par rapport aux repères définis pour le retraite du bien de la Liste de patrimoine mondial en danger et de présenter ses recommandations pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 29e session en 2005 ;

7. Décide de maintenir la Réserve de la biosphère Río Plátano sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 28 COM 15C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l’examen des rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-04/28.COM/15A Rev),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :