1.         Parc national de Serengeti (République-Unie de Tanzanie) (N 156)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-1999)
Montant total approuvé : 59 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Impacts potentiels d'un projet hydroélectrique au Kenya

b) Braconnage

c) Ressources en eau réduites et polluées

d) Impact potentiel de l'installation de câbles optiques

e) Proposition de route traversant la partie nord du bien

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/156/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

À la 35e session du Comité du patrimoine mondial (UNESCO, 2011), l’État partie a annoncé sa décision de reconsidérer la Route Nord et de conserver le tronçon de 53 km de la porte Kleins à Tabora B traversant la zone de nature sauvage au nord du bien comme une route de gravier, sous la direction des Parcs nationaux de Tanzanie (TANAPA), et réservée essentiellement au tourisme et à des fins administratives. Cette décision a été favorablement accueillie par le Comité du patrimoine mondial, qui a lancé un appel à la communauté internationale et aux agences de donateurs pour qu'ils envisagent de venir en aide à la construction d'un alignement sud qui évite le Parc national de Serengeti.

Le 1er février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Ce rapport inclut un compte-rendu actualisé sur l’Evaluation d'impact environnemental et social (ESIA) pour le projet de Route Nord et sur la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN de 2011, comme demandé par le Comité à sa 35e session (UNESCO, 2011).

a) Route Nord et projets ferroviaires

L’État partie signale que, suite à la décision du gouvernement d’abandonner la partie du projet de route qui devait initialement traverser le bien, la finalisation de l’ESIA pour la version révisée de la Route Nord a été ralentie. Il indique que pour réaliser l’Etude environnementale et sociale (SEA), stratégique et globale, sur l’ensemble du réseau routier du nord de la Tanzanie recommandée par le Comité, l’État partie recherche un financement extérieur. Le rapport ne donne aucune information sur les projets pour l’alignement sud.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’en décembre 2011, l’Ouganda et la Tanzanie ont conclu un protocole d’accord avec une entreprise chinoise pour l’aménagement de trois ports et d’une ligne ferroviaire reliant la côte via Musoma à Kampala. Le protocole d’accord permet à la Société de construction et de génie civil chinoise de réaliser une étude de faisabilité pour le projet de tracé ferroviaire, qui fait partie de la stratégie de transports de la Coopération de l’Afrique de l’Est et du programme de développement du secteur routier régional. À la suite de rapports de presse indiquant que la ligne envisagée traverserait le nord de Serengeti, le gouvernement et les responsables de la Coopération de l’Afrique de l’Est ont déclaré que le tracé passerait au sud du bien et ne le traverserait pas.

Ils notent également que le 15 mars 2012, la cour de justice d’Afrique de l’Est a décidé que la procédure judiciaire à l’encontre du projet de Route Nord à travers le Serengeti allait se traduire en procès. L’action cherche à empêcher de manière permanente la construction d’un axe routier ou d’une voie rapide à travers le bien et à prévenir le déclassement du bien pour des questions de construction routière, entre autres choses.

b) Braconnage

L’État partie signale une intensification du braconnage d’éléphants ces dernières années, avec 33 éléphants victimes du braconnage en 2011 contre 12 en 2010 mais note que les données à long terme sur plus de 20 ans indiquent que la population d’éléphants se porte plutôt bien et augmente, avec plus de 3 000 individus. Aucun cas de braconnage de rhinocéros n’a été consigné en 2011. Dix-neuf autres espèces de mammifères, dont les gnous, sont stables ou en hausse. L’État partie précise que 40% environ du budget du parc sont généralement affectés aux efforts de lutte contre le braconnage, et qu’en 2011 les services de répression ont reçu 42% du budget, avec un budget distinct alloué à la protection des rhinocéros. Quarante-trois nouveaux gardes ont été employés en 2011, leur corps représentant désormais 57% de l’ensemble du personnel composé de 422 collaborateurs. Globalement, l’État partie considère que son engagement envers la lutte contre le braconnage est approprié pour répondre à la récente augmentation du braconnage d’éléphants. Le rapport souligne également la participation active de la Tanzanie dans différents accords internationaux et régionaux pour combattre la capture illégale et le trafic de ressources naturelles et signale le lancement d’un nouveau Plan de gestion des éléphants 2010-1015. L’État partie rapporte également que d’autres moyens de subsistance ont été promus et soutenus depuis 1992, avec des résultats mitigés, via le Programme de conservation communautaire du parc. En 2011, un total de 180 350 dollars EU a été alloué au soutien communautaire. Toutefois, l’État partie considère qu’il est difficile de déterminer si le soutien communautaire aide à réduire le braconnage.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que les populations d’espèces clés ont été stables et ne sont actuellement pas menacées mais notent également que le braconnage de subsistance, le braconnage pour les marchés de la viande et le braconnage d’ivoire et de cornes de rhinocéros à forte valeur ajoutée au sein du bien ont tous augmenté ces dernières années. L’UICN note qu’une collaboration entre la direction du parc et les concessionnaires privés des réserves de gibier voisines est possible en matière de répression.

c) Gestion du bassin de la rivière Mara

L’État partie rapporte que la Commission du bassin du lac Victoria (LVBC) réalise des études pour déterminer les options les plus efficaces pour la mise en œuvre de la Stratégie sur la biodiversité et du plan d'action (BSAP) pour la gestion durable du bassin de la rivière Mara dans un contexte transfrontalier (Kenya/Tanzanie). Sur la base de ces études, des plans d’action détaillés et des budgets seront élaborés.

d) Mise en œuvre des autres recommandations

Le rapport de l’État partie donne également des détails sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre en cours des recommandations de la mission vis-à-vis de la gestion du conflit hommes-animaux, du contrôle de la dispersion des espèces invasives, du dialogue avec les communautés dans le golfe de Speke, de la détermination de la capacité de charge maximale des ressources hydriques dans le bien et de l’élaboration d’un plan général pour répondre aux problèmes de pénurie d’eau, de l’évaluation des options pour améliorer la route de Naabi Hill à Seronera, de la consolidation du financement pour le Plan de gestion général et de la réactivation du Forum sur l’écosystème de Serengeti. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent l’annonce de l’État partie à la 35e session de reconsidérer la Route Nord mais notent que le rapport actuel ne donne aucun détail sur des projets concrets de développement de l’alignement sud. Ils accueillent favorablement l’engagement de l’État partie à rechercher un financement pour l’Etude environnementale et sociale (SEA), stratégique et globale, du réseau routier du nord de la Tanzanie. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN prennent également note de l’annonce par l’État partie du fait que le tracé du projet de liaison ferroviaire reliant la côte à Musoma passera au sud du bien et ne le traversera pas.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent également que l’État partie a fait de considérables efforts pour mettre en œuvre la décision 35 COM 7B.7 et certaines des recommandations de la mission de 2011 et considèrent que le Comité du patrimoine mondial peut encourager l’État partie à poursuivre ses efforts pour pleinement les mettre en œuvre.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN souhaitent souligner l’augmentation du braconnage au sein du bien et recommandent au Comité de demander à l’État partie de continuer à renforcer ses efforts de lutte contre le braconnage, en augmentant les ressources allouées et en améliorant leur efficacité. Ils demandent à l’État partie de fournir des statistiques sur le braconnage dans son prochain rapport sur l’état de conservation.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN prennent note des inquiétants rapports reçus par l’UICN sur la déforestation persistante du bassin hydrologique de Mau de la rivière Mara et autres rivières essentielles à l’écosystème du Serengeti Nord et rappellent que des progrès substantiels ont été accomplis par l’État partie de Tanzanie dans la gestion de l’eau du bassin de Mara, en coopération avec l’État partie du Kenya. Ils considèrent que la mise en œuvre opportune de la Stratégie sur la biodiversité et du plan d'action (BSAP) pour la gestion durable du bassin de la rivière Mara est essentielle pour traiter cette menace. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.6

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.7, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Accueille favorablement les efforts considérables faits par l’État partie pour mettre en œuvre les recommandations de la mission de 2010 comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session, et encourage l’État partie à poursuivre ses efforts pour pleinement les mettre en œuvre ;

4.   Note l’engagement de l’État partie à solliciter un financement pour une Étude stratégique environnementale et sociale (SEA) pour le projet de Route Nord en Tanzanie et invite les bailleurs de fonds à financer cette étude ainsi que la construction de l’alignement sud, qui évitera le Parc national de Serengeti ;

5.   Accueille également favorablement l’annonce de l’État partie quant au tracé du projet de liaison ferroviaire reliant la côte via Musoma à Kampala, qui ne traversera pas le bien et passera au sud ;

6.   Reste préoccupé par l’augmentation du braconnage au sein du bien et demande à l’État partie de continuer à consolider ses efforts de lutte contre le braconnage et à fournir des informations spécifiques sur l’étendue et l’impact du braconnage dans son prochain rapport ;

7.   Prend note des rapports sur la déforestation persistante du bassin hydrologique de Mau de la rivière Mara et autres rivières essentielles à l’écosystème du Serengeti nord, et demande également aux États parties de Tanzanie et du Kenya, via la Commission du bassin du lac Victoria, d’accentuer leurs efforts pour mettre en œuvre la Stratégie sur la biodiversité et le plan d'action (BSAP) pour la gestion durable du bassin de la rivière Mara afin de traiter ce point ;

8.   Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l’état de conservation du bien, en particulier sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2010 ainsi que des informations détaillées sur l’évolution du braconnage au sein du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014. 

Décision adoptée: 36 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/8E,

2.    Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.    Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-12/36.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.    Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.    Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :