1.         Monuments historiques de Mtskheta (Géorgie) (C 708)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2009-2016

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/708/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1999)
Montant total approuvé : 70 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/708/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission commune UNESCO/ICOMOS du 8 au 16 novembre 2003.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Absence de mécanisme de gestion ; coordination insuffisante entre l’Eglise géorgienne et les autorités nationales ; nécessité de redéfinir la zone centrale et les zones tampons.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/708/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

A la suite de la décision du Comité, l’Etat partie a demandé le 17 mars 2005 de changer le nom du bien en « Monuments historiques de Mtskheta ».

L’Etat partie a présenté un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien le 13 février 2005. A l’issue de l’établissement en 2003 du « Schéma directeur du patrimoine et du tourisme de Mtskheta » avec l’aide de l’UNESCO et du PNUD, l’Etat partie a reconnu l’urgente nécessité de préparer un plan de gestion pour le bien. Selon l’Etat partie, les facteurs qui ont des répercussions négatives sur le bien sont notamment les suivants : (1) absence de financement, (2) conditions climatiques, (3) interventions inadaptées des autorités ecclésiastiques et (4) absence de système de gestion efficace.

Les commentaires et recommandations détaillés de l’ICOMOS sur la préparation du rapport bien structurée et détaillé ont été transmis à l’Etat partie le 25 avril 2005.

Concernant le monastère de Javari, l’ICOMOS partage tout à fait les préoccupations de l’Etat partie sur l’état de conservation de l’intérieur et de l’extérieur de l’église principale. On constate de sérieux problèmes d’entretien de la maçonnerie et de protection des bas-reliefs. Il faudrait d’autre part retirer les échafaudages des précédents travaux de restauration et définir une zone tampon. L’ICOMOS a donc fait les recommandations suivantes : (1) il faut faire des travaux de conservation et de restauration partielle sur les blocs de calcaire sérieusement endommagés des façades extérieures et enlever la suie, la moisissure et les parasites de certaines pierres et chapiteaux ; (2) il faut enlever soigneusement et sans délai les pierres sculptées et les porter à un centre spécial de conservation de la pierre qui renforcera les parties effritées. Il faudrait ensuite les exposer au Musée régional et les remplacer sur place par des répliques, conformément à l’article 8 de la Charte de Venise de 1964. Ces répliques doivent pouvoir être distinguées des pierres authentiques de l’édifice.

L’essai, maintenu interrompu, de restauration de l’église du Nord et du Parekklesion pose aussi un problème sérieux. L’ICOMOS recommande : (1) un nettoyage spécialisé et un traitement à l’herbicide du mur d’enceinte pour retirer l’excès de végétation, (2) des travaux de réparation des murs avec réfection soigneuse des joints de maçonnerie et travaux de restauration à certains endroits, notamment passage d’une couche de protection sur la partie supérieure pour lutter contre les conditions climatiques difficiles, (3) la suppression des petites constructions plus tardives ou leur remplacement si nécessaire (par exemple, les petites portes en bois).

Concernant la cathédrale de Svetitskhoveli, l’Etat partie a signalé l’état alarmant permanent de la toiture, des bas-reliefs et des ornements de la coupole, ainsi que des façades du monument. Malheureusement, aucun travail de conservation n’a été mené à l’intérieur de l’église, sur les peintures murales qui ont une valeur historique et artistique exceptionnelle et risquent d’être encore plus endommagées, voire de disparaître complètement. L’ICOMOS considère qu’il est d’une importance capitale pour l’avenir du monument d’entamer des recherches stratigraphiques, des fouilles archéologiques systématiques et des travaux de conservation dans l’ensemble du cimetière avant de procéder à « l’entretien du territoire ». Il faut interdire les constructions souterraines illégales à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte du monastère, ainsi que les fouilles incontrôlées menées par les autorités ecclésiastiques locales. Il est regrettable que l’Etat partie n’ait fourni aucune information sur de nouvelles activités de construction dans la zone tampon du monument ainsi que dans l’ensemble architectural urbain environnant. Selon l’ICOMOS, les ajouts illégaux et inadaptés du Palais Catholicos continuent à constituer l’un des problèmes les plus difficiles de la préservation de la valeur universelle exceptionnelle de Mtskheta, car cet édifice sert toujours de résidence au Catholicos – le patriarche de Géorgie.

L’ICOMOS regrette que le rapport de l’Etat partie ne mentionne aucunement l’état des peintures murales à l’intérieur de l’ensemble monastique de Samtavro qui a été sérieusement endommagée par le plâtrage effectué pendant la période soviétique (voir A Heritage & Tourism Master Plan for Mtskheta, Georgia (UNESCO & PNUD-SPPD Pilot Projet, March 2003, p. 51). Le rapport de l’Etat partie ne fait aucun commentaire sur l’état actuel du cimetière de Samtavro, le plus grand et l’un des plus importants cimetières du Caucase. Des recommandations à court, moyen et long terme ont été faites à ce sujet dans A Heritage & Tourism Master Plan for Mtskheta, Georgia (UNESCO & PNUD-SPPD Pilot Projet, March 2003, p. 37-40).

L’ICOMOS est d’accord avec les points de vue exprimés sur l’état actuel et le travail mené sur l’important site archéologique d’Armaztsikhe-Bagineti. Les propositions présentées dans A Heritage & Tourism Master Plan for Mtskheta, Georgia (UNESCO & PNUD-SPPD Pilot Projet, March 2003) n’ont pas été prises en compte face aux très sérieux problèmes de fouilles, conservation, protection et adaptation de ce site de la ville de Mtskheta. Certaines méthodes de « conservation » appliquées sur les murs en brique crue posent de sérieux problèmes de protection et d’agencement interne des bâtiments. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.64

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.69, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Prie instamment l'Etat partie de la Géorgie de définir la zone centrale et les zones tampons du bien ;

4. Se déclare très préoccupé de l'état de conservation de ce bien et prie instamment l'Etat partie de prendre des mesures urgentes et appropriées ;

5. Encourage l'Etat partie à mettre en oeuvre le schéma directeur établi par l'UNESCO et le PNUD en 2003 ;

6. Rappelle l'importance de la coopération entre l'Etat partie et les parties prenantes pour la conservation du site ;

7. Demande à l'Etat partie de résoudre le problème des ajouts illégaux et inadaptés du Palais Catholicos qui porte gravement atteinte à la valeur universelle exceptionnelle de Mtskheta ;

8. Demande à l'Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial un rapport actualisé avant le 1er février 2007, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (2007).

Décision adoptée: 29 COM 8B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/8B,

2. Approuve le changement de nom proposé pour la Réserve de la ville-musée de Mtskheta (Géorgie) tel qu'il a été proposé par les autorités géorgiennes. Le nom du bien devient Historical Monuments of Mtskheta en anglais et Monuments historiques de Mtskheta en français.