1.         Vieille ville de Galle et ses fortifications (Sri Lanka) (C 451)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 3 334 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO de suivi réactif en mai 2002.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/451/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Immédiatement après le tremblement de terre de Sumatra et le tsunami en Asie du Sud-Est, et à partir des premiers rapports sur les dégâts causés au bien du patrimoine mondial de la Vieille ville de Galle et ses fortifications, le Centre du patrimoine mondial a contacté les autorités sri lankaises pour proposer son assistance. Une mission d’enquête et de formulation de projet a été organisée du 2 au 10 mars 2005. Elle s’effectuait dans le cadre d’un accord signé en octobre 2004 entre l’Italie et l’UNESCO pour créer des groupes de réponse d’urgence en cas de catastrophe affectant le patrimoine mondial. La mission était accompagnée d’un observateur de la Fondation nordique du patrimoine mondial.

La mission a visité la vieille ville de Galle, ainsi que plusieurs autres biens touchés par le tsunami, en compagnie de responsables du Ministère des Affaires culturelles et du Patrimoine national. A Galle, le tsunami a détruit l’Unité d’Archéologie marine et emporté collections et équipement. Cette Unité avait été récemment créée sur l’une des anciennes jetées, juste à l’extérieur de la porte nord de la ville, à la suite d’un projet entre le Sri Lanka et les Pays-Bas. Trois petites sections de fortifications entre les bastions des Marins et le bastion de l’Aurore, du côté est de la Citadelle, ont été aussi partiellement détruites. La vague a également démoli une annexe de l’Hôpital hollandais, qui se trouvait juste derrière les remparts. L’eau a aussi pénétré dans la ville par la porte nord et a inondé, sur une hauteur de 2,20 m, les locaux de l’ancien Musée maritime, dans l’enceinte de l’Entrepôt hollandais. L’ancien musée était fermé pour rénovation au moment du tsunami. On a constaté d’autres détériorations très mineures le long des remparts après l’énorme vague mais elles doivent être considérées comme faisant partie du processus à long terme d’érosion et de détérioration des murailles par l’eau et le sel.

C’est cependant grâce aux fortifications que le tsunami a seulement causé des dégâts relativement mineurs à la Vieille ville, en particulier si on les compare à la destruction massive constatée le long de la côte autour du bien du patrimoine mondial, où il y a eu des milliers de morts. Le personnel de l’Unité d’Archéologie marine (MAU), avec l’aide de spécialistes néerlandais, a pu récupérer une partie des collections du Musée (environ 30 %) dispersées par le tsunami et prendre également des mesures de réhabilitation et de conservation sur certains des objets retrouvés et sur l’infrastructure du MAU. Ils ont aussi contrôlé l’état de conservation de certaines des épaves découvertes ces dernières années dans l’ancien port de la ville, et qui semblent avoir été assez bien préservées. Plus de 25 épaves, y compris des bateaux omanais des IXe et Xe siècles, avaient en fait été installés à un endroit à l’est de la Citadelle, ce qui justifiait une proposition d’extension du bien du patrimoine mondial. Le personnel du Ministère des Affaires culturelles et du Patrimoine national s’est remarquablement mobilisé, spécialement à un moment où tout le pays faisait face à une crise nationale sans précédents et où presque toutes les ressources nécessaires étaient dirigées vers d’autres priorités. Il est très important d’aider les autorités nationales à protéger le patrimoine en ces moments précis où un effort massif de reconstruction (impliquant la création de zones tampons le long de la côte et d’une nouvelle infrastructure) peut entraîner la perte de lieux du patrimoine culturel et naturel non classés mais significatifs. A cet égard, il convient de noter l’effort louable du Comité sri lankais de l’ICOMOS qui a coordonné la préparation d’une enquête sur le patrimoine culturel affecté par le tsunami, en collaboration avec sept universités nationales.

A la suite de la mission, le Centre du patrimoine mondial a préparé plusieurs propositions de projets de réhabilitation du bien du patrimoine mondial et d’autres biens touchés par le tsunami le long des côtes du pays. Ces projets, approuvés par les autorités nationales, incluaient la préparation d’un plan de gestion pour la Vieille ville de Galle et son ancien port, la modernisation de l’infrastructure et des installations et la mise en place de documentation et de signalétique pour une meilleure mise en valeur du site. Concernant la remise en route de l’Unité d’Archéologie marine et la réhabilitation du Musée maritime, des négociations étaient en cours lors de la mission entre les autorités sri lankaises et le gouvernement néerlandais. Le Centre du patrimoine mondial a demandé aux autorités nationales le résultat de ces négociations pour éviter les duplications et coordonner les efforts. D’autres projets, développés pendant la mission, concernaient l’établissement d’un système de suivi pour la conservation des remparts anciens de Galle, et la réhabilitation de plusieurs sanctuaires endommagés le long de la côte, avec la participation active des communautés locales. Ces projets ont été présentés au gouvernement norvégien pour financement éventuel. Lors de la rédaction du présent rapport, le Centre du patrimoine mondial n’avait pas reçu de réponse de ce bailleur de fonds.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Exprimant sa plus profonde sympathie aux autorités sri lankaises et aux victimes du tsunami du 26 décembre 2004,

3. Félicite hautement l'Etat partie du Sri Lanka et le Comité sri lankais de l'ICOMOS de leur mobilisation pour préserver le patrimoine culturel du pays lors d'une catastrophe nationale ;

4. Encourage la communauté internationale à contribuer à la réhabilitation du bien du patrimoine mondial de la Vieille ville de Galle et ses fortifications, ainsi que du patrimoine culturel du pays en général ;

5. Encourage également l'Etat partie à intégrer, dans le cadre de sa stratégie de reconstruction et de ses mécanismes opérationnels, le souci du patrimoine culturel, et notamment de l'architecture vernaculaire et des paysages culturels traditionnels qui pourraient ne pas avoir été classés d'après la législation en vigueur sur les antiquités ;

6. Demande à l'Etat partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé du résultat des négociations avec les divers bailleurs de fonds disposés à contribuer à la sauvegarde du patrimoine culturel du bien du patrimoine mondial.