1.         Ksar d'Aït-Ben-Haddou (Maroc) (C 444)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/444/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2005)
Montant total approuvé : 22 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/444/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission de suivi réactif : 11-12 septembre 2003 ; Mission du Centre du patrimoine mondial : 29-30 novembre 2003 ; Mission d’observation de l’état de conservation du bien effectuée par le Bureau de l'UNESCO à Rabat du 8 au 11 mars 2005.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/444/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

En référence à la décision de la 28e session du Comité (Suzhou, 2004), l’Etat partie a adressé au Secrétariat, en janvier 2005, un rapport sur l’avancement de la mise en œuvre des mesures visant à la sauvegarde du Ksar, précisant notamment que le bien a été classé sur la Liste du patrimoine culturel national par le Ministère de la Culture (arrêté N° 20104 en date du 10 avril 2004).

L’Etat partie précise qu’une commission opérationnelle d’intervention composée de représentants du « Centre d’études et de recherche pour les Kasbah de l’Atlas du Sud » (CERKAS), de la délégation du Ministère de la Culture, de la Division de l’Urbanisme (province de Ouarzazate), de la Délégation de la Culture, de l’Habitat et des autorités locales (commune rurale Aït Zineb), assure le contrôle des infractions et ordonne la démolition des constructions qui portent atteinte à l’intégrité du bien (dans le rapport précédent, daté du mois de janvier 2004, la création de cette commission avait été déjà annoncée). Cette commission a effectué, pendant l’année 2004, plusieurs missions de contrôle (la dernière date du 26 novembre 2004). Cependant, aucun compte rendu de ces missions n’a été transmis au Centre du patrimoine mondial.

Un Programme «Agenda 21» pour la période 2005-2006 a été mis en place, avec l’appui technique et financier du PNUD. L’Etat partie souligne que ce projet constituera une étape essentielle dans le programme de sauvegarde et de réhabilitation du Ksar.

Prévue par le «Pacte de sauvegarde du Ksar» (adopté suite aux ateliers de consultation locale qui ont eu lieu en novembre 2003), la mise en place d’un Comité de gestion chargé du suivi de l’élaboration et de mise en œuvre du plan de gestion, ainsi que de la réalisation d’actions de sauvegarde et de mise en valeur du bien, n’a toujours pas été confirmée.

Suite à la demande de l’Etat partie, le Président du Comité du patrimoine mondial a approuvé, le 18 février 2005, une requête d’assistance internationale visant à l’élaboration du plan de gestion du bien. Il est nécessaire de coordonner la mise en œuvre de cette assistance avec la création du Comité de gestion du bien doté de l'autorité juridique, des ressources et moyens financiers adéquats pour assurer la préparation de ce plan de gestion et son application, comme cela a été déjà recommandé par le Comité du patrimoine mondial lors de ses précédentes sessions.

La dernière mission effectuée sur le site en mars 2005 par les représentants du Bureau de l’UNESCO à Rabat a constaté qu’aucune action visible n’a été entreprise et que l’état de conservation du bien n’avait pas connu d’amélioration. Le rapport souligne également que l’accès au bien est risqué, du fait que les visiteurs doivent marcher sur des sacs remplis de sable entre lesquels s’écoule l’eau de l’oued ; le moindre faux pas pouvant être dangereux, alors que la simple pose de supports permettrait d’assurer les conditions de sécurité. Il faut rappeler qu’une des missions de l’UNESCO sur le site avait préconisé des actions visant à améliorer les conditions de vie des habitants et à assurer la sécurité des lieux. Le projet de construction d’un pont a été élaboré et soumis à l’attention des autorités nationales.

Malgré les efforts de l’Etat partie, l’état de conservation du Ksar demeure inchangé depuis plusieurs années et rentre entièrement dans les conditions prévues dans les textes d’application de la Convention de 1972 pour l’inscription d’un bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, par rapport au péril prouvé (altération grave des matériaux ; altération grave de l’espace urbain et rural ou de l’environnement naturel ; perte significative de l’authenticité historique), ainsi que par rapport au danger potentiel (manque de politique de conservation).

Depuis la 24e session extraordinaire du Bureau du Comité du patrimoine mondial (Cairns, 2000), l’Etat partie est appelé à demander l’inscription du Ksar d’Aït-Ben-Haddou sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Si les mesures et les efforts mentionnés ci-dessus ne portent pas leurs fruits rapidement, cette inscription représentera la seule possibilité de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés par la sauvegarde de ce bien avant que sa dégradation devienne irréversible.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.43

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.46, adoptée lors de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicite l'Etat partie du Maroc pour le classement du bien sur la Liste du patrimoine national et la mise en oeuvre de mécanismes de consultation et de coordination institutionnels ;

4. Regrette que, malgré les efforts de l'Etat partie, l'état de conservation du bien demeure inchangé depuis plusieurs années et demande qu'une structure de gestion dotée de l'autorité juridique et de la capacité technique, des ressources et des moyens financiers adéquats pour assurer la préparation immédiate du plan de gestion du bien et son application, n'a toujours pas été effectué ;

5. Exprime sa vive inquiétude face à une situation incompatible avec le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien, qui avait justifié son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1987 ;

6. Prie instamment l'Etat partie de mettre en place, avant le 1er février 2006, la structure de gestion mentionnée au paragraphe 4 ci-dessus et d'en faire rapport au Centre du patrimoine mondial ;

7. Demande également à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS pour évaluer l'état de conservation du bien, et notamment sa valeur universelle exceptionnelle ;

8. Décide d'envisager l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, ou son retrait possible de la Liste du patrimoine mondial si les mesures susmentionnées ne sont pas mises en oeuvre d'ici le 1er février 2006.