1.         Vieille ville de Lamu (Kenya) (C 1055)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2004)
Montant total approuvé : 22 876 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO/ICOMOS du 22 au 27 mars 2004

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Absence de plan de gestion; absence de planification préventive des risques, spécialement en cas d’incendie ; problème des eaux usées ; absence de ressources.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1055/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

A la suite de la mission commune UNESCO/ICOMOS sur le site en mars 2004, l’Etat partie a été prié par le Comité du patrimoine mondial à sa 28e session (Suzhou, 2004) (décision 28 COM 15A.39) de mettre en œuvre les recommandations de la mission et de présenter un rapport d’avancement détaillé. L’Etat partie a envoyé un rapport sur l’état de conservation de la Vieille ville de Lamu le 1er mars 2005 au Centre du patrimoine mondial ; ce rapport a été transmis à l’ICOMOS pour étude. A partir de ce rapport, rédigé par le Musée national du Kenya à Lamu, l’ICOMOS et le Centre ont conclu que l’ensemble du bien est dans un bon état de conservation. Ils ont cependant noté que depuis l’inscription de Lamu sur la Liste du patrimoine mondial, il y a moins de restauration et de modernisation des espaces publics. Il est d’autre part préoccupant de constater que la mise en œuvre des recommandations de la mission d’évaluation de ces dernières années n’a pas commencé, et qu’en particulier on ne signale aucun avancement de l’établissement d’un plan de gestion.

Le rapport mentionne que la gestion et l’aménagement de la Vieille ville de Lamu représentent un problème complexe : tout d’abord, l’administration des affaires dépend de plusieurs institutions, enfin on se trouve confronté à de nombreuses forces de résistance – notamment politiques et socioéconomiques – qui entravent le progrès. La nécessité d’un plan de gestion a déjà été signalée lors de l’inscription du bien en 2001. De nombreuses questions associées à la gestion du bien ont été recensées mais aucune mesure ne semble avoir été prise pour les traiter sérieusement. Ces questions concernent notamment l’établissement d’une autorité responsable du bien du patrimoine mondial, la planification préventive des risques (spécialement en cas d’incendie), la gestion du développement incontrôlé, l’extension du bien pour inclure la ville de Shela et le mangrove de l’Ile de Manda, les dunes de sable, ainsi qu’un extension de la zone tampon. L’ICOMOS et le Centre souhaitent rappeler à l’Etat partie son obligation envers la Convention du patrimoine mondial, d’établir un plan de gestion adapté ou autre système de gestion documenté précisant comment préserver la valeur universelle exceptionnelle du bien, de préférence par des moyens participatifs (article 108 des Orientations).

L’ICOMOS a noté que le rapport témoigne implicitement d’une absence de sensibilisation et de capacité, d’un déclin de l’économie et de l’organisation institutionnelle qui entravent la gestion de la ville. Il recommande donc que l’Etat partie et les responsables du bien traitent effectivement ces questions. Il note en outre les points suivants : la Commission de planification de Lamu ne s’est pas réunie depuis deux ans ; des intérêts conflictuels se font jour entre les autorités et les investisseurs privés/la communauté, provoqués par un développement grandissant ; l’application de la loi pose un problème à cause des influences politiques et les étrangers continuent à acheter des biens immobiliers dans la Vieille ville, ce qui en modifie le caractère. On assiste à un déclin du tourisme, probablement dû à des problèmes d’eau et d’installations sanitaires, mais aucune solution à court, moyen et long terme n’a été formulée pour traiter cet important problème qui concerne le développement durable de la ville.

L’ICOMOS a constaté que le Conseil du comté de Lamu comme le Musée national du Kenya à Lamu manquaient des capacités nécessaires à la bonne gestion d’une ville du patrimoine mondial ; il a également noté un conflit d’intérêts entre les deux institutions, ce qui entrave le bon déroulement de la gestion, alors que la ville profiterait de leur étroite coopération, qui pourrait être institutionnalisée au sein d’un Comité du patrimoine ou d’une autorité responsable du site.

Le Centre signale qu’à la demande du Musée national du Kenya, un financement décentralisé de l’UNESCO (5.000 dollars EU pour 2004) prévu pour l’amélioration des capacités à Lamu, a été utilisé pour l’achat d’ordinateurs et d’équipement de bureau pour le bureau du patrimoine mondial nouvellement créé, ce qui devrait aider ce bureau à remplir ses fonctions en matière de gestion et de planification du site.

Une mission UNESCO a été entreprise à l’île de Lamu du 12 au 22 février 2005. Objectif : évaluer la situation du réseau d’alimentation en eau et la question de l’élimination des déchets solides et liquides qui pose un problème de santé publique, selon la recommandation du Comité à sa 28e session (28 COM 15B.39) et avec le soutien du gouvernement italien, via le Fonds-en-dépôt italien. La mission s’est effectuée sous forme d’initiative d’aide complémentaire à l’Etat partie et à la Vieille ville de Lamu en vue d’améliorer les conditions générales standard exigées pour que le bien puisse renforcer son statut de patrimoine mondial, notamment par la conception d’une phase préliminaire pour un projet de réhabilitation.

Pendant la mission, les experts (internationaux et nationaux) ont analysé l’environnement urbain de la Vieille ville de Lamu, la situation sanitaire de sa population, le système d’égout à ciel ouvert ainsi que le cycle urbain de l’eau, la qualité de l’alimentation en eau, les puits, l’élimination des déchets solides et excréments. Les experts ont évalué la situation matérielle des infrastructures actuelles d’alimentation en eau et d’élimination des eaux usées et la nécessité de leur modernisation. Le bassin hydrographique de Shela (dunes de sable de Shela), a été l’objet d’une attention particulière, conformément à la demande de la 28e session du Comité du patrimoine mondial  (Suzhou, 2004).

Le principal résultat de la mission en termes d’analyse de la situation locale a été de découvrir que le service d’approvisionnement en eau était inadapté, ce qui – ajouté à la pauvreté environnante, au déséquilibre grandissant entre la population locale et étrangère, et au réseau sanitaire inadéquat – constitue la principale contrainte à l’efficacité de la gestion et de la conservation du bien du patrimoine mondial de la Vieille ville de Lamu. Dans leur rapport d’évaluation et leur projet de réhabilitation, les experts ont proposé un projet pilote ciblé sur un minimum de conditions d’hygiène nécessaires permettant une amélioration sanitaire et sociale. Cela inclut l’amélioration de l’alimentation en eau et des réseaux d’assainissement et d’égouts, ainsi que des initiatives pour éliminer les déchets solides de la communauté. Le rapport ébauche les grandes lignes des plans et budgets du projet de réhabilitation nécessaire pour la mise en œuvre d’un scénario de réhabilitation minimum, optimum et idéal. Il présente aussi des propositions pour des études hydrogéologiques complémentaires du bassin versant de Lamu.

Le rapport de mission souligne également la nécessité de protéger d’un développement incontrôlé et illégal la zone essentielle du bassin versant des dunes de sable de Lamu.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.39, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Accuse réception d'un rapport d'étape du bien culturel de Lamu, rédigé par les Musées nationaux du Kenya et le Bureau d'urbanisme et de conservation de Lamu ;

4. Renouvelle sa demande à l'Etat partie du Kenya d'instaurer et de mettre en place un plan de gestion pour la Vieille ville de Lamu ;

5. Recommande que l'Etat partie mette en oeuvre et de traite les recommandations faites par le Comité à sa 28e session (Suzhou, 2004), y compris de voir s'il est possible d'étendre la zone centrale et la zone tampon du site, pour inclure les dunes de sable de Shela et la zone de mangrove sur l'île de Manda, afin d'assurer l'intégrité du bien du patrimoine mondial ;

6. Prend note des résultats de la mission UNESCO d'évaluation de la situation en matière d'alimentation en eau, élimination des déchets solides et liquides à des fins de santé publique, et approuve le projet pilote ciblé sur un minimum de conditions d'hygiène nécessaires permettant une amélioration sanitaire et sociale ;

7. Invite les bailleurs de fonds à soutenir le projet de réhabilitation des réseaux d'alimentation en eau et d'assainissement de Lamu, ainsi que la gestion de ses déchets solides ;

8. Demande à l'Etat partie de présenter au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2006,un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre des recommandations faites par la mission conjointe UNESCO/ICOMOS de 2003, pour examen par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006).