1.         Parc national de Durmitor (Monténégro) (N 100bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (vii)(viii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/100/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1988)
Montant total approuvé : 117 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/100/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO 1996 ; mission conjointe UNESCO/UICN, 17-21 janvier 2005.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Projet de barrage sur la rivière Tara ; problèmes de limites ; développement du ski ; abattage de bois. 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/100/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Les menaces envers le parc national de Durmitor posées par un projet d’installation hydroélectrique ont déjà été discutées par le Comité du patrimoine mondial en 1985 ; le Comité a alors identifié le bien « pour inscription possible sur la Liste du patrimoine mondial en péril » et noté « ce bien a été menacé par la construction d’un barrage sur la rivière Tara, toutefois en raison de pressions publiques intérieures et extérieures à la Yougoslavie, cette proposition a été annulée. Le Comité note sa satisfaction que cette menace ait à présent disparu et félicite les autorités yougoslaves d’utiliser au mieux la Convention pour soutenir les efforts de protection de ce bien ».

L’UNESCO et l’UICN ont à nouveau été informés en 2004 d’un projet de centrale hydroélectrique à Buk Bielja (HPBB). Au cours d’une réunion au siège de l’UNESCO le 19 novembre 2004, le Directeur général de l’UNESCO et le Président de Serbie et Monténégro, M. S. Marovic, ont discuté de la proposition de construction d’un barrage sur le territoire de Bosnie et d’Herzégovine et de son impact potentiel sur le bien du patrimoine mondial, le parc national de Durmitor, et sur la réserve de biosphère du bassin de la rivière Tara. Le Directeur général a donné son accord à la demande d’envoyer une mission d’experts pour étudier la situation. De plus, lors d’une réunion tenue le 10 décembre 2004 à Tirana (Albanie), le Président de Bosnie et Herzégovine, M. V. Paravac, et le Directeur général de l’UNESCO ont également discuté du projet HPBB et convenu que la mission proposée en Serbie et Monténégro devrait également rencontrer les autorités pertinentes et les organisations de Bosnie et Herzégovine.

La lettre officielle envoyée le 16 décembre 2004 par l’Etat partie de Serbie et Monténégro invitait officiellement la mission internationale d’experts.

La mission conjointe UNESCO/UICN (WHC, UNESCO Venise, UICN international et Office régional UICN) a eu lieu du 17 au 21 janvier 2005. Le rapport complet de cette mission est disponible en ligne à : https://whc.unesco.org/archive.2005. La mission a été informée du projet HPBB par différentes sources et lors de plusieurs réunions avec toute une diversité de partenaires, y compris une discussion en table ronde intitulée « Protection et valorisation de la rivière Tara » organisée par le ministère de la Protection de l’environnement et de la planification physique de la République de Monténégro, l’entreprise publique « Parcs nationaux de Monténégro » et l’Institut pour la protection de la nature, le 17 janvier 2005. La mission a examiné une gamme de documents pertinents, y compris l’étude environnementale (ES) « Usines hydroélectriques de Buk Bijela et Srbinje » : Analyse des impacts environnementaux des centrales hydroélectriques (Belgrade, mars 2000), soumis conjointement par le ministère de la Protection de l’environnement et de la planification physique de la République de Monténégro et par l’Etat partie de Serbie et Monténégro.

La mission a noté l’histoire complexe de ce projet, entamée en 1957 avec des phases intermittentes. En dépit de l’inscription de la réserve de biosphère du bassin de la rivière Tara (1977) et du parc national de Durmitor en tant que biens du patrimoine mondial (1980) et des décisions du Comité du patrimoine mondial (1985 et sessions suivantes), les activités ont repris en 1988 puis en 2000 à 2004.

La mission a relevé les principaux problèmes et soucis soulevés par différents partenaires après évaluation du projet et de ses effets potentiels : impacts environnementaux et socioéconomiques, viabilité économique à long terme, menaces pour les valeurs et l’intégrité du bien du patrimoine mondial et importance pour la réserve de biosphère UNESCO, impact sur le patrimoine culturel tangible et intangible, déplacement de populations et planification préalable des risques. De plus, la mission a identifié un certain nombre d’autres questions concernant l’état de conservation du site, y compris le plan spatial pour la région du parc national de Durmitor et ses relations avec le projet de centrale hydroélectrique, la participation du public et les problèmes de gestion ; la gestion et le plan de gestion, le développement du ski et l’exclusion de la ville de Zabljak ; d’autres facteurs affectant le bien du patrimoine mondial ; les problèmes concernant la réserve de biosphère ; le développement durable de la région de Durmitor ; et le contexte transfrontalier.

La mission a fait une large gamme de recommandations spécifiques aussi bien en suivi de la mission de 1996 qu’à propos du projet de centrale hydroélectrique, et a conclu que ce projet représenterait une menace pour les valeurs et l’intégrité du bien et la protection de la zone contiguë de la réserve de biosphère UNESCO.

La mission a spécifiquement recommandé l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril conformément aux Orientations si le projet actuel devait être poursuivi, car le barrage de Buk Bijela constitue une menace potentielle pour la valeur universelle exceptionnelle du bien ainsi que son intégrité, en particulier du fait que le Monument naturel national de la rivière Tara et la rivière de biosphère UNESCO du bassin de la Tara, zone tampon du bien du patrimoine mondial, seraient inondés par ce barrage.

À la suite des résultats de la mission, le Directeur général de l’UNESCO a transmis le rapport détaillé aux deux Etats parties de la Convention pour commentaire. Le 31 janvier 2005, des changements de limites mineurs du bien du patrimoine ont été soumis au Centre du patrimoine mondial en résultat des recommandations des missions de 1996 et 2005.

Le 1er avril 2005, un rapport détaillé a été reçu des autorités de Serbie et Monténégro, confirmant que le gouvernement du Monténégro avait stoppé le projet.

Le Directeur général a félicité l’Etat partie de son action rapide et de l’approche adoptée pour soutenir la conservation du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant les décisions 9 COM (UNESCO, 1985), 15 COM (Carthage, 1991) et 20 COM (Merida, 1996) adoptées lors de ses 9e, 15e et 20e sessions ;

3. Remercie le Directeur général de l’UNESCO d’avoir immédiatement envoyé une équipe d’experts internationaux à la fois en Bosnie et Herzégovine et en Serbie et Monténégro pour examiner le projet de barrage de Buk Bijela proposé ;

4. Note avec inquiétude les résultats de la mission conjointe UNESCO/UICN sur le site et dans les Etats parties concernés, ainsi que le rapport détaillé de l’équipe de la mission ;

5 . Demande aux autorités de Bosnie-Herzégovine de respecter pleinement la Convention, en particulier son article 6.3 et de ne prendre aucune mesure qui puisse menacer les valeurs et l’intégrité d’un bien situé sur le territoire d’un autre Etat partie à cette Convention.

6. Prie instamment les deux Etats parties de mettre pleinement en oeuvre toutes les recommandations de la mission d’experts internationaux ;

7. Félicite le gouvernement de Serbie et Monténégro et les autorités de Monténégro pour l’action immédiate prise afin de stopper le projet d’installation hydroélectrique et demande que, pour tout autre projet potentiel, les normes internationales des études d’impact environnemental soient appliquées et toutes les mesures nécessaires prises pour minimiser et de préférence éliminer les menaces directes et indirectes envers le bien du patrimoine mondial ;

8. Encourage les deux Etats parties à ratifier les autres accords internationaux pertinents, y compris la Convention de Aarhus et la Convention du Danube ;

9. Prie instamment les deux Etats parties de collaborer pour la recherche d’autres solutions énergétiques et pour respecter pleinement les clauses de la Convention et de ses afin de protéger le bien du patrimoine mondial du parc national de Durmitor et les autres zones protégées de la région ;

10. Demande en outre aux deux Etats parties de fournir au Centre du patrimoine mondial un rapport à jour, comprenant toutes nouvelles décisions liées au projet de barrage ou à d’autres projets et questions de développement, ainsi qu’à la collaboration transfrontalière, avant le 1er février 2006, pour examen par le Comité lors de sa 30e session (Vilnius, 2006).

Décision adoptée: 29 COM 8B.15

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-05/29.COM/8B, WHC-05/29.COM/8B.Add 2 et WHC-05/29.COM/INF.8B.2,

2. Décide de modifier les limites du Parc national de Durmitor (Serbie et Monténégro) afin qu'elles correspondent aux limites du parc national approuvées par l'Etat partie en 1997 et excluant la ville de Zabljak du bien. Le bien du patrimoine mondial, conformément aux limites actuelles du parc national, comprend donc une superficie de 34 000 ha ;

3. Demande à l'Etat partie de Serbie et Montenegro de soumettre une carte topographique de l'ensemble du parc national sur une seule feuille, d'informer le Centre du patrimoine mondial de l'assistance dont il a besoin pour préparer cette carte, et d'informer le Comité de tous les changements apportés à l'avenir dans les limites du parc national.