1.         Parc national de Keoladeo (Inde) (N 340)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Visite du Centre du patrimoine mondial, 29 - 30 mars 2005.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/340/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Au cours des six derniers mois, le Centre du patrimoine mondial a reçu de nombreux rapports sur la menace qui pèse sur le bien du fait que l’eau des rivières n’est pas libérée afin de maintenir l’écosystème de terrains marécageux du parc national. Le Centre a abordé la question avec l’Etat partie qui a répondu en mentionnant que des propositions étaient examinées pour la fourniture d’eau provenant d’autres sources et qu’une surveillance étroite de l’état du parc se poursuivrait.

Comme une mission du Centre était déjà prévue pour visiter le parc national de Manas, l’occasion a été saisie de visiter aussi le parc national de Keoladeo. La mission s’est rendue sur le bien du 29 au 30 mars 2005 et un rapport de mission détaillé sera disponible à l’adresse Internet suivante : http://whc.unesco.org/archive/200www.unesco.org/5. La mission a noté que des problèmes de conservation de ce bien de terrains marécageux avaient subi l’influence négative d’une récente décision du gouvernement de l’Etat du Rajasthan de ne pas libérer l’eau du barrage de Panchana, sur la rivière Gambhir, environ neuf km en amont du parc, qui est actuellement la seule source traditionnelle et naturelle d’eau pour le parc. Le parc national de Keoladeo (KNP) est un terrain marécageux artificiel de 28,72 km² qui contient également des écosystèmes de prairies et de bois. La survie des terrains marécageux dépend des pluies de moussons et, pour une grande part, de la libération en temps opportun de l’eau de l’Ajan Bund (à environ 500 mètres de la limite sud-ouest du parc) qui à son tour reçoit l’eau de la Gambhir par le barrage de Panchana. Les besoins annuels d’eau pour maintenir la fonction écologique des terrains marécageux sont d’environ 15,5 millions de m3, alors que le besoin minimum est d’environ 9,9 millions de m3. Au cours des quinze dernières années, c’est en moyenne 9,3 millions de m3 qui ont été fournis annuellement par l’Ajan Bund entre juillet et septembre. En l’absence de cette eau, la survie de l’écosystème marécageux et le maintien des valeurs du bien sont mis en question.

La mission a été informée qu’en 2004-2005, 0,5 millions de mètres cubes d’eau seulement ont été fournis au KNP, et déjà les impacts nocifs deviennent visibles, sous la forme d’une poussée d’herbes très dense et de la progression des espèces forestières dans les terrains marécageux du parc. S’il n’y a pas d’apport d’eau au cours des prochains mois de mousson, les valeurs de ce bien subiront indubitablement des dommages considérables, pouvant éventuellement mettre en question son statut de bien du patrimoine mondial. La mission a été informée des plans envisagés par le gouvernement d’Etat pour répondre aux besoins en eau du parc par un système de conduites d’eau potable qui sera bientôt achevé, et ensuite par la construction d’une conduite spécifique provenant de la rivière Chambal, sous réserve de la mise à disposition de fonds par le gouvernement central. Toutefois, l’eau provenant de ces sources sera probablement inerte, dépourvue de poissons et d’autres organismes qui jouent un rôle critique dans le maintien de la vie de l’écosystème marécageux du parc national de Keoladeo.

Ce problème attiré largement l’attention du public et des médias en Inde et à l’étranger. Le Comité de pouvoir central (CEC) nommé par la Cour suprême de l’Inde (pour suivre et assurer l’exécution des ordres de la Cour sur les questions de faune sauvage et de forêts) a également examiné le problème de Keoladeo après avoir effectué une visite sur le site en mars 2005 et a soumis un rapport à la Cour suprême pour qu’elle édicte des instructions/directives appropriés à ce sujet. Le rapport souligne la nécessité d’alimenter le parc national de Keoladeo en eau du Panchana Dam par l’intermédiaire de l’Ajan Bund, opération absolument nécessaire pour sa survie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.8

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Exprime sa sérieuse inquiétude devant la situation actuelle du parc national de Keoladeo (KNP) résultant d’un apport d’eau insuffisant pour maintenir l’écosystème marécageux du bien ;

3. Estime nécessaire que la quantité d’eau requise soit distribuée au Parc national de Keoladeo (KNP) depuis le barrage de Panchana entre les mois de juillet et septembre 2005, et ensuite régulièrement chaque année, que l’on effectue les réparations essentielles du canal de Ghana qui transporte l’eau du barrage d’Ajan au Parc afin d’éviter les pertes d’eau au cours de sa transmission ;

4. Demande à l’Etat partie de l’Inde de soumettre, au plus tard le 1er février 2006, au Centre du patrimoine mondial un rapport complet sur l’état de conservation du bien, y compris notamment sur les mesures prises pour résoudre la crise de l’eau, et de fournir des informations pour chacune des dix dernières années sur :

a) l’étendue de l’écosystème marécageux dans le parc ;

b) la diversité des espèces et le nombre d’oiseaux migrateurs et d’oiseaux

nicheurs résidents ;

c) le nombre de têtes de bétail échappées qui paissent à l’intérieur du parc ;

d) le nombre de touristes ; et

e) toute autre information considérée comme pertinente, pour examen par le Comité lors de sa 30e session (Vilnius, 2006).