1.         Sanctuaire de l'oryx arabe (Oman) (N 654)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/654/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-2003)
Montant total approuvé : 95 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/654/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UICN en 2000 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Braconnage ; exploration gazière et pétrolière ; surpâturage par les troupeaux, marquage des limites ; planification de gestion et régime de gestion.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/654/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Le Centre du patrimoine mondial a reçu une copie du plan de gestion du sanctuaire de l’oryx arabe avec une lettre d’accompagnement de l’Etat partie en date du 5 octobre 2004, ainsi qu’un rapport de l’Etat partie en date du 22 février 2005 soulignant les progrès accomplis dans la réalisation de ce plan y compris les mesures de réglementation et de suivi, la formation du personnel et le développement de capacité.

L’UICN a reçu en 2005 des informations indiquant qu’au cours des huit années passées (1996-2004), plus de 200 des 450 oryx sauvages d’origine avaient été braconnés. Ces rapports indiquent que les braconniers proviennent de communautés adjacentes, principalement des régions côtières, et que le trafic illégal traverse les Emirats Arabes Unis (UAE) ou s’y arrête pour finir entre les mains de collectionneurs privés. Quelques braconniers ont été arrêtés, mais cela n’a pas empêché cette pratique de se poursuivre. La vaste superficie du sanctuaire (2,75 millions d’hectares) et la prolifération des pistes de l’industrie pétrolière et des véhicules à quatre roues motrices a rendu difficile la détection des braconniers.

Le plan de gestion révèle qu’une nouvelle limite et un système de zonage ont été mis au point. Ce plan reconnaît cinq zones : zone de protection spéciale devant servir de refuge pour la faune sauvage, zone d’utilisation contrôlée qui recouvre des régions contenant d’autres ressources biologiques importantes, zone tampon, zone d’utilité et zone d’utilisation spéciale.

Il est prévu d’appliquer ce plan de gestion sur une période de cinq ans au cours desquels le ministère des Municipalités régionales, de l’environnement et des ressources hydraulique établira une carte plus précise de ces zones et proposera tout perfectionnement nécessaire. Les politiques et les activités d’utilisation des terres devant être appliquées à l’intérieur du sanctuaire sont définies en fonction de la zone et du secteur. La dernière mission de l’UICN en 2000 a indiqué que la contrebande était mieux contrôlée, due à l’augmentation de la surveillance et à la création d’un organisme de coordination régional pour l’oryx d’Arabie impliquant l’UAE, mais le récent rapport sur la poursuite du braconnage de l’oryx arabe est décourageant.

Le plan de gestion témoigne de l’engagement de l’Etat partie dans l’établissement d’un régime de gestion sain pour le sanctuaire de l’oryx arabe (AOS). L’utilisation de zones avec des activités prescrites à l’intérieur de la réserve et les politiques sectorielles fournissent un cadre utile pour définir des politiques et des pratiques de gestion. Toutefois, le plan de gestion soumis est pratiquement le même que le projet développé dans la fin des années 1990 et approuvé par le ministère des Municipalité régionales, de l’environnement et des ressources hydraulique (MRMEWR) en 2000.

Les propositions de marquage des limites et le développement de la capacité de gestion du ministère et des installations à l’intérieur du bien sont soutenues, de même que l’approche du développement touristique, la coordination inter-agences et la proposition d’étudier et de contrôler les accès de véhicules hors pistes.

L’UICN estime que certains aspects de ce plan pourraient être renforcés, entre autres : la signification de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial et la valeur universelle exceptionnelle du bien doivent être soulignées plus fortement dans le plan ; le maintien ou le renforcement de la valeur universelle exceptionnelle du bien doit servir de base à la gestion ; le rôle central du pétrole, du gaz et des ressources minières pour l’économie d’Oman est bien compris, de même que le fait que les concessions pétrolières/gazières et minières sont préalables à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial. Par ailleurs, on comprend que les contrôles imposés cherchent à réglementer ces activités à l’intérieur du bien. Toutefois, les clauses actuelles du plan qui permettent sous conditions les activités minières (exploration et production de pétrole, de gaz et de minéraux) dans toutes les zones du bien ne sauraient être soutenues ; des utilisations autorisées en zone 3 (zone tampon) qui incluent la production de pétrole, de gaz et de minerais, les grosses industries, le logement et la colonisation, etc., ne sont pas compatibles avec l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Les trois zones (1, 2 et 3) doivent rester à l’intérieur du périmètre protégé par décret royal, mais l’Etat partie a soumis une proposition révisée qui limite le bien du patrimoine mondial aux zones 1 et 2 ; il y a dans ce plan une zone qui permet à la zone 5 (zone d’utilisation spéciale) d’outrepasser toutes les autres zones. Il serait préférable que ces surfaces soient clairement identifiées et des utilisations appropriées bien définies ; toute proposition de modification des limites du bien fondée sur des négociations avec les intérêts pétroliers, gaziers et miniers doit être clairement identifiée ; la proposition d’autoriser l’accès public sur les routes primaires et secondaires à condition de demeurer à moins de 200 mètres des routes doit être surveillée de près et revue si nécessaires ; les propositions touristiques sont appropriées, à condition qu’elles débouchent sur des actions dans un cadre temporel raisonnable et sous réserve que le ministère des Municipalités régionales, de l’environnement et des ressources hydrauliques (MRMEWR) ait la capacité et la présence sur place nécessaires pour gérer efficacement ces activités ; le plan manque d’indicateurs et d’objectifs adéquats. Il est recommandé de mettre au point un plan d’action faisant apparaître des actions prioritaires dans le cadre du plan à cinq ans ; le plan ne donne aucune indication sur le personnel et les ressources financières, en capital et récurrentes, qui seront nécessaires pour mettre le plan en œuvre. Il est recommandé d’inclure une évaluation des ressources financières nécessaires pour la mise en œuvre du plan et un engagement de l’Etat partie de financer cette mise en œuvre.

De plus, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent les positions politiques du Conseil international des mines et des métaux (ICMM) ainsi que de la Compagnie Shell Oil sur la cessation de toute extraction dans les zones du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.6

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15B.8 adoptée de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicite l’Etat partie d’Oman d’avoir répondu à sa demande et soumis le plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial, ainsi que pour ses efforts de conservation du bien et les progrès récents indiqués ;

4. Note la lenteur de progression de l’établissement d’un régime de gestion efficace pour ce bien et le fait que les intentions positives du plan de gestion ne sont pas remplies en raison du manque de financement ;

5. Demande à l’Etat partie de clarifier les progrès accomplis dans le cadre du plan de gestion et les niveaux actuels de soutien financier, ainsi que la situation concernant les activités actuelles de braconnage, les menaces et leurs causes sous-jacentes, ainsi que les actions prises pour résoudre ces problèmes, étant donné les rapports récents sur la poursuite du braconnage et du commerce illégal d’espèces en danger ;

6. Demande également à l’Etat partie de fournir un rapport détaillé sur la question soulevée à propos du plan de gestion et de sa mise en oeuvre avant le 1er février 2006, pour examen par le Comité lors de sa 30e session (Vilnius, 2006).