1.         Zone de conservation de Ngorongoro (République-Unie de Tanzanie) (C/N 39bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iv)(vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1984-1989

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2004)
Montant total approuvé : 255 139 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UICN 21-24 avril 1986 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Densité accrue de population humaine pastorale : immigration de communautés agricoles ; braconnage ; diffusion d’espèces envahissantes ; pression touristique.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

Le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport de l’Etat partie en date du 20 janvier 2005 selon la demande de la 26e session du Comité, rapport qui a été transmis à l’UICN pour commentaires.

Le rapport de l’Etat partie aborde la demande du Comité concernant la culture et l’usage du bétail à l’intérieur du bien,  reconnaît que la persistance des cultures reste le conflit le plus grave concernant l’utilisation des terres à l’intérieur de la zone de conservation de Ngorongoro (NCA) et recommande une série de mesures ayant fait l’objet d’accords avec les communautés locales, l’administration des villages et les chefs traditionnels. L’Etat partie affirme que l’autorité de la zone de conservation de Ngorongoro (NCA) a continué à empêcher les immigrants d’entrer et les habitants en place de cultiver. Des négociations pour trouver un autre terrain d’agriculture et installer les immigrants à l’extérieur du NCA sont encore en cours. On espère que les autorités, en collaboration avec les chefs de communautés, pourront reloger jusqu’à 200 familles dans un endroit approprié une fois l’accord obtenu, mais aucun calendrier précis n’a été fixé. La gestion du NCA elle-même sera relogée à l’extérieur du parc pour réduire les pressions humaines sur la région.

En ce qui concerne les problèmes de gestion, le rapport déclare que le plan de gestion actuel est en cours d’examen, la première et la deuxième phases de cet examen ayant été effectuées en janvier et février 2005 respectivement. Ces deux phases comprennent la délimitation en zone tampon des régions entourant le NCA. Le rapport note qu’une nouvelle étude des limites a été achevée et que le travail est entre les mains du ministère des Terres pour délivrance du titre de propriété.

En ce qui concerne la pression touristique, l’Etat partie déclare que la NCAA en collaboration avec l’Institut tanzanien de recherche sur la faune sauvage (TAWIRI) et d’autres, effectue actuellement une étude d’impact environnemental concernant l’excès de véhicules dans le cratère, étude pour laquelle le Fonds du patrimoine mondial a fourni 10.000 dolllars EU en 2001. Les résultats de cette évaluation serviront à la NCAA pour déterminer un niveau d’utilisation durable du cratère. Entre temps, les visites au cratère sont réduites à une demi-journée et le droit d’entrée des véhicules a été augmenté de 60%. L’Etat partie déclare également que le NCA a diversifié les activités touristiques par la promotion de safaris pédestres et de tourisme culturel sur les biens archéologiques afin de réduire le nombre de véhicules dans le cratère. La participation de la collectivité locale et les efforts de réduction de la pauvreté tournent actuellement autour des safaris pédestres. Les recettes acquises sont divisées entre la NCAA et les communautés locales.

Le rapport de l’Etat partie souligne des plans futurs d’amélioration du statut de la NCA par une restructuration de la NCAA. Pour la première fois, la NCAA disposera d’un plan stratégique, d’un nouveau projet de services et de nouvelles structures d’organisation. L’autorité doit également entreprendre la revue de l’ordonnance de Ngorongoro CAP 413 de 1959, qui doit avoir lieu pendant la prochaine année financière. D’autres engagements sont liés aux efforts de la NCAA pour mettre de côté les fonds permettant d’obtenir et de développer d’autres zones, à l’extérieur de la NCA, qui seront utilisées pour reloger les immigrants et ceux qui n’ont pas la possibilité de survivre en tant que pasteurs.

La NCAA entreprend une surveillance périodique des ressources en flore et en faune ; le Centre du patrimoine mondial note toutefois qu’aucune référence n’est faite dans ce rapport au déclin des populations de gnous et autres ongulés de plaines. Ces populations ont précédemment fait l’objet d’une étude à la demande de la NCAA, étude publiée en 2002 : Etude des ongulés du cratère de Ngorongoro, 1996-1999, rapport final. Le rapport de l’Etat partie ne fait aucune mention sur la mise en œuvre des recommandations du rapport, telles que : l’établissement d’un comité scientifique multidisciplinaire ; le lancement d’une étude hydrologique de l’ensemble du NCA ; la mise en œuvre d’un programme de brûlis écologiques; l’atténuation des travaux routiers du cratère, inacceptables sur le plan écologique ; le développement d’un plan routier complet soumis à une EIE, et la surveillance du tourisme dans le cratère (voir 26 COM 21 (b) 22).

Le Centre du patrimoine mondial informe qu’un financement a été trouvé auprès du Fonds du patrimoine mondial, pour un montant de 19.294 dollars EU, pour préparer un dossier de candidature et un plan de gestion intégré pour Ngorongoro en tant que bien mixte, comprenant des critères culturels en raison de la richesse de son patrimoine archéologique et paléontologique.

Le Centre du patrimoine mondial note que le plan général de gestion du NCA établi en 1996 était prévu pour guider la gestion pendant cinq à dix ans, raisons pour laquelle une révision de ce plan global est recommandée.

L’UICN a reçu de la Société zoologique de Frankfort (FZS) une information indiquant que le tourisme et l’usage pastoral du cratère de Ngorongoro et de la zone environnante a énormément augmenté depuis une décennie, et exerce actuellement un impact direct sur ce bien. Le rapport indique qu’en dépit de plusieurs décennies d’efforts concertés, l’absence de gestion touristique et l’envahissement illégal persistent à l’intérieur du bien du patrimoine mondial. L’UICN reconnaît son implication à Ngorongoro depuis les années 1950 et reconnaît les défis qu’impliquent les systèmes multiples d’utilisation des terres en Afrique ; il reconnaît spécifiquement le NCA comme le lieu d’une des premières tentatives pour intégrer l’utilisation humaine avec les valeurs de conservation dans une zone de conservation africaine et félicite les autorités tanzaniennes des efforts (zone de conservation de Ngorongoro) accomplis au cours des années précédentes pour améliorer le statut de ce bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN s’inquiètent de voir que l’Etat partie n’a pas abordé de manière adéquate un certain nombre de questions conformément à la demande de la 26e session du Comité (Budapest, 2002), y compris le problème des espèces envahissantes dans les champs de blé entourant Karatu. Une étude d’impact environnemental appropriée, consultative et détaillée de tous les développements futurs dans cette région doit être entreprise, et les recommandations des évaluations existantes doivent être mises en œuvre.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7B.Rev,

2. Rappelant la décision 28 COM 15A.6, adoptée lors de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicite l’Etat partie de la République-Unie de Tanzanie pour les actions positives entreprises pour la conservation et la protection du bien ;

particulièrement dans l’allègement des pressions touristiques, la diversification des activités touristiques, l’amélioration des moyens d’existence des pasteurs locaux et les actions pour restructurer l’organisation de la NCAA, introduire un nouveau système de services et améliorer la gestion de la zone ;

4. Demande à l’Etat partie de finaliser les plans en s’attaquant au problème de la population pastorale résidente, en réduisant la population agricole immigrante et en revoyant le plan général de gestion, la réglementation de Ngorongoro et son plan de gestion ;

5. Demande également à l’Etat partie de fournir une information sur les progrès accomplis pour contrôler la forte pression touristique à l’intérieur du cratère, y compris les résultats de l’évaluation de l’excès de véhicules ;

6. Renouvelle sa requête antérieure, formulée lors de sa 26e session (Budapest, 2002), demandant que l’Etat partie rende compte des efforts de lutte contre la plante envahissante argémone (Argemona mexicana) à l’intérieur du cratère ;

7. Demande à l’Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2006, un rapport sur l’état de conservation du bien, y compris les un rapport sur l’état de conservation du bien, y compris les problèmes, pour examen par le Comité lors de sa 30e session (Vilnius, 2006).