1.         Rizières en terrasses des cordillères des Philippines (Philippines) (C 722)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1995

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2001-2012

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/722/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-2001)
Montant total approuvé : 153 200 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/722/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Septembre 2001, mission de suivi réactif UICN/ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Absence d’autorité de gestion efficace du site et de législation appropriée ; absence d’un plan de gestion stratégique final du bien ; Réduction de l’intérêt du peuple Ifugao pour sa culture et l’entretien des terrasses rizicoles ; absence de ressources financières et humaines.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/722/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2005

L’Etat partie a soumis au Centre du patrimoine mondial en décembre 2004 un rapport sur l’état de conservation ainsi que le schéma directeur des terrasses rizicoles d’Ifugao demandé par le Comité lors de sa 28e session (Suzhou, 2004).

Le rapport soumis par l’Etat partie résume les progrès accomplis dans les programmes de conservation des terrasses rizicoles, financés par la Commission nationale de la culture et des arts (NCCA) et l’assistance internationale reçue du Fonds du patrimoine mondial. Il propose également un projet de « tourisme écoculturel pour conserver et renforcer le paysage culturel et naturel des terrasses rizicoles ».

Avec le support financier du NCCA, des projets ont été réalisés pour répondre aux défis identifiés dans le précédent schéma directeur. Ils comprennent : gestion de l’eau ; gestion agricole ; gestion de la ligne de partage des eaux ; gestion des risques ; développement des transports ; restructuration spatiale et développement touristique ; renforcement culturel ; développement des moyens d’existence.

Le schéma directeur de conservation établi avec l’assistance du Fonds du patrimoine mondial cherche à inverser la détérioration actuelle de ce bien. Il comprend également la conservation et la gestion d’autres ensembles appartenant à la chaîne des terrasses rizicoles et proposés pour inscription. Le plan de travail s’inspire et s’appuie essentiellement sur le schéma directeur à dix ans des terrasses rizicoles d’Ifugao mis à jour, qui a été développé et formulé parallèlement au développement du plan de conservation. Le schéma directeur mis à jour fournit un cadre général des orientations et des stratégies ainsi que des indicateurs pour mesurer l’efficacité des interventions de restauration et de préservation des terrasses rizicoles d’Ifugao au cours de la période 2003-2012. Le rapport indique également que des plans existent pour l’expansion du bien.

Le plan comprend aussi des actions prioritaires dans quatre domaines principaux : gestion des terres ; systèmes de connaissances indigènes ; agriculture et sylviculture et enfin écotourisme, actions qui doivent être développées en propositions de projet pour une assistance nationale/internationale.

Le plan comprend aussi des propositions de statuts pour une structure et un système permanents et efficaces de gestion pour la conservation et la gestion des terrasses rizicoles, patrimoine mondial en péril, qui impliquent tous les niveaux d’administration, des institutions internationales jusqu’aux communautés locales avec, comme structure de décision la plus élevée, une conférence générale des partenaires agissant par le Conseil de conservation du patrimoine mondial d’Ifugao (IWHC). Ces propositions sont issues d’un certain nombre de réunions de consultation, y compris les six journées de l’atelier d’étude et de l’atelier des partenaires organisées en mars 2004. Les projets individuels sont d’une formulation méticuleuse. Par exemple, l’écotourisme est parfaitement couvert par un programme complet soulignant le renforcement des capacités institutionnelles et l’apport d’une formation pour les guides locaux et les communautés autochtones.

Le Secrétariat a cependant été informé que l’Office du patrimoine culturel des terrasses rizicoles d’Ifugao (ICTCHO) établi début 2003 par le gouvernement provincial d’Ifugao et en principe responsable de la réalisation des projets ci-dessus, pourrait ne plus exister en tant qu’entité, étant donné que le soutien financier du gouvernement national par le NCCA a pris fin.

L’ICOMOS félicite l’Etat partie et l’UNESCO de la formulation de ce plan qui devrait servir de modèle pour des biens mixtes comparables, culturels et naturels, dans d’autres pays. Son succès dépendra de deux facteurs : l’engagement et la coopération des communautés locales et la disponibilité de fonds appropriés pour sa réalisation. L’ICOMOS espère que l’Etat partie fournira au Comité des rapports annuels d’avancement sur la réalisation du plan.

L’ICOMOS s’inquiète toutefois de voir que ce schéma directeur, quoique daté de juin 2004, ne soit pas parvenu au Centre du patrimoine mondial ou à l’ICOMOS que début 2005. Il estime de plus qu’il faudrait organiser une autre mission d’experts conjointe UNESCO/ICOMOS/UICN sur le site pour évaluer la faisabilité réelle du schéma directeur de conservation au niveau du site.

Le Secrétariat et les Organisations consultatives ont reçu en septembre 2004 une information indiquant que la Banque japonaise de coopération internationale (JBIC) avait exprimé un intérêt pour aider l’Etat partie à la préservation et la conservation de ce bien, tout en soutenant le peuple d’Ifugao par des moyens d’existence de remplacement. Une étude socio-économique a été effectuée dans la province d’Ifugao en vue d’évaluer les moyens d’existence. Par la suite, un atelier s’est concentré sur la viabilité d’une usine hydroélectrique en tant que projet de ressource locale capable d’engendrer des fonds pour la conservation des terrasses rizicoles de la Cordillère philippine.

À la demande de l’Etat partie, une mission de suivi réactif de l’UNESCO sera organisée sur ce site du 30 mai au 5 juin 2005 afin de permettre à la mission d’évaluer l’impact du projet de centrale hydroélectrique sur les valeurs de patrimoine du bien. La mission pourra également participer à un atelier national sur la conservation des sites du patrimoine philippin, en particulier les terrasses rizicoles de la Cordillère philippine, qui doit être organisé par la Commission nationale philippine pour l’UNESCO. Les constatations de cette mission seront présentées au Comité lors de sa 29e session en 2005.

L’UICN remercie le gouvernement japonais de ses efforts pour aider à la conservation de ce bien. L’UICN estime que la centrale hydroélectrique proposée serait utile et salutaire à condition d’être placée dans le contexte culturel, environnemental et économique approprié. L’UICN reconnaît que le plan à cinq ans et le schéma directeur de conservation émanent tous deux de recommandations de la mission conjointe UICN/ICOMOS de 2001 et note l’existence d’un fort engagement pour résoudre les problèmes identifiés par cette mission et qui ont conduit à l’inscription de ce bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

L’approche actuelle aborde bon nombre des soucis initiaux de la mission de 2001 et reconnaît le rôle des peuples autochtones de la région dans la prise de décision. Toutefois, l’UICN s’inquiète de voir que le plan n’aborde pas la nécessité de forts contrôles sur l’utilisation des terres en matière de développement touristique et note également que le plan manque de clarté quant aux mécanismes de financement. Pour créer l’action sur le terrain, il est recommandé que l’Etat partie passe le plus vite possible du stade de planification à la réalisation. L’Etat partie doit également déterminer des références spécifiques pouvant être acceptées par le Comité du patrimoine mondial comme valables pour mesurer la progression vers le retrait éventuel de ce bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. L’UICN recommande que l’Etat partie ne se lance pas dans des plans d’agrandissement du bien avant que les problèmes existants n’aient été effectivement résolus et le bien retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril. De plus, l’idée d’un programme de jumelage figurant dans les recommandations de la mission de 2001 doit être poursuivie, particulièrement en explorant les avantages du jumelage de ce bien avec d’autres paysages de terrasses culturelles du patrimoine mondial, tels que les Cinque Terre en Italie.

Enfin, l’UICN recommande que tout développement hydroélectrique soit soumis à une évaluation complète d’impact environnemental (EIA) afin d’atténuer les impacts négatifs sur le bien du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 29 COM 7A.26

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-05/29.COM/7A et le projet de décision 29 COM 7A.26.Rev,,

2. Rappelant la décision 28 COM 15A.27, adoptée lors de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Félicite l’Etat partie des Philippines pour les progrès accomplis pour traiter les motifs de préoccupation soulevés par la mission conjointe UICN/ICOMOS de 2001 et pour faire participer les communautés locales et les parties prenantes à tous les stades des processus de conservation et de gestion ;

4. Prend note avec inquiétude des conclusions et des recommandations de la mission de suivi UNESCO de mai/juin 2005 concernant la construction de digues contre les inondations dans le périmètre du bien. Ces digues semblent structurellement inadaptées en cas de graves inondations et ont un impact négatif sur la valeur esthétique du paysage ;

5. Recommande à l’Etat partie de mettre en oeuvre les recommandations proposées par la mission de suivi UNESCO de 2005, afin de réduire l’impact négatif des digues sur les valeurs paysagères du bien et d’en éviter l’effondrement, tenant compte des recommandations de la mission de suivi réactif de juin 2005 ;

6. Demande à l’Etat partie de conduire, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, une étude d’impact environnemental circonstanciée des principaux projets d’infrastructure prévus sur les biens philippins du patrimoine mondial, de manière à garantir un impact minimum sur la valeur universelle exceptionnelle des biens ;

7. Encourage fortement l’Etat partie à garantir l’octroi à long terme des ressources humaines et financières nécessaires au bon fonctionnement et à l’efficacité d’une autorité de gestion du site susceptible de mettre en oeuvre dès à long terme des Rizières en terrasses ;

8. Demande au Centre du patrimoine mondial, à l’ICOMOS et à l’UICN d’entreprendre une mission de suivi réactif sur le bien pour évaluer les mesures prises par l’Etat partie à la suite des recommandations des missions de 2001 et de 2005, et de définir des repères en vue d’un éventuel retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006) ;

9. Demande au Centre du patrimoine mondial, en coopération avec l’ICOMOS, l’UICN et l’Etat partie de définir des repères pour examen par le Comité à sa 30 e session (Vilnius, 2006) ;

10. Encourage l’Etat partie à poursuivre l’idée d’un programme de jumelage recommandée par la mission de 2001, en consultation avec les autorités italiennes et l’UNESCO ;

11. Décide de maintenir les Rizières en terrasses des cordillères des Philippines (Philippines) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 29 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-05/29.COM/7A and WHC-05/29.COM/7A.Add),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :