1.         Kizhi Pogost (Fédération de Russie) (C 544)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (i)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/544/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-2001)
Montant total approuvé : 38 540 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/544/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

ICOMOS (1992, 1993, 1994) ; mission UNESCO/ICOMOS/ICCROM et atelier sur place (août 2002)­ ; atelier russe complémentaire (décembre 2003).

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Intégrité structurale de l’église de la Transfiguration et projet de restauration et de conservation d’ensemble pour remplacer l’échafaudage à l’intérieur de l’église ;

b) Pression du développement touristique qui a des incidences sur le bien ;

c) Nécessité de renforcer la gestion du bien.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/544/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

La Fédération de Russie a soumis deux rapports au Centre du patrimoine mondial concernant l’état de conservation du bien du patrimoine mondial, respectivement datés des 12 juillet 2005 et de décembre 2005 et reçus le 8 février 2006.

Ces rapports ne répondent pas aux attentes du Comité du patrimoine mondial telles qu’exprimées dans la décision adoptée à sa 29e session. Les deux rapports ont été rédigés par l’autorité de gestion (le Musée de Kizhi) et ne démontrent aucun engagement de la part des autorités nationales dans ce processus. Ils ne traitent aucune des recommandations faites par le Comité concernant la fourniture d’informations sur la gestion du bien, l’évolution de la situation et la définition de la zone tampon, les informations sur les mesures de planification préventive des risques dans l’ensemble du bien, et des précisions sur l’impact touristique sur les valeurs du bien inscrit. Alors que les deux rapports fournissent dans une certaine mesure des informations sur quelques aspects du plan des travaux de construction de l’église de la Transfiguration, les données budgétaires précises ne sont pas fournies et le « rapport détaillé » donne des informations vieilles de 19 mois à la date de la 30e session. Le « bref rapport » de décembre 2005 – accompagné de photos et d’un tableau montrant « les principaux stades de la restauration de l’église de la Transfiguration et leur calendrier de mise en œuvre (1999-2014) » – donne quelques informations actualisées mais a une valeur limitée car il ne fait qu’une page.

La réponse de l’État partie à la demande du Comité du patrimoine mondial à sa 29e session est tout à fait inadaptée ; elle se borne à maintenir un schéma répété depuis de nombreuses années pour ce bien : fournir au Comité des informations limitées, rédigées par les autorités de gestion locales, sans aucune compréhension de la nature de la demande du Comité. Rien ne prouve – malgré le planning et le calendrier détaillés des travaux de restauration de l’église de la Transfiguration au niveau local – que les autorités nationales se soient engagées à financer ces travaux. On ne dispose d’aucun budget détaillé de ces travaux révélant des engagements budgétaires au cours du temps. Rien ne prouve non plus que des efforts soient faits pour traiter les questions plus générales concernant le site et mentionnées par le Comité dans ses recommandations : établissement d’un plan de gestion (qui traiterait la question des limites, définition d’une zone tampon et planification préventive des risques), et mise en place d’une stratégie touristique.

Une réunion de 100 experts en conservation a déjà été organisée en 1988 pour définir des stratégies de conservation pour ce bien, deux ans avant son inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Plusieurs missions d’experts ont été effectuées pour passer en revue son état de conservation. Elles ont toutes souligné les dangers sérieux et précis qui menacent le bien. Au cours de toutes ces années, on n’a reçu que peu de preuves attestant d’un engagement au niveau national susceptible de témoigner du maintien de la valeur universelle exceptionnelle justifiant l’inscription.

L’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial considèrent que le bien doit être placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril et qu’il ne faut pas l’en retirer avant que les repères suivants aient été approuvés et atteints :

a) Achèvement des travaux de restauration de l’église de la Transfiguration ;

b) Établissement et mise en œuvre d’un plan de gestion d’ensemble du bien (traitant les questions de développement touristique, planification préventive des risques, définition des limites et zone tampon).

L’État partie doit fournir, avant le 1er février 2007, les plans d’ensemble et un calendrier d’établissement d’un plan général et d’une stratégie de gestion décrivant clairement le concept de restauration qui sous-tend les travaux effectués à l’église de la Transfiguration, ainsi que les engagements budgétaires détaillés à long terme (10 ans) pour toutes les activités menées sur le site. Ce document devra être établi et approuvé par les autorités nationales compétentes et le Ministère de la Culture. Les Organisations consultatives, le Centre du patrimoine mondial et les autorités pourront ensuite convenir de repères détaillés.

Un bref rapport complémentaire accompagné d’une note explicative sur les activités les plus importantes réalisées au cours de la période préparatoire, ainsi que certaines informations actualisées fournies par le Musée fédéral de Kizhi, ont été transmis par les autorités nationales le 8 juin 2006.

Le rapport fait état de nouvelles informations concernant notamment l’assemblage et l’ajustement du système d’alerte contre l’incendie à l’intérieur et à l’extérieur de l’église, ainsi que le remplacement de l’ancien placard d’alimentation électrique et l’installation de nouveaux systèmes d’alimentation électrique, de communication et d’alarme.

Quelques informations concernant de nouvelles méthodes de restauration et des mesures préparatoires de conservation du bois ont également été fournies. Le rapport mentionne notamment que la principale croix a été temporairement renforcée avec des plaques en métal et que les zones touchées par des insectes xylophages ont été identifiées. L’entrée de l’église a été réparée et une entretoise en métal a été placée dans le mur nord du réfectoire.

Un tableau joint présente « les principaux stades de la restauration de l’église de la Transfiguration et leur calendrier de mise en œuvre (1999-2014) » mais ce même tableau accompagnait déjà les précédents rapports. Le rapport ajoute d’autre part que le suivi annuel de la stabilité du bien qui a été effectué par l’Institut « Spetsproectrestavratsiya » fait état d’une stabilité permanente de tous les monuments et indique qu’aucun d’eux n’est considéré en danger.

Par lettre du 9 juin 2006, les autorités russes soulignent qu’elles considèrent que l’État partie remplit ses obligations en matière de protection de ce bien, et qu’elles sont contre l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Toutefois, le tout dernier rapport ne fournit aucune information concernant le budget détaillé et les sources de financement, l’état général de conservation du bien, ni de détails sur les mesures de gestion concernant le bien ni sur la création de la zone tampon, comme l’a demandé le Comité. Il s’ensuit que les demandes d’informations formulées par le Comité à sa 29e session à Durban restent sans réponse.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.72

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B.Add,

2. Rappelant les décisions 28 COM 15B.95 et 29 COM 7B.83, adoptées respectivement à ses 28e (Suzhou, 2004) et 29e (Durban, 2005) sessions,

3. Note avec une vive préoccupation que les rapports fournis par l'État partie ne répondent pas à la demande faite par le Comité à sa 29e session;

4. Prie instamment l'État partie de collaborer étroitement avec les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial pour établir des repères détaillés (achèvement des travaux de restauration de l'église de la Transfigurationet établissement et mise en œuvre d'un plan de gestion d'ensemble du bien traitant les questions de développement touristique, planification préventive des risques, définition des limites et zone tampon);

5. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur place pour évaluer l'état de conservation et le statut de la valeur universelle exceptionnelle du bien, et engage vivement l'État partie à travailler en concertation avec cette mission;

6. Demande à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session, en 2007, un rapport détaillé, un calendrier et un plan de travail pour:

a) Un plan de gestion d'ensemble, incluant uns stratégie touristique, des mesures de planification préventive des risques et des définitions précises des limites et de la zone tampon;

b) La préparation d'une zone tampon pour le bien;

7. Invite l'État partie à fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, un schéma de restauration d'ensemble de l'église de la Transfiguration, ainsi qu'un rapport sur l'état et l'impact probable des interventions proposées sur l'authenticité et l'intégrité du bien.