1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Missions du Centre du patrimoine mondial en 2003 et 2006.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pas de limites précises du bien et pas de cartographie appropriée ;

b) Empiétement et développement urbains ;

c) Méthodes de restauration obsolètes et inadéquates ;

d) Absence d’entretien, gardiennage et systèmes de surveillance insuffisants à l’intérieure et à l’extérieur de la zone archéologique ;

e) Absence de plan de gestion et de conservation ;

f) Absence de programme de présentation et d’interprétation du site pour les visiteurs et les communautés locales.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Après l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en 1982, aucun rapport sur l’état de conservation n’a été présenté jusqu’en 2004, où le Comité du patrimoine mondial, lors de sa 28e session, a formulé les demandes suivantes à l’Etat partie :

a) redéfinir les limites précises du bien du patrimoine mondial, ainsi que les zones tampon nécessaires ;

b) garantir la protection appropriée du bien, par les instruments juridiques et de planification adéquats, dont un plan de gestion ;

c) conduire une étude complète de la conservation du bien et développer des solutions appropriées pour les différents types de détérioration ;

d) réévaluer sa politique concernant les fouilles archéologiques et les grands travaux de restauration sur le bien afin de réorienter toutes les ressources disponibles vers le renforcement des capacités du personnel technique du Département des Antiquités.

L’Etat partie a soumis au Centre du patrimoine mondial en mars 2006 un rapport principalement constitué de photos accompagnées de documents en arabe et en italien. Ce rapport a donc été renvoyé à l’Etat partie, à sa demande, en rappelant les requêtes formulées dans la décision 28 COM 15B.49 et en demandant un rapport en français ou en anglais, conformément à la décision.

En conséquence, le Département libyen des Antiquités a demandé au Centre du patrimoine mondial d’envoyer une mission afin d’aider à préparer un rapport sur l’état de conservation pour la prochaine session du Comité et à élaborer un plan d’action pour la gestion du bien.

A la suite de cette demande, une mission a été effectuée par un expert de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) pour le Centre du patrimoine mondial, du 13 au 22 mai 2006. Le rapport de mission, dans son résumé sur l’état de conservation du bien, a noté aussi bien les améliorations que les problèmes en instance. Parmi les améliorations, on a noté :

a) Une proposition de délimitation du bien du patrimoine mondial, ainsi que des zones tampon nécessaires, a été préparée par le Département des Antiquités, et ces éléments ont été soumis aux autorités locales. 

b) Les missions scientifiques étrangères travaillant sur le site sont, ou seront, engagées dans des opérations de restauration et ne se limitent pas aux travaux de fouilles. Elles contribueront aussi à la formation de techniciens locaux. En fait, les restaurations antérieures des monuments sont inadéquates et devront être reprises graduellement.

c) Une première série de mesures visant à améliorer la conservation des vestiges et la sensibilisation des populations locales a été proposée par le Département des Antiquités dans son rapport, préparé durant la mission, et doit être mise en oeuvre à partir de 2006. Ces mesures comprennent la conservation des mosaïques ; la documentation cartographique des vestiges ; la définition d’un itinéraire de visite ; des conférences pour le public local et un travail pédagogique auprès des écoliers.

Les prolèmes de conservation suivants ont également été identifiés :

a) Les tombes monumentales creusées dans la roche, situées autour de l’ancienne cité, sont insuffisamment protégées et souffrent du vandalisme, des travaux de développement de la zone rurale et des constructions entreprises dans la zone urbaine (zone tampon) ;

b) Les restaurations antérieures des monuments (béton armé et ciment) sont inadéquates et devront être éliminées graduellement ;

c) Les effluents pollués des égouts de l’agglomération qui s’écoulent dans le Wadi Bel Ghadir, à travers le bien du patrimoine mondial, affectent de manière significative l’environnement du site.

A la lumière des informations fournies concernant ce bien depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial, le rapport de mission a conclu que la mesure prioritaire à prendre pour la conservation et la gestion, avant tout projet de développement, est l’élaboration d’un plan de gestion. La mission a fait les recommandations suivantes :

a) Le rapport préparé par le Département des Antiquités ne représente que la première étape d’un travail qui doit être poursuivi activement et développé afin de coordonner les mesures à moyen terme nécessaires pour ce site. Ce plan doit être fondé sur une cartographie appropriée du site, dont la production en urgence est absolument cruciale pour permettre tout type de stratégie de conservation et de planification d’entretien. Ces documents graphiques, disponibles à différentes échelles, permettront :

(i) de visualiser l’état de conservation des structures afin de déterminer les priorités d’entretien et de restauration des vestiges, de définir les itinéraires de visite, etc..

(ii) d’assurer le contrôle des pressions du développement qui menacent le bien et des empiétements urbains, et d’étudier les zones adjacentes au site principal, en tenant compte de leur potentiel archéologique. 

b) Le futur plan de gestion devra identifier clairement les mesures juridiques de protection et leur système d’application, en particulier dans les zones tampon du bien du patrimoine mondial. Pour cette raison, il paraît essentiel d’améliorer, par l’établissement d’une commission consultative, le partage d’informations entre le Département des Antiquités, qui détient l’autorité juridique sur le site, et les autorités locales chargées de la planification urbaine.

c) Le plan de gestion doit prendre en compte une approche graduelle dans la mise en place des actions visant à préserver le patrimoine en identifiant clairement les urgences et les éventuelles mesures à moyen terme, en incluant le renforcement progressif du personnel affecté à la surveillance du site, à la restauration des vestiges et aux interventions archéologiques préventives, ainsi que sa formation indispensable. Chaque accord de coopération avec des institutions étrangères devra inclure une composante clairement définie de renforcement des capacités.

d) Les risques immédiats menaçant le bien du patrimoine mondial sont liés aux pressions imposées par les activités humaines, telles que l’empiétement urbain, le vandalisme des nécropoles et la pollution du Wadi Bel Ghadir. Ces problèmes doivent être résolus en priorité, et exigeront une augmentation significative des ressources humaines mises à la disposition des gestionnaires du site.

e) La question des risques naturels, dus principalement aux conditions climatiques, devra être traitée. Ils incluent les inondations et la végétation incontrôlée, pour lesquels un programme permanent d’entretien doit être mis au point.

f) La mission a noté que la coopération avec les équipes étrangères est correctement gérée et encourage le Département des Antiquités à poursuivre sa collaboration avec l’Université d’Al Baida, dans les domaines de la recherche archéologique et de la formation.  

g) La mission suggère qu’un projet de plan de gestion pourrait être présenté par les autorités libyennes au Centre du patrimoine mondial pour le 1er février 2008, et recommande qu’une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS soit envoyée avant la fin de 2006 pour évaluer les limites proposées pour les zones classées et les zones tampon du patrimoine mondial, effectuer le suivi des progrès accomplis et soutenir le Département des Antiquités dans son processus de planification.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.53

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B.Add,

2. Rappelant sa décision 28 COM 15B.49, adoptée lors de sa 28e session (Suzhou, 2004),

3. Note avec satisfaction qu'une proposition pour la délimitation du bien du patrimoine mondial, ainsi que de ses zones tampon, a été préparée par les autorités nationales et qu'une première série de mesures visant à améliorer la conservation du bien et la sensibilisation des populations locales a été proposée par le Département des Antiquités pour être mise en oeuvre à partir de 2006 ;

4. Demande à l'Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial des informations supplémentaires concernant la série des mesures proposées, et une carte détaillée à l'échelle appropriée montrant les limites proposées pour les zones centrale et tampon du bien du patrimoine mondial ;

5. Prie instamment l'Etat partie d'assurer, par les instruments juridiques et de planification appropriés, la protection adéquate du bien, à la lumière des limites nouvellement proposées, et de développer des solutions appropriées pour les problèmes les plus urgents (expansion urbaine, vandalisme et pollution du Wadi Bel Ghadir) ;

6. Demande aussi à l'Etat partie de préparer un plan de gestion afin de coordonner les mesures à moyen terme nécessaires pour le bien ;

7. Demande également à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour aider à passer en revue les plans ci-dessus et faciliter la formulation d'une stratégie de conservation et d'une planification d'entretien adéquates, et en particulier le développement d'un plan de gestion pour le bien ;

8. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre, pour le 1 février 2007, un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations ci-dessus, y compris l'élaboration du plan de gestion, rapport qui sera examiné par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 31e session en 2007.