L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation au Centre du patrimoine mondial (CPM) en novembre 2011. Le rapport de l’État partie répond aux questions soulevées dans la décision 35 COM 7B.76.
Le bien est très étendu et son accès est, par conséquent, difficile à surveiller. Vols et fouilles illicites sont fréquents, déchets et incendies posent des problèmes et vandalisme et usure générale affectent également les sites. Les structures d’accueil sont très simples avec, par exemple, un approvisionnement en eau très limité, des accès difficiles et peu d’interprétation sur le site. Sur place, les commodités sont rares, avec seulement quelques échoppes, des transports publics et un hébergement touristique limités. Des suggestions ont été faites en matière de zonage des monuments, d’accès, de surveillance et de pose de clôtures.
En réponse à la demande du Comité à sa 35e session, une mission conjointe UNESCO/ICOMOS a visité le bien entre le 5 et le 10 mai 2012. Au moment de la rédaction du présent rapport, seul un projet du rapport de mission était disponible. Ce rapport confirme que presqu’aucune des recommandations faites par le Comité du patrimoine mondial contenues dans la décision 35 COM 7B.76 n’a été remplie.
a) Gestion du bien
Le rapport de l’État partie mentionne qu’en 2011, la responsabilité du bien est passée du gouvernement fédéral au gouvernement provincial (département de la Culture, gouvernement de Sindh).
La mission rapportait que, selon le 18e amendement constitutionnel, les biens culturels ont été décentralisés vers les provinces. Depuis lors, le site de Makli, inscrit au patrimoine mondial, et celui de Mohenjodaro sont placés sous la surveillance du Directorat de l’archéologie nouvellement fondé dans la province de Sindh qui relève du département de la Culture du gouvernement de Sindh.
La mission considérait que, étant à la tête de plus de 1200 monuments de la province, la capacité actuelle de ce directorat était insuffisante pour diriger professionnellement le Directorat de l’archéologie. Pendant la mission, le Directeur était absent et aucun personnel technique n’assistait aux réunions. Toutefois, la mission fut informée que les travaux réalisés sur le bien avaient été confiés en sous-traitance à l’ONG ‘Heritage Foundation’ qui était représentée par un architecte de la conservation, au titre d’un protocole d’accord signé entre le gouvernement de Sindh et la Fondation du patrimoine pour une prise en charge conjointe du bien.
b) Travaux de conservation
L’État partie rapporte qu’aucune opération majeure de conservation n’a été entreprise depuis la dernière visite de suivi et que, de fait, aucun rapport n’a été adressé au CPM. Le rapport dresse un état des lieux détaillé des monuments du bien. Les monuments sont confrontés à diverses menaces notamment la détérioration des briques et de la maçonnerie résultant de l’érosion, de l’action du vent, de la dilatation thermique, de l’absence de réparation structurelle, de l’action chimique des sels et de divers dommages structurels non définis consécutifs aux séismes. Le rapport donne des détails sur les projets de réparation de chaque monument, mais ne s’étend pas sur leur contenu, mise en œuvre ni modalités de financement.
Le rapport évoque plusieurs propositions tendant à lutter contre les nombreux problèmes auxquels le bien est confronté. Ces propositions incluent notamment une analyse des composants chimiques et des programmes de désalinisation et de suivi. Le rapport préconise à juste titre de réparer et rejointoyer la maçonnerie au lieu de remplacer ou redresser les pierres comme cela a précédemment été entrepris sur le site pour prévenir la dégradation de l’intégrité des structures. Il fait état de conseils techniques pour réparer, rejointoyer et gobeter les structures en briques et maçonnerie, recommandant des interventions minimales et non un remplacement ou une reconstruction à grande échelle et souligne la nécessité d’entreprendre des études archéologiques et architecturales avant toute intervention.
La mission indiquait que presqu’aucune des mesure n’a été mise en œuvre pour traiter les sérieuses détériorations dont souffre le bien, aggravées par les deux saisons de mousson de 2010 et 2011. Récemment, la Fondation du patrimoine a commencé des travaux sur deux monuments de la période Samma proches de la tombe de Jam Nizamuddin, effectué une première évaluation générale des dommages causés à 36 monuments et rassemblé une documentation détaillée sur la tombe de Jam Nizamuddin.
c) Plan d’action d’urgence
Le rapport de l’État partie indique qu’un plan d’action d’urgence a été élaboré par le département de la Culture en collaboration avec l’administration du district comme demandé à la 33e session du Comité du patrimoine mondial. L’empiètement sur le bien de personnes déplacées à la suite des récentes inondations (un problème signalé lors de la mission d’évaluation des conséquences des inondations en 2010) a été empêché par la pose de clôtures et la mise en place d’une aide d’urgence en dehors du site, conformément à ce plan.
La mission a noté que le plan d’urgence en cas de catastrophe du District de Thatta, préparé par l’autorité de gestion des catastrophes du district (DDMA), ne précise pas la situation particulière du bien du patrimoine mondial et ne se réfère pas à un plan d’urgence spécifique pour le bien de Makli. La mission a recommandé qu’un plan de gestion des risques de catastrophes soit préparé afin de garantir que le bien ne soit pas utilisé comme zone d’évacuation en cas de situation d’urgence.
d) Adoption d’un schéma directeur général et préparation d’un plan de gestion
Le rapport indique qu’un plan pour la conservation et la préservation des monuments de Makli sera achevé d’ici décembre 2011 et sera soumis au Comité du patrimoine mondial pour approbation. Jusqu’à présent, aucune information n’a été reçue de l’État partie par le Centre du patrimoine mondial Aucune information n’a été fournie sur l’élaboration d’un plan de gestion.
La mission a noté peu de progrès concernant ces plans. Elle insiste sur les grandes dimensions et la complexité du bien avec ses milliers de monuments individuels. De plus, le site est en partie encore utilisé comme lieu de dévotion, associant des éléments matériels et intangibles. La mission a recommandé le partage du site en plusieurs groupes avec un système d’identification des monuments qui fonctionnerait comme un système de référence pour l’évaluation des dommages et leur traitement selon les groupes. Un tel système se retrouverait dans le plan d’ensemble, le plan de gestion et le plan d’action pour la conservation.
e) Conservation de la tombe de Jam Nizamuddin
Un plan pour la conservation de cette structure fait partie des projets évoqués dans le rapport mais sans aucun détail quant à sa méthodologie, ses techniques de conservation ou son financement.
La mission indique que des forages à sec ont été réalisés grâce au financement du programme ordinaire de l’UNESCO décentralisé au bureau de l’UNESCO à Islamabad. L’interprétation des données ne donne pas de résultat exploitable concernant les problèmes de stabilité du monument. Aucun système de suivi des fissures n’a été installé pour déterminer des mouvements dans les structures du monument. La documentation portant sur la tombe a été rassemblée de manière professionnelle pour la Fondation du patrimoine. Toutefois, la tombe étant ornée des hauts-reliefs de la plus grande qualité taillés dans le grès, un relevé laser scanner de l’édifice est fortement recommandé.
La mission a également rappelé la nécessité d’installer très rapidement un système de suivi adéquat ainsi qu’une station météo. Elle a aussi recommandé qu’une nouvelle étude des échantillons de carottage à sec soit confiée à un ingénieur spécialisé en mécanique de la terre, et que des études soient effectuées sur les fissures horizontales qui se sont produites dans le sol à l’intérieur du monument, afin de vérifier si ces fissures se poursuivent dans la roche (causées par des séismes).
f) Définition des limites du bien et établissement d’une zone tampon
Le rapport indique que ce travail a été demandé et sera soumis au Centre du patrimoine mondial pour son approbation lorsqu’il sera achevé.
La mission a noté que les limites de la zone tampon n’ont pas encore été identifiées et que les limites du bien ne sont pas clairement définies au nord et surtout à l’ouest. Une étude de surface a été menée pour identifier l’étendue des vestiges archéologiques et structurels, en particulier vers l’ouest. Le Commissaire du district de Thatta a propose son aide au Directeur de l’archéologie. Cette activité devrait être menée dans les mois qui viennent pour servir de base au plan directeur et aux autres plans.
g) Contrôle de l’empiètement
La mission a noté qu’aucune action n’avait été observée concernant la mise en oeuvre du contôle de l’empiètement.