1.         Centre historique de Saint-Pétersbourg et ensembles monumentaux annexes (Fédération de Russie) (C 540bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1990

Critères  (i)(ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 5 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission Centre du patrimoine mondial-ICOMOS de février 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/540/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Des craintes ayant été exprimées à propos de construction de bâtiments sur le site du patrimoine mondial, et notamment du nouveau projet de Théâtre Mariinsky, une réunion a été organisée avec les autorités russes au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO le 5 janvier 2006. À la demande ultérieure de la Commission nationale russe et à l’invitation de l’État partie, une mission Centre du patrimoine mondial-ICOMOS s’est rendue sur le site du 3 au 7 février 2006 avec l’objectif essentiel de passer en revue l’état de conservation du site du patrimoine mondial de Saint-Pétersbourg.

Le rapport de mission complet est disponible en ligne à http://whc.unesco.org/archive/2006. Les motifs de préoccupation concernaient plus précisément l’intégrité et l’authenticité du site ; ses limites et sa zone tampon ; et la manière dont les nouvelles constructions et les nouveaux aménagements (et notamment les plans du Théâtre Mariinsky) allaient potentiellement affecter la valeur universelle exceptionnelle du site. La mission a particulièrement noté les points suivants :

Théâtre Mariinsky :

L’extension du Théâtre Mariinsky consiste en trois sous-projets : a) la restauration de l’ancien théâtre (d’architecture classique du début du XIXe) ; b) la construction d’une nouvelle seconde salle ; et c) la construction d’une troisième salle en réutilisant le bâtiment du Dépôt des décors, incendié en 2003 et situé à proximité du Théâtre. La restauration de l’ancien théâtre est menée selon les standards internationaux de conservation et ne pose pas de problème important. La reconstruction, l’extension et la réutilisation du Dépôt incendié ont également été prévues selon des standards acceptables.

La partie qui porte à controverse est le nouveau bâtiment. Ce projet a fait l’objet d’un concours international officiel et transparent, géré selon les meilleurs standards internationaux. Le projet gagnant (celui de l’architecte Dominique Perrault) s’inspire des dômes dorés et des flèches de la ville mais cherche à créer un fort contraste avec l’architecture traditionnelle du site. Ce contraste est accentué par la taille de l’extension, qui fait 10 m de plus en hauteur que le Théâtre actuel. Selon le projet, le bâtiment prévu pour abriter la seconde salle du Théâtre Mariinsky est recouvert d’une enveloppe protectrice en métal doré et adopte une forme irrégulière de montagne sans relations avec le contexte architectural environnant.

Bien qu’il y ait des exemples de ce style architectural dans beaucoup d’autres villes, il convient de noter que cette question alimente des débats et préoccupe depuis longtemps le Comité ; elle a motivé la conférence de Vienne et le Mémorandum de Vienne (mai 2005), qui précise clairement la nécessité d’associer dans un continuum les aménagements modernes au paysage historique.

Une réunion venait d’avoir lieu au niveau municipal quelques jours avant la mission et la décision a été prise de réduire de 10 mètres la hauteur du nouveau complexe pour l’aligner sur la hauteur des bâtiments existants. La mission a conclu que si cette décision est confirmée, l’impact des nouveaux bâtiments sur les valeurs de patrimoine mondial sera acceptable car le nouveau bâtiment ne crée pas d’intrusion visible sur le paysage urbain et ne sera visible qu’à proximité du Théâtre.

Projet Petite Hollande :

La réhabilitation de ce quartier pour usage public se fait dans le respect de la préservation de l’intégrité de ce secteur et n’a pas d’incidence négative sur les valeurs de patrimoine mondial du site.

Extension du Musée de l’Ermitage :

L’agrandissement du Musée n’aura pas non plus d’impact négatif sur les valeurs de patrimoine mondial et fournira en fait une utilisation homogène à la Place, tout en ayant dissuasif sur la circulation envahissante.

Limites et zone tampon :

Les définitions des limites et de la zone tampon de ce site créent depuis longtemps des problèmes, cumulés avec le changement survenu depuis l’Union soviétique (époque de l’établissement de la proposition d’inscription) jusqu’à la situation privatisée et incontrôlée qui a prévalu par la suite en Fédération de Russie. La confusion qui entoure la privatisation actuelle a conduit les autorités à engager la préparation d’un plan directeur de l’aménagement urbain. Ce document devrait être achevé en juillet 2006 et inclura 72 000 ha de territoire dont la hauteur est réglementée, ainsi que tous les monuments classés du centre ville et du district urbain qui l’entoure. Sont exclus de ce régime les bâtiments et espaces inclus dans l’oblast de Leningrad adjacent, créé après la chute de l’Union soviétique. La mission n’a pu obtenir d’informations précises sur les bâtiments de ce district lors de sa brève visite.

Le rapport de la mission du Centre du patrimoine mondial présente les grandes lignes d’un processus approuvé à suivre par les responsables de la ville et les représentants de la Fédération de Russie. Ces points sont les suivants :

a) La Ville de Saint-Pétersbourg va envoyer au Centre du patrimoine mondial, via la Commission nationale russe, avant le 15 avril 2006, toutes les cartes avec l’indication des limites, des zones protégées, des bâtiments classés et des zones de protection paysagère. De plus, la Ville va envoyer un document énumérant toutes les zones incluses dans le site du patrimoine mondial en dehors du Centre historique mais qui font partie du district urbain, avec l’indication de la surface de chaque parcelle et ses coordonnées géographiques ;

b) Avant le 30 septembre 2006, la Ville de Saint-Pétersbourg va envoyer, via la Commission nationale, un avant-projet de nouvelles limites de la zone centrale du site du patrimoine mondial, ainsi qu’une explication concernant les changements proposés. En outre, la Ville va envoyer une proposition de nouvelle zone tampon du site du patrimoine mondial ;

c) Des propositions analogues (zones centrales et zones tampons) seront transmises pour tous les sites en série situés dans des secteurs extérieurs, dans le district urbain ;

d) Les autorités de la Fédération de Russie vont demander à l’oblast de Leningrad de fournir les mêmes informations et cartes pour les parties du site du patrimoine mondial situées sur son territoire ;

e) Le Centre du patrimoine mondial va étudier la proposition et enverra ses commentaires aux autorités en octobre 2006 ;

f) La Fédération de Russie enverra une demande d’inclusion de la zone tampon et des autres changements qu’il est prévu d’apporter au bien du patrimoine mondial (selon le paragraphe165 des Orientations) avant le 1er février 2007 ;

g) Le dossier sera transmis à l’organisation consultative pour évaluation, et sera ensuite soumis au Comité du patrimoine mondial.

État général de conservation :

Bien que l’on ait pu observer certains cas d’altérations de monuments historiques, l’intégrité des paysages urbains de Saint-Pétersbourg a été protégée et il existe des institutions et des mécanismes de conservation qui s’y emploient efficacement. Cependant, il faut planifier et se préparer à traiter comme il convient les nouveaux problèmes qui apparaissent : à savoir, la modernisation future des logements selon de plus hauts standards de confort, et remédier à l’augmentation spectaculaire des embouteillages.

Les efforts de conservation dans la ville sont positifs et font intervenir des outils de planification et de gestion adaptés. Plusieurs signes en témoignent : le nombre de bâtiments classés pouvant bénéficier d’une protection juridique, y compris des exemples d’architecture moderne et de constructions industrielles ; l’ampleur grandissante des investissements dans la protection du patrimoine ; et le système de zonage de la conservation en vigueur (avec définition d’une zone où les modifications ne sont pas autorisées, et d’une seconde zone autorisant les aménagements urbains dans des limites définies) et l’utilisation d’une « zone de réglementation paysagère » qui correspond à peu près à la zone tampon d’un bien du patrimoine mondial.

Les efforts de conservation pourraient être renforcés par la mise en place d’une stratégie de conservation conçue pour influer sur les perceptions négatives dans la communauté locale et visant à faire participer positivement des groupes de résidents locaux au processus de conservation. Une évaluation d’ensemble plus approfondie de l’état de conservation de ce site du patrimoine mondial exigerait un examen minutieux de toutes les initiatives entreprises par différents acteurs publics et privés. Pour autant que le Centre du patrimoine mondial soit tenu informé des principales initiatives de rénovation et de construction, et de toute nouveauté importante en matière de politique générale et de plans dans le bien du patrimoine mondial et aux alentours, l’état de conservation du bien semble bon. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.78

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Prend note de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS du 2 au 7 février 2006, et des efforts actuels des autorités pour conserver ce bien du patrimoine mondial;

3. Constate que la hauteur du nouveau Théâtre Mariinsky a été réduite de 10 mètres;

4. Demande aux autorités de prendre totalement en compte le Mémorandum de Vienne sur «Le patrimoine mondial et l'architecture contemporaine, Gestion du paysage urbain historique» (mai 2005);

5. Approuve les recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, et en particulier le calendrier de mesures et l'établissement de cartes qui ont été convenus avec les représentants de la Fédération de Russie et les autorités de Saint-Pétersbourg durant la mission;

6. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial un projet de modification des limites du bien du patrimoine mondial, incluant une définition précise des limites et des zones tampons de tous les éléments du bien, avant le 1 février 2007, pour examen par le Comité à sa 31e session, en 2007.