1.         Tour de Londres (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 488)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Impacts possibles de projets d’aménagement et de bâtiments de grande hauteur tout près du bien.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

L’État partie a soumis le 30 janvier 2006 un rapport sur le site qui a été étudié par le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS. Quatre principaux problèmes ont été identifiés :

a) Deux bâtiments de grande hauteur qui ont un impact sur la Tour ont reçu un permis d’urbanisme et de nouveaux projets d’immeubles très élevés sont à l’étude, ce qui pourrait avoir un effet négatif sur d’importantes perspectives visuelles depuis la Tour et sur celle-ci ;

b) La politique générale de protection des biens du patrimoine mondial situés à Londres – énoncée dans le Plan pour Londres – ne semble pas actuellement se traduire dans les faits ;

c) Des directives d’urbanisme révisées sur les perspectives visuelles de Londres – actuellement en cours de consultation – pourraient limiter la protection des perspectives visuelles autour de la Tour ;

d) Le plan de gestion de la Tour de Londres, qui devrait renforcer la protection de ce site, n’est pas encore finalisé ni approuvé par les autorités compétentes.

On trouvera ci-dessous quelques détails sur ces questions :

Projets de constructions de grande hauteur :

Deux hautes tours, la tour Minerva (217 m) près de la Tour de Londres, et la tour surnommée  the Shard of Glass » (306 m), près de London Bridge, ont toutes deux suscité l’opposition d’English Heritage à cause de leur impact sur le bien du patrimoine mondial de la Tour de Londres et son cadre ; elles ont cependant toutes deux reçu une autorisation d’urbanisme. La tour Minerva va apparaître juste derrière la tour Blanche (the White Tower) lorsque l’on est à Tower Bridge. Les promoteurs cherchent maintenant à obtenir l’autorisation d’édifier deux nouveaux gratte-ciels, la Bishopsgate Tower (324 m), et l’immeuble du 20 Fenchurch Street (209 m). Les deux seront très visibles vers le nord-ouest de la Tour de Londres lorsque l’on est à London Bridge.

Des bâtiments modernes déjà été construits autour de l’ensemble de la Tour, mais ils n’ont pas beaucoup modifié les rapports de volume et d’échelle. Il n’en est pas de même pour les gratte-ciels du voisinage, notamment le célèbre « Gherkin », conçu par Foster, ni pour les nouveaux projets autorisés. Dans ce cas, indépendamment de la qualité des projets, la nouvelle architecture constitue une altération du paysage urbain historique du site du patrimoine mondial.

Plan pour Londres :

Les autorisations d’urbanisme ne s’inscrivent pas dans la ligne du Plan pour Londres, qui a été approuvé en 2003 et qui présente la politique générale rappelant clairement la nécessité de protéger les biens du patrimoine mondial et leur cadre.

Perspectives visuelles de Londres :

La protection actuelle des principales perspectives visuelles de Londres est en cours de révision et les propositions récemment émises pour consultation restreignent les perspectives protégées à un point qui risque de réduire beaucoup la protection, en particulier vers le nord, de l’autre côté de la Tamise.

Plan de gestion :

Bien qu’un avant-projet ait été rédigé en 2001, il n’est toujours pas approuvé.

L’État partie a fourni le 30 janvier 2006 un rapport concernant à la fois les biens du patrimoine mondial de la Tour de Londres et du Palais de Westminster, abbaye de Westminster et église Sainte-Marguerite. Décrivant le cadre de planification du processus décisionnel, il constate que les décisions sur les nouvelles constructions doivent faire la part entre les considérations patrimoniales et les autres pour savoir « auxquelles accorder plus de poids ». On peut lire plus loin que « cela pourrait signifier qu’à l’occasion il peut être nécessaire d’accepter une légère diminution du cadre visuel d’un bien du patrimoine mondial pour atteindre d’autres objectifs de planification ». Ce rapport précise aussi que « les décisions sur les constructions doivent être prises dans le contexte des raisons de l’importance de Londres. Contrairement à beaucoup d’autres centres urbains, (…) Londres n’est pas un produit d’une période ou d’un style architectural donné ». Il cite enfin le Mémorandum de Vienne en indiquant que l’on peut accepter un léger impact négatif pour maintenir la vitalité générale d’un quartier car cela va dans le sens de ce document.

Le rapport soumis par l’État partie indique que le plan de gestion a peu de chances d’être approuvé avant 2007, car il doit y avoir encore des pourparlers entre les principales parties prenantes. Quant à la question d’une étude détaillée de l’impact des constructions, l’État partie maintient que c’est lui-même qui l’a proposé initialement et que cela apparaît dans la décision de la 27e session, mais qu’aucune discussion n’a eu lieu. Quant à la situation actuelle en matière d’aménagement, l’État partie rappelle la manière dont l’accord a été donné pour les deux tours : les deux nouvelles demandes ne sont pas mentionnées ; l’une d’entre elles a été soumise après la fin de janvier.

L’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial considèrent que les impacts des tours déjà autorisées et ceux des tours en attente de permis d’urbanisme seront beaucoup plus importants qu’un « léger impact négatif » sur la Tour de Londres. S’ils sont construits, ces immeubles pourraient brouiller ce qui reste de la silhouette de la Tour.

Pour définir plus précisément les impacts sur les perspectives visuelles, à la fois de la Tour et vers l’extérieur depuis sa courtine intérieure, il faudrait commander une étude approfondie sur le paysage urbain pour évaluer et documenter le cadre de la Tour et des perspectives visuelles essentielles associées à son statut de patrimoine mondial.

Toute nouvelle construction à Londres doit viser à maintenir ou mettre en valeur le cadre et les points de vue essentiels associés à la Tour, ainsi qu’au bien du patrimoine mondial constitué du Palais de Westminster, de l’Abbaye de Westminster et de l’église Sainte-Marguerite. Il est préoccupant que le plan de gestion de la Tour ne soit toujours pas finalisé compte tenu des constructions bientôt prévues aux alentours. Toute réduction de la protection statutaire des perspectives visuelles associées à la Tour, ou une diminution de ces perspectives signifierait une diminution de la protection de ses valeurs de patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.74

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.89, adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Note avec une vive préoccupation que les projets de nouvelles constructions autour des biens du patrimoine mondial constitués par la Tour de Londres et le Palais de Westminster, l'Abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite, semblent ne pas respecter l'importance de ces biens du patrimoine mondial, ni leur cadre, ni les perspectives visuelles qui leur sont associées;

4. Regrette que la politique générale du Plan pour Londres, destinée à protéger le bien du patrimoine mondial et son environnement, ne semble pas actuellement se traduire dans les faits; que la protection statutaire des points de vue vers la Tour et depuis celle-ci puisse être diminuée, et que le plan de gestion ne soit toujours pas finalisé;

5. Regrette également que l'étude approfondie demandée sur l'impact possible de projets d'aménagement tout près du bien du patrimoine mondial n'ait pas été soumise et qu'aucune étude détaillée du panorama urbain de la Tour, de son cadre et de ses perspectives visuelles n'ait encore été réalisée, et prie instamment à l'État partie de réaliser dès que possible cette étude du panorama urbain pour fournir un cadre qualitatif d'évaluation de l'impact des nouveaux aménagements sur les perspectives visuelles et sur le cadre qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle de la Tour;

6. Demande à l'État partie d'inviter dès que possible une mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l'impact des projets actuels de planification, dans l'esprit du Mémorandum de Vienne sur le «Patrimoine mondial et l'architecture contemporaine, Gestion du paysage urbain historique» (mai 2005) et étudier la possibilité d'inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en incluant des repères de référence et des calendriers pour les mesures correctives;

7. Demande également à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, un rapport actualisé sur l'avancement de ses engagements en ce domaine, et sur l'état de conservation du bien, pour examen par le Comité à sa 31e session, en 2007.