1.         Ensemble de Borobudur (Indonésie) (C 592)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (i)(ii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/592/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-1999)
Montant total approuvé : 5 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/592/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 7 000 000 dollars EU entre 1972 et 1983.

Missions de suivi antérieures

16-20 avril 2003 et 17-25 février 2006.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pression du développement du tourisme ;

b) Vendeurs incontrôlés autour du bien ;

c) Manque de coordination institutionnelle.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/592/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial-ICOMOS (17-25 février 2006), effectuée à la demande du Comité du patrimoine mondial (décision 29 COM 7B.53), a évalué l’état de conservation du bien du patrimoine mondial de l’Ensemble de Borobudur en Indonésie. La mission s’est intéressée en particulier aux questions relatives à la gestion globale du tourisme et du patrimoine de la localité, et au statut des premiers projets d’aménagement de routes et de construction d’un centre commercial et d’une galerie marchande (Jagad Jawa).

Comme l’avait demandé le Comité, l’État partie a confirmé par écrit (dans le rapport soumis au Centre du patrimoine mondial en février 2006) et a rappelé durant la mission qu’aucun aménagement routier important ne sera autorisé dans les zones 1, 2 et 3, qu’aucun centre commercial important ne sera construit dans les cinq zones et que le projet Jawa Jagad est maintenant annulé. La très forte mobilisation des autorités indonésiennes pour protéger la valeur patrimoniale du site et satisfaire aux demandes du Comité mérite d'être reconnue comme il se doit, compte tenu également des intérêts substantiels attachés aux projets de développement proposés.

En l'absence de stratégie, de réglementation et de procédure clairement établie concernant l'occupation des sols autour du bien du patrimoine mondial, le risque de nouveaux projets de développement inappropriés constitue cependant une menace permanente pour l'intégrité du paysage. En effet, une nouvelle proposition a été portée à l'attention de la mission pour la réalisation d'une rue commerçante en bordure nord de la zone tampon sur près de 1,5 km.

Un autre projet potentiellement dangereux concerne l'implantation d'une usine de mélange d'asphalte à proximité du temple, laquelle a été bien construite mais non mise en service à cause d'un litige entre le propriétaire et les autorités compétentes qui n'ont pas donné leur accord au projet. Des émissions de poussières provenant de cette usine pourraient menacer le programme de conservation des pierres qui constituent la structure du temple.

Comme le souligne le rapport de la mission de suivi réactif de 2003[1], le temple de Borobudur ne peut pas être considéré comme un monument isolé de son contexte. Certes, la proposition d'inscription de 1991 faisait essentiellement référence à la valeur artistique et historique du bien, mais force est de constater que sa valeur universelle exceptionnelle (c'est-à-dire la justification même de son inscription sur la Liste du patrimoine mondial) dépend aussi de la relation extraordinaire entre le monument et le milieu qui l'entoure. Celui-ci risque fort de perdre son l'intégrité si des mesures ne sont pas prises d’urgence. La protection de cet environnement est également déterminante pour le développement durable et à long terme de la communauté locale.

Quant au plan de gestion des visiteurs qui avait été demandé, bien que ce document n'ait pas été préparé par l’État partie, des efforts remarquables ont été faits depuis la précédente mission de 2003, notamment le nouveau musée baptisé « Borobudur Ship Museum » qui constitue une attraction supplémentaire, des spectacles de danse en plein air à l'entrée du site pour contrôler l'afflux de visiteurs, quelques nouvelles installations au service d’accueil des visiteurs, des mesures de sécurité renforcées, un itinéraire de visite du site clairement défini pour les touristes, des panneaux indicateurs clairement rédigés et la formation de base des guides locaux.

La multitude des étals de vendeurs autour du parc de stationnement et à l'entrée du site demeure une préoccupation majeure. La situation actuelle qui est chaotique sur le plan visuel, est incompatible avec ce qu'attendent les visiteurs d'un site du patrimoine mondial aussi réputé car l'expérience de la visite s'en trouve fortement dépréciée et entraîne aussi bien la frustration du public que de la communauté locale. Ce problème est lié à l'absence de politique générale de développement durable du tourisme dans la zone de Borobudur en se servant du temple comme d'un tremplin qui apporterait des bénéfices à toute la communauté.

En ce qui concerne les mécanismes de coordination entre les différentes institutions s'intéressant à la gestion du site et de ses environs, ils ont surtout un caractère informel (par exemple, lors de réunions occasionnelles). Un comité directeur a été créé par le Ministre de la Culture en 2004, mais apparemment il ne s'est réuni qu'une seule fois en 2005 (en février). De plus, les réunions du comité s'apparentent davantage, semble-t-il, à des forums de discussion qu'à un mécanisme de coordination organisé de façon formelle. La coordination semble donc être très médiocre et n'est régie par aucun document d'orientation ni procédure officielle.

Lors de la réunion de février 2005, par exemple, un plan d'action a été adopté pour le développement des biens du patrimoine mondial de Borobudur et de Prambanan. Il inclut des mesures à court, moyen et long terme, mais n'indique pas les responsabilités que réclame leur mise en œuvre. Quelques-unes de ces mesures donnent, en outre, l'impression d'être plutôt formulées comme des objectifs (par exemple, « Renforcement du rôle de la communauté en faveur de la préservation et de la protection des sites du patrimoine mondial »).

La répartition des responsabilités pour les zones 1, 2 et 3 entre trois institutions différentes avec des missions et des objectifs différents est à l'origine de la quasi-totalité des problèmes de Borobudur. Les décisions prises par chacune d’elles, notamment PT Taman Wisata (qui gère la zone 2, c'est-à-dire la zone tampon), sont susceptibles d'avoir une incidence sur les zones placées sous la responsabilité des deux autres, faute d'avoir une vision commune et des mécanismes de coordination clairement établis. Le problème ne vient pas seulement du manque de coordination entre ces institutions, mais du fait que leurs objectifs respectifs semblent parfois contradictoires et qu'il n'existe aucun cadre de planification et de réglementation permettant de concilier leurs différentes missions en une vision et une politique communes et d’un seul tenant.

Devant cette situation qui nuit à la bonne gestion de la conservation du bien du patrimoine mondial, il est nécessaire d'entreprendre une réforme du mode de gestion pour assurer une meilleure cohérence de la protection du cadre élargi du bien du patrimoine mondial, avec un cadre de réglementation et de planification qui permettra aux autorités compétentes de gérer plus efficacement le bien et sa zone tampon.

La mission a également examiné l'état de conservation de la pierre du temple. L'observation directe du mauvais état des bas-reliefs et les données fournies au moyen du programme de suivi dirigé par les autorités nationales, qui montrent que le degré de dégradation matérielle de la pierre continue d'augmenter, semblent indiquer que la méthode actuelle de conservation n'est peut-être pas la bonne et demande réflexion.

Une série complète de recommandations, avec des délais de mise en œuvre établis à titre indicatif, est incluse dans le rapport de mission dont les conclusions ont été longuement discutées avec les autorités nationales à Jakarta.

Ces recommandations sont les suivantes :

a) Non-exécution du projet d'aménagement d'une rue commerçante longeant la limite nord de la zone 2 ;

b) Une révision du décret présidentiel de 1992 pour créer un organisme de gestion commun aux zones 1 et 2, et l'extension du périmètre de la zone 3 (qui deviendra la nouvelle zone tampon du site) ;

c) L'instauration d'un cadre de réglementation et de planification approprié pour la zone qui entoure le bien du patrimoine mondial, en vue de préserver son caractère rural ;

d) L'établissement d'un plan de gestion du bien du patrimoine mondial de Borobudur, une fois que le nouvel organe de gestion aura été créé ;

e) Le maintien de la configuration des zones 1 et 2 et l'amélioration de la qualité et de l'aspect des infrastructures existantes où sont installés les marchands, en réduisant leur expansion et en les contrôlant pour éviter qu'ils ne débordent dans toute la zone ;

f) L’amélioration du tissu urbain, des façades et de l'infrastructure de la route et de la place menant jusqu'au site (où le village se développe de façon anarchique).

En ce qui concerne la dégradation de la pierre, la mission a recommandé de prendre dans un premier temps les mesures suivantes :

a) Établir et diriger un programme de contrôle de diagnostic pour identifier les causes de la dégradation progressive de la pierre ;

b) Organiser une réunion internationale d'experts en conservation de la pierre pour passer en revue les résultats du suivi et discuter des options futures.

Les autres recommandations qui figurent dans le rapport de la mission concernent tout spécialement les moyens d'améliorer la gestion du tourisme sur le site.



[1]Ensemble de Borobudur, Java centrale, Indonésie – Mission de suivi réactif UNESCO-ICOMOS, 16-20 avril 2003, Rapport de mission par Richard Engelhardt et Graham Brooks

 

iv>iv>

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.65

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.53, adoptée lors de sa 29e session (Durban, 2005),

3. Félicite les autorités nationales d'avoir annulé les projets de construction de grands axes de circulation, de centres commerciaux et d'une galerie marchande aux alentours du bien du patrimoine mondial, ainsi que des améliorations notoires apportées à la gestion des visiteurs dans la zone centrale du bien;

4. Demande à l'État partie de ne pas mettre à exécution le projet d'aménagement d'une rue commerçante le long de la route située au nord de la zone 2 du bien du patrimoine mondial;

5. Demande également à l'État partie de faire une évaluation de l'impact de l'usine de mélange d'asphalte pour déterminer si elle risque, ou non, de porter préjudice aux valeurs du bien du patrimoine mondial et, dans l'affirmative, de prendre les mesures qui s'imposent pour éliminer ou atténuer les risques encourus;

6. Demande en outre à l'État partie de revoir le cadre juridique et institutionnel pour la protection et la gestion du bien du patrimoine mondial et de ses alentours, conformément aux indications consignées dans le rapport de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS. Pour ce faire, durant l'année qui vient, l'État partie devra s'acquitter des tâches suivantes:

a) Élaborer un projet du décret présidentiel à réviser, en organisant une consultation préliminaire de toutes les parties prenantes et, selon le concept énoncé dans le rapport de la mission conjointe du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS;

b) Développer une proposition de conception détaillée avec les plans et les élévations à la bonne échelle pour l'amélioration de la zone d'accès;

c) Améliorer l'interprétation au sein du Musée du site, conformément au modèle du Ship Museum, et lui procurer des brochures en langue étrangère, faisant référence au statut de Borobudur en tant que bien du patrimoine mondial et aux raisons qui ont justifié son inscription sur la Liste du patrimoine mondial;

d) Élaborer et mettre en place un programme de suivi de diagnostic spécifique en vue d'identifier la cause de la dégradation progressive de la pierre, si besoin est avec l'appui du Centre du patrimoine mondial;

7. Demande par ailleurs à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, un rapport donnant des informations sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, ainsi que des repères précis mentionnés au paragraphe 6 ci-dessus, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.