1.         Site archéologique de Volubilis (Maroc) (C 836bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/836/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-1998)
Montant total approuvé : 7 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/836/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 3 700 dollars EU pour une mission technique.

Missions de suivi antérieures

2003 : mission du Centre du patrimoine mondial ; 2005 : mission d’expert.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Risques de pressions liées au développement ;

b) Mise en œuvre d’un important projet de construction à l’entrée du bien ;

c) Absence de plan de gestion.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/836/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

À sa 29e session, en 2005, le Comité du patrimoine mondial a exprimé sa préoccupation devant les vastes projets d’aménagement entrepris sur le site de Volubilis, l’importance et le volume des nouvelles constructions, et l’impact visuel de ces aménagements sur le paysage environnant. Il a donc instamment prié l’État partie d’envisager de modifier le projet en fonction des recommandations de la mission d’expert et d’en soumettre une version révisée au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS pour étude, accompagnée du programme de gestion des nouvelles installations, en liaison avec le plan de gestion d’ensemble du bien. Il a été demandé à l’État partie de définir une zone tampon afin d’assurer la protection des abords du site archéologique, et de prendre en compte le paysage environnant dans sa totalité, en particulier la plaine agricole à l’ouest du bien, indissociable de l’histoire de son implantation. Il a également été demandé de fournir un rapport sur l’avancement du projet, pour examen par le Comité à sa 30e session.

L’État partie a adressé une lettre au Centre du patrimoine mondial en janvier 2006, ainsi qu’une brochure de présentation du projet comportant des plans et des croquis, très semblable à la précédente. Il y est annoncé que le Ministre de la Culture a créé un comité d’experts chargé de la mise en œuvre de la décision du Comité du patrimoine mondial. Ledit comité a été chargé d’apporter les modifications suivantes au projet initial :

a) L’espace de présentation a été réduit de 500m2 à 420m2 et constituera l’emplacement d’un musée ou d’un centre d’interprétation ;

b) La plus grande partie de l’entrée actuelle sera conservée ;

c) La hauteur des bâtiments administratifs sera réduite afin de ne pas obstruer la vue pittoresque du site ;

d) Les bâtiments d’habitations pour les chercheurs seront conservés car ils facilitent la compréhension du site ;

e) La conception du théâtre pour le Festival de Volubilis et autres manifestations ne cherchera pas à évoquer des modèles classiques ;

f) La plantation d’arbres reprendra des espèces déjà présentes sur le site (oliviers, cyprès, palmiers, mûriers et eucalyptus).

Il est indiqué que les travaux seront menés en sept étapes qui débuteront par la démolition des anciennes constructions et le terrassement. Ce stade est presque terminé. Suivra la construction des bâtiments de la réception, du bureau de la billetterie, des toilettes, du vestiaire, de la cafétéria, des locaux administratifs, du laboratoire et des réserves archéologiques. On prévoit ultérieurement la construction des habitations des chercheurs et du conservateur, ainsi que les travaux extérieurs.

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS ne pensent pas que la réduction de la salle de musée / d’interprétation de 500 m2 à 420 m2fera beaucoup de différence pour son impact visuel. Les questions soulevées par la mission d’expert de 2005 ne sont toujours pas traitées : « La construction de l’aile droite du bâtiment proposé pose des problèmes importants du point de vue de l’impact matériel et visuel sur le bien. L’espace prévu pour la salle d’exposition paraît à la fois trop réduit pour un vrai musée de site et trop important pour une simple salle d’introduction aux vestiges archéologiques dont la réalisation ne semble pas justifier un bâtiment d’une telle envergure. L’idée même d’un musée de site devrait être reconsidérée à la lumière d’une analyse détaillée des objets dont on prévoit l’exposition. »

Quant au théâtre – bien qu’il ait été déplacé vers le nord – il reste semi-circulaire et il n’apparaît pas sur les dessins que l’on se soit soucié « de ne pas évoquer de modèles classiques ». Il n’a pas été tenu compte de la recommandation de la mission d’expert de 2005 précisant que « la construction d’un théâtre ou d’une scène fixe à l’intérieur de l’enceinte doit être absolument évitée, d’autant plus qu’une telle structure ne serait employée que lors du festival, une semaine par an. Dans l’hypothèse d’un simple traitement du terrain en forme de gradins aptes à recevoir des sièges temporaires, il faut prendre soin d’éviter de choisir une forme semi-circulaire qui évoquerait un théâtre antique dans un endroit où il n’existait pas et dans un site où aucune structure de ce genre n’a été identifiée ».

Les documents graphiques fournis ne permettent pas une bonne compréhension de certaines parties du projet, notamment concernant l’espace entre le musée et les locaux administratifs, où sont prévus un café et une grande terrasse. Il aurait fallu fournir des plans en coupe, ainsi que des vues en perspective selon différents angles. Certaines des informations figurant sur le plan du site n’apparaissent pas sur les plans des différents niveaux. Il est donc difficile d’avoir une vue précise du projet actuel par rapport au projet initial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.55

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.100 adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Félicite l'État partie des mesures prises pour maintenir l'intégrité visuelle de cet important site;

4. Regrette, cependant, que les recommandations de la mission d'expert de 2005 n'aient pas été totalement prises en compte et demande qu'une description détaillée du projet - incluant des plans et des informations sur les matériaux qui vont être utilisés - soit adressée au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS pour étude;

5. Prie instamment l'État partie de présenter un plan de gestion actualisé du bien, y compris le programme de gestion des nouvelles installations;

6. Prie instamment l'État partie, conformément au paragraphe 5 de la décision 29 COM 7B.100, de définir une zone tampon afin d'assurer la protection des limites du site archéologique, et de prendre en compte le paysage environnant dans sa totalité, en particulier la plaine agricole à l'ouest du bien, indissociable de l'histoire de son implantation ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1 février 2007, un rapport d'avancement sur la mise en œuvre des recommandations susmentionnées, pour examen par le Comité à sa 31e session, en 2007.