Dans les rapports précédents, l’accent avait été mis sur la nécessité d’assurer la protection juridique du bien, eu égard à la pression du développement urbain. Le dossier de classement de la Vallée du M’Zab en tant que secteur sauvegardé avait été constitué par l’Office de Protection et de Promotion de la Vallée du M’Zab (OPVM) dès 2003, en vertu de la Loi 98-04 relative à la protection du patrimoine, devant permettre aux autorités algériennes de préserver la valeur paysagère du site et les contrastes entre les zones bâties et non bâties. Le décret exécutif portant création du secteur sauvegardé a finalement été adopté en 2005.
Indépendamment de cette démarche, les autorités algériennes ont mené une politique très dynamique de restauration des principaux monuments et de réhabilitation de l’architecture vernaculaire des ksour. Cette action, conduite par l’OPVM en collaboration avec la population et les différents services de l’Etat, a conduit notamment à la réalisation de nouveaux quartiers inspirés des ksour anciens. D’autre part, l’OPVM constitue et dispose d’un fonds documentaire très important qui lui permet de mener une action permanente de sensibilisation et de formation.
La restauration de la gestion du réseau hydraulique actuellement dégradé faisait également partie des priorités permettant d’assurer la préservation de la valeur universelle exceptionnelle de ce bien. L’OPVM a mis en œuvre entre 2003 et 2005, à la suite d’une requête au Fonds du patrimoine mondial, le projet intitulé Réhabilitation du système hydraulique traditionnel dans la vallée du M'Zab, constitué notamment des activités suivantes :
a) Elaboration d’une base documentaire ;
b) Relevés des lieux (plan général, coupes, façades) ;
c) Documentation sur les données hydrauliques ;
d) Typologie des matériaux de construction locaux ;
e) Descriptif du système hydraulique ;
f) Elaboration de la documentation nécessaire aux travaux de remise en état du système ;
g) Travaux d’urgence et de réhabilitation.
L’Etat partie a envoyé, le 11 avril 2006, un rapport succinct sur la mise en œuvre de la décision prise par le Comité du patrimoine mondial à sa 28e session en 2004, portant à sa connaissance les nouvelles informations ci-dessous :
1) Le classement de la Vallée du M’Zab comme secteur sauvegardé :
Il a été procédé à la délimitation et à la création du secteur sauvegardé de la Vallée du Mzab par décret exécutif n° 05-209, publié au Journal officiel du 5 juin 2005.
2) Le plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur :
a) La prescription de l’élaboration du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur a été effectuée par le Ministère de la Culture et la Wilaya de Ghardaïa ;
b) Des crédits ont été alloués pour l’exercice 2006-2007 en vue de l’élaboration du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la Vallée du M’Zab ;
c) Une réunion du Comité mixte composé de représentants du Ministère de la Culture et de la Wilaya de Ghardaïa doit se tenir prochainement pour arrêter le plan d’urgence, prévu dans la première phase d’exécution du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé.
3) Le réseau hydraulique:
a) Dans le cadre de la mise en valeur du système de partage des eaux, les actions suivantes ont d’ores et déjà été réalisées :
· Relevé du site en amont de la palmeraie de Ghardaïa ;
· Réalisation des travaux de consolidation et de restauration des ouvrages hydrauliques.
b) Un projet est en cours de réalisation pour la mise en œuvre du système de partage des eaux dans la palmeraie de Ghardaïa :
· Aménagement d’une piste d’accès ;
· Construction d’un centre d’orientation et d’information ;
· Restauration du local de la commission des gestionnaires du système de partage des eaux ;
· Mise en valeur du site par l’installation d’un système d’éclairage.
4) Définition des zones non aedificandi :
Elles seront définies par le Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la Vallée du M’Zab. Les projets d’aménagement, de restauration et d’urbanisation sont soumis à l’avis du Comité mixte, lequel peut surseoir à statuer jusqu’à l’approbation du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur.
Il est donc à noter que, en dépit des actions nombreuses menées par l’Etat partie en vue de la protection et de la conservation du bien, le Plan de développement et de sauvegarde de la Vallée du M’Zab, considéré comme une priorité dès la mission de 2001, n’est encore qu’au stade de l’élaboration.