1.         Mont Athos (Grèce) (C/N 454)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (i)(ii)(iv)(v)(vi)(vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/454/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/454/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN janvier-février 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/454/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

En dépit des efforts déployés pour consolider, nettoyer et restaurer le monastère de Chilandar après l'incendie du 4 mars 2004, et l'achèvement de la route aménagée dans la péninsule du Mont Athos, l'absence de stratégie de gestion globale tenant compte des valeurs naturelles et culturelles du bien demeure préoccupante.

L’État partie a soumis un rapport succinct le 16 janvier 2006, décrivant les travaux de consolidation, de nettoyage et de restauration réalisés au monastère de Chilandar, notamment sur les bâtiments et les peintures. En outre, l’État partie signale que le ministère de la Culture est en train de réaliser un certain nombre d'activités visant à réduire les risques de catastrophe naturelle, y compris les risques sismiques pour le bien.

Selon le rapport, toutes les routes aménagées sur le site sont finies et aucune autre construction de route n'est prévue. Le rapport précise également que l'extraction de bois s’opère sous la tutelle du ministère de la Culture et du ministère des affaires agricoles, et en conformité avec les méthodes traditionnelles qui respectent la beauté naturelle du lieu. Selon le rapport, l'extraction de bois dans la châtaigneraie qui s'étend autour des monastères contribue à réduire les risques de feux de forêt. Enfin, le Centre de protection du patrimoine de la Montagne Sainte (Mont Athos) (KEDAK) a entrepris une étude environnementale spéciale afin d’appliquer des mesures pour protéger l'écosystème forestier.

Étant donné que le Mont Athos est également un site Natura 2000, le ministère responsable de l'Environnement, de l'aménagement du territoire et des travaux publics est encouragé à jouer un rôle plus actif à l'avenir, surtout en ce qui concerne l'établissement d'un plan de gestion intégré qui est absolument nécessaire pour le bien. Ce plan de gestion aiderait aussi à traiter les questions concernant la construction de routes, l'extraction de bois et la préparation aux risques.

La mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN s'est déroulée du 30 janvier au 4 février 2006, après que l’État partie a soumis son rapport sur l'état de conservation du bien. Ses objectifs prioritaires étaient d'évaluer l'impact des travaux de restauration sur les valeurs de patrimoine mondial du Mont Athos ; d'évaluer toutes les menaces, y compris la construction de routes et l'extraction de bois dans la châtaigneraie qui s'étend autour des monastères ; d'évaluer les progrès réalisés dans l'étude sur la préparation aux risques et de discuter de l'élaboration d'une stratégie de gestion globale pour le bien du patrimoine mondial.

Le rapport complet de la mission est consultable en ligne à l'adresse suivante : http ://whc.unesco.org/archive/2006.

En conclusion, la mission a noté que : les valeurs de patrimoine mondial du bien ne sont pas menacées par les diverses opérations passées en revue et discutées, et que la communauté monastique établie de longue date et les autorités nationales méritent d'être félicitées pour leurs efforts permanents en vue de faire respecter les normes les plus rigoureuses en matière de conservation d’un bien historique vivant d’une grande importance religieuse et doté d’une valeur patrimoniale, dans un cadre de gestion qui a toujours accordé une indépendance considérable aux vingt monastères qui le composent.

La mission a noté également que la demande de la 29e session du Comité à l’État partie « d'entreprendre une étude de préparation aux risques, y compris des risques sismiques, des vingt monastères de la Montagne Sainte, afin de réduire systématiquement les risques d'incendie ailleurs et l'éventualité d'autres menaces, et de réfléchir à la mise en place d'une stratégie de gestion globale pour le bien du patrimoine mondial, qui tiendrait compte de ses valeurs naturelles et culturelles tout en procurant un cadre d'action commun aux vingt monastères qui le composent » n'a pas encore été mise à exécution.

Devant cette incapacité à répondre aux attentes du Comité, le rapport de la mission insiste sur le fait que le développement des stratégies sollicitant la coopération des vingt monastères doit tenir compte du mode de travail du système de protection ancestral établi depuis plus d'un millénaire sur la Montagne Sainte, et que ces initiatives doivent prises grâce et avec la coopération de la « Sainte Communauté », l’organe de coordination et de gestion globale du Mont Athos.

La mission souligne que la plus haute priorité pour l'amélioration de la conservation du bien du patrimoine mondial est la préparation, l'approbation et la mise en œuvre d'une stratégie de gestion intégrée et multidisciplinaire pour l'ensemble de la région du Mont Athos, qui couvriraient les domaines suivants :

- Bilan de la situation actuelle tenant compte de la coexistence de la nature et de la spiritualité / culture du Mont Athos depuis la fin du Ier millénaire et des besoins légitimes des Confréries monastiques ;

- Circulation et réseaux de transport du Mont Athos ;

- Gestion intégrée du milieu naturel ;

- Gestion durable des forêts ;

- Protection du bien dans une perspective de paysage culturel ;

- Résolution du problème des déchets solides et liquides ;

- Amélioration de la prévention des risques, en particulier des incendies et des séismes, ainsi que des éventuelles incidences du changement climatique ;

- Importance d’une approche cohérente de la prise de décision en matière de conservation d'un monastère à l'autre.

Du fait de l'autonomie administrative des monastères, il serait préférable que cette étude considère dans un premier temps tous ces aspects au niveau de l'ensemble de la péninsule en travaillant avec la Sainte Communauté, mais qu’elle traite ensuite plus en détail les propositions concernant la zone propre à chaque monastère avant de les intégrer dans le plan de gestion globale.

L'étude décrite ci-dessus devrait aussi prendre en considération le traitement du Mont Athos en tant que paysage culturel dans l'élaboration des futurs plans/stratégies de gestion et la soumission éventuelle d'une nouvelle proposition d'inscription du bien comme paysage culturel. De plus, la mission note que :

- Le ministère de l'Environnement, de l'aménagement du territoire et des travaux publics dont les responsabilités envers le bien sont mentionnées dans le rapport périodique, n'a pas participé à la mission.

- Par ailleurs, il convient de s'assurer de l'entière participation du Service des forêts pour améliorer la gestion du site.

- En ce qui concerne la préparation aux risques, le rapport de la mission reconnaît le travail important entrepris par le ministère de la Culture pour faciliter la conservation du matériel d'archives important dans un grand nombre de monastères et procurer ainsi des modèles de conservation recommandés à tous les monastères, la vulnérabilité permanente de toutes les collections inestimables qu’ils renferment et souligne l'importance prioritaire de la mise en place d'un programme de formation et de sensibilisation en matière de prévention des risques à long terme, qui serait destiné à tous les responsables des monastères, peut-être en coopération avec l'ICCROM.

Une comparaison avec le contenu de l'Étude environnementale spéciale – actuellement dans sa phase finale – indique que l'étude pourrait couvrir la plupart des points susmentionnés, à l'exception peut-être de la gestion des risques et de la conception d'une approche cohérente de prise de décisions en matière de conservation. Une évaluation de l'étude devrait être entreprise pour savoir si elle répond aux exigences des Orientations relatives au plan de gestion. Quoi qu'il en soit, il semble que l'étude offrira au minimum une excellente base complète de préparation d'un plan de gestion à long terme pour le bien du patrimoine mondial.

En outre, le ministère de l'Environnement, de l'aménagement du territoire et des travaux publics devrait être encouragé à accorder une haute priorité au Mont Athos (en vertu de la loi 1650/1986 et de la directive communautaire 92/43/WWC). Ce ministère doit jouer un rôle clé dans l'évaluation, l'approbation et la mise en œuvre du plan de gestion du Mont Athos.

Un certain nombre de recommandations supplémentaires spécifiques ont également été proposées à la Sainte Communauté, à l'État partie et au Centre du patrimoine mondial. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.34

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 28 COM 15B.37 et 29 COM 7B.32, adoptées respectivement lors de ses 28e (Suzhou, 2004) et 29e (Durban, 2005) sessions,

3. Prend note de la qualité exceptionnelle des efforts déployés par les autorités nationales chargées de la conservation du patrimoine et les supérieurs de la communauté monastique afin de collaborer de manière fructueuse et efficace à la conservation du bien à long terme;

4. Prie instamment le Centre du patrimoine mondial, l'État partie et les autorités compétentes de mettre en œuvre intégralement toutes les recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN;

5. En outre, prie instamment l'État partie et les autorités compétentes à établir et à mettre en œuvre un plan de gestion intégré pour le bien, qui tienne compte de ses valeurs naturelles et culturelles;

6. Demande à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1février 2008 un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN de 2006, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008.