1.         Forêt Bialowieza (Bélarus,Pologne) (N 33ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO/UICN en 1999 ; mission UNESCO/UICN en 2004.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Coupes de bois illégales ;

b) Exploitation commerciale excessive de la forêt ;

c) Invasion de scolytes ;

d) Modification du régime hydrologique ;

e) Clôture empêchant les mouvements des grands mammifères ;

f) Absence de coopération transfrontalière.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/33/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

L’État partie biélorusse a soumis un rapport succinct le 1er février 2006. Le rapport indique que la partie biélorusse du bien du patrimoine mondial couvre 5 000 hectares à l'intérieur d'une zone strictement protégée de 30 000 ha dans le Parc national Belovezhskaya Pushcha qui s'étend lui-même sur 163 500 ha. Le rapport de l’État partie précise par ailleurs qu'en dehors de la recherche scientifique, aucune autre activité humaine n'est autorisée et/ou en cours dans la zone strictement protégée qui inclut le bien du patrimoine mondial. La déshydratation massive des forêts d'épicéas d'âge moyen et plus ancien constatée de 2000 à 2004 dans le Parc national et sur le site du patrimoine mondial a cessé grâce à des conditions climatiques favorables en 2005. Aggravée par une invasion massive de scolytes, la sécheresse de 2000-2004 a détruit un tiers de la population d'épicéas. La déshydratation encore inexpliquée des frênes, aggravée par une infestation de champignons, a été observée en 2005. Les coupes sanitaires, l'abattage des arbres et le boisement artificiel limité ne sont pratiqués qu'à l'extérieur de la zone strictement protégée. Le rapport de l’État partie indique que l'abattage a plus que doublé entre 2001 et 2002, suite à cet assèchement, et reste assez stable depuis lors.

L’État partie polonais a soumis un rapport le 28 février 2006, indiquant que le conseil de coordination transfrontalière prévu pour les deux Parcs nationaux n’est pas encore constitué, mais que des réunions communes des conseils scientifiques des deux Parcs nationaux ont lieu au moins deux fois par an. L’État partie rend compte également des activités de coopération transfrontalière en matière de conservation et d'éducation environnementale, à l'exemple du projet « La forêt de l'espoir », et que des processus participatifs sont en place. L’État partie précise qu’en dehors de l'enseignement et de la recherche scientifique qui ne causent pas de perturbation, aucune autre activité humaine n'est autorisée et/ou en cours dans la partie polonaise du bien qui se trouve dans la zone strictement protégée du Parc national de Białowieża. Les coupes sanitaires ne se font qu’à l’extérieur de la zone strictement protégée et en très faible volume (500-1 500 m3 en 2004-2005). Selon l’État partie, la situation du mouvement touristique transfrontalier s’améliore progressivement. En avril 2005, le poste-frontière de Grudki-Piererow précédemment fermé pour les piétons et les cyclistes a été réouvert. Il n’y a aucune clôture artificielle du côté polonais, mais une clôture surélevée se dresse toujours du côté biélorusse. Dans le cadre du projet « La forêt de l’espoir », la création de véritables couloirs de migration est en cours de discussion, ce qui permettrait le mouvement transfrontalier des grands mammifères.

L’État partie biélorusse a soumis une demande d'Assistance internationale pour traiter le problème de migration des grands mammifères en élaborant un projet de création de véritables couloirs de migration. C'est le prolongement direct de la décision 28 COM 15B.20 dont il faut espérer que les travaux proposés amélioreront de façon notoire la situation de la population européenne de bisons, des autres herbivores, ainsi que des carnivores. L'UICN, grâce à son plan d'action européen pour la protection du bison, est favorable à la création de ces voies de migration entre les deux sous-populations aujourd'hui séparées sur le site du patrimoine mondial. En étroite coopération avec le projet « La forêt de l'espoir », les travaux proposés devraient chercher à identifier les domaines prioritaires relatifs à la création de voies de migration efficaces.

Diverses sources soulignent que la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe UNESCO/UICN de 2004 ne progresse que très lentement. Par ailleurs, plusieurs ONG signalent que la chasse et l'abattage des arbres à des fins commerciales continuent, et que diverses infrastructures ont été mises en place à l'extérieur des zones strictement protégées, tant du côté polonais que biélorusse, ce qui pourrait avoir un impact potentiel sur le bien et son intégrité, d'autant plus qu'elles sont implantées aux abords immédiats du site ou qu'elles affectent les déplacements des populations d'animaux sauvages à l'intérieur et à l'extérieur du bien. La lenteur extrême des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations importantes de la mission conjointe UNESCO/UICN de 2004 est très préoccupante, notamment sur le plan de la coopération transfrontalière, et du fait qu'un certain nombre d’activités signalées n'ont pas vraiment de rapport avec la conservation et la gestion du bien du patrimoine mondial. Le retard accumulé dans la préparation et la mise en œuvre d'un plan et d'un organisme de gestion conjoints du bien transfrontalier est particulièrement alarmant. Jusqu'à présent, les implications du statut de patrimoine mondial ne reçoivent pas l'attention qu'elles méritent dans aucun des plans de gestion existants. Ainsi, les deux États parties devraient-ils être priés instamment de veiller à faire en sorte que dans les activités futures, une attention adéquate soit accordée aux implications du statut de patrimoine mondial en matière de conservation et de gestion.

L’UICN a constaté que l'introduction d'un système de licences payées pour les services touristiques offerts du côté polonais est une entrave supplémentaire à la possibilité pour la population locale de profiter des recettes du tourisme générées par le parc et engage vivement l'État partie polonais à travailler en étroite coopération avec la population locale en vue d'identifier et de mettre en œuvre des mécanismes de partage des bénéfices plus efficaces.

Enfin, la délimitation encore floue du bien du patrimoine mondial, aussi bien du côté biélorusse que polonais, est préoccupante. Les deux États parties affirment que seules quelques parties des zones strictement protégées sont incluses dans le site du patrimoine mondial. Toutefois, l’UICN et le Centre du patrimoine mondial sont fondés à croire que 87 607 ha du Parc national Belovezhskaya Pushcha sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, et pas seulement 5 000 ha comme le mentionne le rapport de l’État partie. Il faut clarifier ce point de toute urgence. Le Parc national Belovezhskaya Pushcha a également été étendu pour atteindre une superficie d'au moins 152 200 ha suite à un décret présidentiel de 2004, et si l’État partie souhaite que le Comité envisage une extension du bien qui corresponde aux limites du parc révisées, il faut alors soumettre officiellement une proposition d'inscription pour cette extension. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.20

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 28 COM 15B.20 et 29 COM 7B.15, adoptées respectivement lors de ses 28e (Suzhou, 2004) et 29e (Durban, 2005) sessions,

3. Note avec inquiétude que peu de progrès ont été faits pour mettre en oeuvre les recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN 2004;

4. Prie instamment les deux États parties de veiller à ce que la gestion des zones environnantes du bien du patrimoine mondial ne porte pas atteinte à ses valeurs et à son intégrité;

5. Engage par ailleurs les deux États parties à clarifier en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN l'étendue exacte du bien transfrontalier, y compris de ses zones tampons;

6. Encourage les deux États parties à explorer plus à fond la possibilité d'extension du bien transfrontalier du patrimoine mondial;

7. Demande aux deux États parties d'inclure dans les plans de gestion des deux Parcs nationaux des sections consacrées d'un commun accord à la conservation et à la gestion du bien du patrimoine mondial transfrontalier;

8. Demande également aux États parties de fournir au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1 février 2007 des rapports à jour sur l'état de conservation du bien et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe UNESCO/UICN de 2004, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.