1.         Parc national de Sagarmatha (Népal) (N 120)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-1999)
Montant total approuvé : 232 097 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission de suivi de l’UICN, décembre 2002

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pression et dégradation résultant du développement du tourisme et de l’alpinisme ;

b) Aménagement d’une piste d’atterrissage ;

c) Changement climatique.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Au début du mois de juillet 2005, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des informations non officielles concernant l’aménagement d’un hôtel, le « Kongde View Resort », dans le Parc national de Sagarmatha.

En réponse aux inquiétudes exprimées par le Centre du patrimoine mondial le 7 juillet 2005, le Département népalais des Parcs nationaux et de la conservation des espèces sauvages (DNPWC), l’UICN-Népal et le WWF-Népal ont envoyé une mission d’information sur place à la fin du mois. L’UICN a reçu une traduction non officielle du rapport de mission en septembre 2005, tandis que l’État partie a soumis le 21 mars 2006 un résumé des conclusions et sa réponse officielle à l’UICN et au Centre du patrimoine mondial.

Le rapport indique que la construction de l’hôtel de 20 chambres a débuté en juin 2005 ; situé à 4 200 m d’altitude, il donne sur Namche Bazaar, Tengboche et le massif de l’Everest. Le chantier se situe à l’intérieur du bien du patrimoine mondial mais serait sur un terrain privé. Le DNPWC a donné son autorisation écrite à la construction de l’hôtel après approbation, par le ministère de l’Environnement et de la Population et le ministère de la Conservation des Forêts et des Sols, d’une étude d’impact sur l’environnement (EIE).

Malgré les recommandations expresses de l’EIE que soient atténués les impacts sur l’environnement, la mission d’information a constaté plusieurs impacts négatifs sur l’environnement, notamment la pollution et l’accumulation de déchets sur le chantier de construction, la récolte de bois pour la cuisine/le chauffage, et des modifications du paysage à cause de la pose non contrôlée des fondations. L’hôtel a cependant été conçu en respectant l’architecture locale et en utilisant des couleurs naturelles.

La mission d’information a également observé des perturbations potentielles pour les populations de chevrotains porte-musc et de léopards des neiges, le risque de recrudescence du braconnage, et l’impact négatif de l’emplacement de l’hôtel sur la vue du paysage depuis de nombreux endroits du bien du patrimoine mondial. Elle a également constaté une opposition au projet parmi les communautés établies dans la région, lesquelles n’ont pas été correctement consultées et pensent que l’hôtel aura des répercussions négatives sur les pâturages saisonniers, l’évolution du tourisme et la biodiversité.

Le DNPWC a fait observer qu’une lettre avait été envoyée pour annuler le permis de construire de l’hôtel, mais que le promoteur avait introduit une requête pour annuler l’ordre d’arrêter. Une audition de la Cour suprême concernant cette affaire serait prévue fin mai 2006. Il a par ailleurs été demandé que le droit de propriété foncière à l’intérieur du bien du patrimoine mondial soit abrogé et la procédure est en cours.

Le processus qui a permis que le projet hôtelier soit autorisé et exécuté sur le bien du patrimoine mondial, avec les impacts négatifs qui s’ensuivent sur la valeur esthétique du paysage pour laquelle le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, est un sujet d’inquiétude.

Il n’est pas inutile de rappeler que dans la décision 29 COM 7B.a le Comité avait pris note du fait que la menace à laquelle le Parc national de Sagarmatha était, entre autre, confronté était le changement climatique. Les impacts du changement climatique sur le patrimoine mondial sont abordés en détail dans le document de travail WHC-06/30.COM/7.1.

Depuis, l’État partie a soumis le 13 septembre 2005 au Bureau de l’UNESCO à Katmandu, un projet de plan de gestion du Parc national de Sagarmatha préparé par le Tourism for Rural Poverty Alleviation Programme (TRPAP), qui est un groupe de travail conjoint du DNPWC, de l’Office du tourisme népalais et du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Aviation civile avec l’aide financière de PNUD et des gouvernements britanniques et néerlandais. Les commentaires de l’UICN-Népal ont été intégrés dans le projet et le Centre du patrimoine mondial a apporté des commentaires supplémentaires en janvier 2006 pour l’améliorer, en particulier pour insister dans le document sur l’identification et la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7B.15

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Note avec inquiétude les conclusions de la mission d'information conjointe du Département népalais des Parcs nationaux et de la conservation des espèces sauvages, de l'UICN-Népal et du WWF-Népal concernant la construction de l'hôtel Kongde View Resort à l'intérieur du bien du patrimoine mondial, les impacts négatifs potentiels de ce projet sur l'intégrité du bien et l'absence de consultation des personnes concernées;

3. Prie instamment l'État partie de:

a) Clarifier le régime foncier du site de construction de l'hôtel;

b) Prendre dûment en considération les impacts sociaux et environnementaux de ce projet sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien;

c) Procéder aux consultations nécessaires auprès des parties prenantes concernées, ainsi qu'à une étude indépendante d'impact sur l'environnement avant la poursuite des travaux;

4. Insiste également pour que l'État partie revoie la situation avec les autres propriétaires privés de terrains situés à l'intérieur du bien du patrimoine mondial pour éviter que ce genre de problème ne se reproduise;

5. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, le plus rapidement possible et au plus tard d'ici le 1 février 2007, un rapport sur le résultat de la procédure judiciaire et les mesures qu'il a l'intention de prendre par rapport au Kongde View Resort dans le Parc national de Sagarmatha, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.