L’État partie a soumis le 31 mars 2006 au Centre du patrimoine mondial un rapport d’avancement sur l’état de conservation du bien, qui évoque brièvement les fouilles, le levé, les projets de conservation et les dispositifs de sécurité en place pour empêcher les fouilles illégales et le pillage dans la vallée de Bamiyan.
L’État partie a également signalé qu’il a été décidé d’implanter tous les nouveaux bâtiments gouvernementaux dans la zone d’Eesa Khan Champaign, comme le prévoit le plan directeur d’urbanisme de Bamiyan, qui inclut le musée local prévu. Le plan initial consistant à installer le musée dans le bazar nord de Bamiyan, précédemment annoncé au Comité à sa 29e session, a donc été abandonné.
L’exécution du projet financé par le Fonds-en-dépôt japonais auprès de l’UNESCO a permis d’obtenir les informations suivantes :
Le projet préliminaire de plan de gestion du site, établi par l’Institut national japonais de recherche pour les biens culturels (NRICP) en 2004, est en cours de révision et son achèvement est prévu pour novembre 2006, après consultation avec l’État partie. Le plan de gestion du site est établi comme un document de politique générale d’ensemble permettant d’assurer un cadre bien adapté à la sauvegarde de la valeur universelle exceptionnelle du bien ; l’État partie a toutefois fait part de la nécessité d’adopter un système normalisé de zonage pour le contrôle du site de Bamiyan et des alentours. Dans un but de protection des ressources du patrimoine culturel alors que l’on assiste à un développement rapide de l’infrastructure pour s’adapter au potentiel touristique et aux besoins de logements de la population locale, l’UNESCO a chargé l’Université technique d’Aix-la-Chapelle de fournir une assistance technique à l’État partie dans la conception d’un plan d’ensemble. Le projet final de zonage a été présenté en décembre 2005 à l’État partie et a été officiellement approuvé en mars 2006 par le Ministère de l’Urbanisme et du Logement. L’approbation du plan d’ensemble permettra l’achèvement du plan de gestion d’ensemble du site susmentionné, en définissant le rôle des autorités compétentes dans la gestion et le suivi du bien.
Un atelier sur place est prévu en juin 2006 pour sensibiliser la population locale ainsi que d’autres organismes bilatéraux/multilatéraux de développement, bailleurs de fonds et ONG concernés, afin d’assurer la coordination de la mise en œuvre à long terme du plan d’ensemble.
Des missions archéologiques françaises et japonaises ont effectué des fouilles archéologiques sur le site pour déterminer l’extension des zones de vestiges archéologiques, spécialement dans les zones tampons actuelles du site du patrimoine mondial ; ce travail se poursuivra à partir de juin 2006. Un atelier de formation destiné à des archéologues professionnels d’Afghanistan va être organisé par des spécialistes japonais des techniques de conservation d’objets archéologiques.
Des experts du NRICP ont rassemblé des fragments des peintures murales des grottes qui abritaient les bouddhas et les ont soigneusement emballées et stockées temporairement au Centre de formation à la conservation du patrimoine culturel de Bamiyan. Ce Centre s’est ouvert en 2005, grâce à un financement de la Fédération nationale des Associations UNESCO au Japon. Actuellement, les pigments des peintures murales sont en cours d’analyse pour définir les méthodes de nettoyage et de consolidation les plus adaptées aux peintures murales. Des mesures en 3D ont aussi été effectuées dans 50 grottes et permettront de contrôler la répartition topographique des dégradations des peintures et des grottes.
L’équipe d’experts d’ICOMOS-Allemagne, dirigée par le Président de l’ICOMOS, a poursuivi le travail de collecte et de conservation des fragments qui subsistent des deux statues géantes de Bouddha, détruites en mars 2001. Grâce à un important soutien financier du gouvernement allemand (143 000 Euros), près des deux tiers des fragments du Grand Bouddha de l’Ouest (près de 100 fragments sculptés) ont pu être sauvés et le travail concernant le Grand Bouddha de l’Est (160 fragments) a beaucoup avancé en 2005. Des fragments pesant jusqu’à 35 tonnes, ainsi qu’un nombre incalculable de petits fragments, ont été retirés des niches à l’aide d’une grue, pour être ensuite triés, documentés et déposés dans des abris construits en 2004 à proximité des niches. Ces fragments sont actuellement analysés par des experts en Allemagne, les matériaux organiques qu’ils contiennent permettant une datation au carbone 14, l’identification de la couleur initiale et l’adoption de différents traitements de surface des bouddhas détruits par l’explosion. Ultérieurement, des méthodes géologiques permettront peut-être de définir plus précisément l’emplacement initial de tous les fragments pour envisager à l’avenir une éventuelle anastylose.
La conservation de tous les fragments trouvés dans les deux niches devrait être menée à bien d’ici octobre 2006. Dès que les fragments seront identifiés, documentés et mis en réserve, l’État partie, assisté du Comité de Coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel afghan, prendra les décisions appropriées relatives au plan de conservation à long terme.
Le renforcement des compétences des experts et ouvriers locaux est un élément essentiel de toutes les activités. Le Quatrième Groupe de travail spécialisé pour la préservation du site de Bamiyan s’est réuni à Kaboul du 7 au 10 décembre 2005, a passé en revue toutes les opérations effectuées en 2005 et a fixé les priorités des autres activités à réaliser en 2006.
Dans le cadre du projet financé par le Fonds-en-dépôt japonais auprès de l’UNESCO, la finalisation des travaux de consolidation d’urgence des niches des statues des bouddhas géants va être menée à partir de la fin août 2006 par une société italienne d’ingénierie spécialisée, TREVI, qui a également travaillé sur le site en 2004.
La présence de mines anti-personnelles est un grave problème et l’UNESCO a conclu un accord avec le Centre d’action des Nations Unies contre les mines en Afghanistan (UNMACA), pour engager une grande opération de déminage sur le site de Bamiyan et aux alentours, à partir de la mi-avril.
Certes, des activités opérationnelles de grande envergure sont actuellement menées pour sauvegarder le site de Bamiyan, mais aucun repère n’a encore défini. Compte tenu des activités opérationnelles menées avec succès pour la consolidation et la conservation du site, il conviendra de définir des repères clairs et un calendrier raisonnable pour un éventuel retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.