1.         Parc national de la Salonga (République démocratique du Congo) (N 280)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1999-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/280/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1985-2000)
Montant total approuvé : 149 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/280/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Le bien a reçu un soutien substantiel provenant de la Fondation des Nations Unies et du programme financé par la Belgique pour la conservation des biens du patrimoine mondial en République démocratique du Congo. Dans la première phase (2001–2005), environ 350 000 dollars EU ont été déboursés pour la rémunération du personnel, l’équipement, la conservation de la communauté et les activités de suivi et de formation.

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conflit armé et instabilité politique ;

b) Braconnage par des groupes militaires et armés ;

c) Conflits avec les communautés locales sur les limites du parc ;

d) Impact des villages inclus dans le parc.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/280/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Le 30 janvier 2006, un rapport mis à jour sur l’état de conservation des cinq biens du patrimoine mondial situés en République démocratique du Congo a été soumis par l’État partie ; il comprend des informations sur le parc national de Salonga. Le rapport donne certains renseignements sur les principales menaces qui pèsent sur ce bien. La menace la plus grave est le braconnage par les groupes armés, y compris par les militaires de l’armée de la République démocratique du Congo (FARDC). Au moment de la création du parc certains villages ont été inclus à l’intérieur de ses limites, en particulier Yaelima au nord et Kitawalist au sud. Les activités de subsistance dans ces régions, en particulier le braconnage et l’agriculture sur brûlis, constituent une menace permanente pour l’intégrité du bien. Les limites incertaines du parc créent aussi de nombreuses tensions avec les communautés locales.

Le 7 avril 2006, le Centre du patrimoine mondial a reçu également du WWF une note d’information sur plusieurs cas de braconnage impliquant les militaires de la FARDC. Le WWF met en œuvre un projet pour aider à la conservation du parc avec le soutien financier de l’Union européenne et du programme CARPE 2005 (programme régional d’Afrique centrale pour l’environnement) financé par les Etats-Unis. Le rapport note que le braconnage par des groupes armés et en particulier par les militaires de la FARDC augmente et se révèle particulièrement destructif pour le parc. Les gardes ICCN du parc ont de grandes difficultés à combattre cette forme de braconnage organisé car ils ont été désarmés au cours du conflit et n’ont pas encore été réarmés. Plusieurs conflits armés se sont produits entre les gardes du parc et les soldats de la FARDC, de sorte que deux gardes ont été tués depuis novembre 2005. On annonce qu’au moins dix éléphants ont été tués par les soldats de la FARDC basés à Mbandaka et Boende. Le rapport note également que les militaires fournissent aux braconniers locaux, dans les environs du bien, des armes et des munitions, créant un climat d’insécurité aussi bien pour les populations locales que pour le personnel du parc. Le rapport fournit des informations détaillées sur un certain nombre de cas de braconnage dans lesquels des militaires étaient impliqués.

Il est important de noter que la gestion du parc national de Salonga, qui avec ses 36 000 km² est l’une des plus grandes zones protégées du monde, pose de vastes défis logistiques, surtout dans le contexte de la République démocratique du Congo où l’infrastructure routière fondamentale manque. Jusqu’à récemment, le parc a reçu fort peu d’aides extérieures en dehors d’un soutien pour couvrir les salaires des gardes durant la première phase du programme UNESCO pour les sites du patrimoine mondial en République démocratique du Congo et un soutien limité de la part de quelques projets de recherche moins importants, opérant dans certaines zones du parc. Depuis 2004, leWWF a mis en route un projet de soutien pour le parc, avec un financement provenant de l’Union européenne et du programme CARPE/USAID. En novembre 2005, le projet a publié une analyse détaillée de la situation de gestion dans le parc. L’étude a passé en revue l’administration, les ressources humaines l’infrastructure, l’équipement du bien, ainsi que la stratégie de conservation appliquée et les relations avec les communautés locales. L’étude a également noté qu’il n’existe pas de gestion unifiée du parc. Les différents secteurs sont gérés comme des entités séparées avec des contacts très limités entre les différents conservateurs en raison des défis logistiques. Les deux tiers des gardes du parc sont âgés, certains n’ont pas de contrat officiel et ne sont pas payés, d’où des problèmes de braconnage interne. Le personnel est également mal formé. L’infrastructure du parc est en mauvais état, la plupart des bâtiments étant construits en matériaux locaux.

Avec l’assistance de l’UNESCO, toutes les stations possèdent désormais des radios ondes longues permettant les communications avec Kinshasa et entre les stations, mais il n’existe pas de système VHF permettant les communications avec les patrouilles sur le terrain. Le parc n’a pas de voitures ou de motos et ne possède que 15 pirogues, 4 moteurs hors-bord et 11 vélos. Le parc ne possède que 49 armes en état de fonctionnement pour 172 gardes patrouillant sur 36 000 km², et un équipement de terrain très limité. Le rapport montre également que les postes de patrouille organisent en moyenne deux patrouilles par mois, d’une durée variable entre 4 et 21 jours. Les patrouilles visitent souvent les mêmes régions et certaines parties du parc ne sont pas du tout couvertes. Il y a peu de coopération avec l’armée par comparaison avec d’autres biens de République démocratique du Congo où les patrouilles conjointes avec l’armée sont courantes. La densité de population à l’intérieur du bien est faible, à l’exception du village de Yaelima au sud qui compte 3 000 à 5 000 personnes et de celui de Kitawalist au nord dont la population est estimée à 3 000 personnes. Le parc ne dispose d’aucun programme de conservation de la communauté ou d’éducation à l’environnement. Le rapport propose aussi une liste détaillée de recommandations pour entreprendre de résoudre les problèmes de gestion mentionnés ci-dessus ainsi qu’un calendrier pour leur mise en œuvre.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7A.5

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7A,

2. Rappelant la décision 29 COM 7A.4, adoptée lors de sa 29esession (Durban, 2005),

3. Exprime sa très vive inquiétude face aux rapports continus de braconnage impliquant des membres des forces armées de la République démocratique du Congo et au nombre croissant de conflits armés entre les gardes du parc et les soldats impliqués dans le braconnage, qui ont eu pour résultat la mort de deux gardes du parc;

4. Prie instamment l'État partie de prendre des mesures urgentes pour faire cesser le braconnage des soldats des forces armées de la République démocratique du Congo dans le bien et à prendre des mesures appropriées afin de punir les membres des forces armées impliqués dans le braconnage et dans la mort récente des deux gardes du parc;

5. Prie également instamment l'agence de gestion du parc ICCN, en coopération avec ses ONG partenaires, à mettre en œuvre les recommandations développées dans le rapport sur la capacité de gestion du bien préparé dans le cadre du projet de soutien du WWF à ce bien;

6. Demande à l'État partie d'inviter une mission de suivi conjointe UNESCO/UICN pour évaluer l'état de conservation du bien et d'élaborer des recommandations qui pourraient constituer des repères afin de sauvegarder la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien;

7. Demande également à l'Etat partie de créer un fonds en dépôt pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la RDC, auquel le gouvernement de la RDC s'est engagé à apporter sa contribution lors de la conférence sur le patrimoine en danger de la RDC, organisée en 2004 par l'UNESCO;

8. Fait appel aux donateurs internationaux pour soutenir les efforts de l'État partie en vue de réhabiliter le bien;

9. Demande à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial pour le 1février2007 un rapport à jour sur l'état de conservation du bien, qui sera examiné par le Comité lors de sa 31esession en 2007;

10. Décide de maintenir le parc national de Salonga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 30 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-06/30.COM/7A et WHC-06/30.COM/7A.Add.Rev),

2. Maintient les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :