1.         Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) (N 475)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1997-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 170 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission UNESCO/UICN en mai 2001

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Aucun rapport officiel sur l’état de conservation du bien et sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations de la mission UNESCO/UICN de 2001 n’avait été reçu de l’État partie au moment de la rédaction du présent document.

En juillet 2005, le Centre du patrimoine mondial a participé à une réunion avec l’Union européenne et le personnel du projet européen ECOFAC qui travaille dans les zones cynégétiques villageoises autour du parc et qui a également apporté une aide logistique et financière aux opérations de lutte contre le braconnage dans l’enceinte du bien. Lors de cette réunion, les premiers résultats des études de la faune sauvage dans le nord de la RCA ont été présentés et analysés. Le personnel du projet ECOFAC a exprimé la crainte que le braconnage sur le territoire du bien ne s’intensifie fortement du fait de la suspension des activités d’ECOFAC depuis juin 2005 et ce, dans l’attente de l’approbation et du lancement d’une nouvelle phase du projet qui devait intervenir aux environs d’avril 2006.

A la suite de cette réunion, le Centre du patrimoine mondial a décidé en octobre 2005 d’apporter, à l’État partie, un soutien financier spécial (76 653 dollars EU) sur le budget du Fonds du patrimoine mondial accordé aux biens du patrimoine mondial en péril afin de lui permettre, avec le soutien du programme ECOFAC, de poursuivre ses activités vitales de lutte contre le braconnage dans le parc. L’État partie a en outre accusé réception du matériel acheté avec l’aide du Fonds du patrimoine mondial au titre de l’assistance d’urgence (50 000 dollars EU) accordée en novembre 2004. Il s’agit notamment d’un 4x4 Toyota Land Cruiser, de deux motos et d’appareils de communication radio (HF Codan, GPS, talkies-walkies). Ce matériel a été remis au ministère chargé de l’Environnement par le Directeur général de l’UNESCO lors de sa visite en République centrafricaine du 25 au 27 janvier 2006. A l’occasion de cette visite, le Directeur général a insisté sur la nécessité d’accorder une attention toute particulière à la préservation et à la conservation de ce bien du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial a reçu le 18 avril 2006 un rapport d’avancement intermédiaire sur la mise en œuvre du financement d’urgence, en même temps que le compte rendu final de l’étude aérienne de mai/juin 2005 réalisée par le programme ECOFAC. Le rapport d’avancement donne également des informations sur l’état de conservation du bien.

Le compte rendu de l’étude aérienne apporte clairement la preuve de la situation alarmante de la faune du parc, malgré les efforts de l’État partie pour lutter contre le braconnage avec le soutien d’ECOFAC. Par rapport à l’étude effectuée en 1985, on observe un sérieux déclin des populations, notamment dans l’enceinte du bien et dans le Parc national de Bamingui-Bangoran, et ce pour toutes les espèces couvertes par l’étude. En fait, les densités de population de la plupart des espèces sont plus élevées dans les zones cynégétiques adjacentes que dans les parcs nationaux, grâce aux safaris et aux activités de lutte contre le braconnage associées qui y sont menées et au fait que les braconniers soudanais et tchadiens pénètrent moins dans les zones cynégétiques que dans les parcs nationaux, plus proches des frontières. Le bien a perdu environ 95 % de sa population d’éléphants, actuellement estimée à moins de 500 animaux. Les populations de cobes de Buffon (Kobus kob), de cobes defassa (Cobus defassa) et de damalisques korrigum (Damaliscus korrigum) sont au bord de l’extinction, tandis que les populations de cobes des roseaux (Redunca redunca), d’élans de Derby (Taurotragus derbianus), de buffles d’Afrique (Syncerus caffer), de bubales major (Alcelaphus Buselaphus) et d’hippotragues (Hippotragus equinus) ont diminué sur le territoire du bien, mais ont augmenté ou se sont stabilisées dans les zones cynégétiques.

L’étude a également observé de nombreuses preuves d’activités humaines sur le site. Outre le braconnage, la pêche et le pacage du bétail représentent de sérieuses menaces pour l’intégrité du bien. En raison de ces résultats, le compte rendu recommande de concentrer les activités de conservation sur les derniers fiefs des populations de faune sauvage. Devant les résultats encourageants enregistrés dans les zones cynégétiques adjacentes, il recommande aussi d’appliquer un système de zonage au bien, ce qui permettra une exploitation contrôlée des ressources dans certaines zones, générera des revenus pour les populations locales et contribuera au financement de la conservation des zones prioritaires. Si le déclin des populations d’animaux est dramatique, le nord de la RCA contient probablement les dernières populations viables de nombreux mammifères caractéristiques de l’écorégion soudano-guinéenne ; quant aux autres populations de la région, elles pourraient encore se rétablir si l’on parvenait à venir à bout de la menace que constitue le braconnage.

Le rapport sur l’état d’avancement du projet de financement d’urgence fait observer que l’achèvement de la phase III d’ECOFAC en juin 2005 et la réapparition de tensions dans la région du Darfour au Soudan et dans le sud-est du Tchad sont à l’origine de la recrudescences des infiltrations de braconniers étrangers dans le parc et sa périphérie. Selon l’État partie, l’aide financière fournie par l’UNESCO est cruciale pour permettre la poursuite des activités anti-braconnage en attendant le lancement de la Phase IV d’ECOFAC. L’aide reçue de l’UNESCO, de quelques entrepreneurs privés et d’une ONG baptisée « Association pour la protection de la faune de Centrafrique » (APFC) a permis à l’État partie d’éviter l’invasion totale du bien par les braconniers. Des activités anti-braconnage ont été menées entre décembre 2005 et mars 2006. Des patrouilles sont intervenues à la périphérie du parc afin d’empêcher les incursions de caravanes de braconniers soudanais et de contrôler leurs sorties. Ces patrouilles ont été effectuées par des équipes de gardes traqueurs supervisées par des experts de l’APFC. Ces équipes ont eu à 3 reprises des affrontements armés avec des caravanes de braconniers soudanais qu’elles ont réussi à empêcher de pénétrer dans le parc. Des patrouilles ont été également organisées à l’intérieur du parc sur la base d’informations fournies par des ONG locales. Au cours de ces patrouilles, 6 braconniers ont été arrêtés et traduits en justice, plusieurs armes ont été saisies parmi lesquelles une arme de guerre (AK47) et une caravane de braconniers a été reconduite à l’extérieur du parc. Des efforts ont également été faits pour chasser les troupeaux de bétail hors de l’enceinte du bien.

En ce qui concerne la mission de suivi demandée par le Comité, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN n’ont pu jusqu’à présent l’effectuer à cause de la situation sécuritaire difficile du pays. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont prévu d’associer la mission à un atelier pluripartite visant à élaborer un vaste programme d’action et une stratégie de collecte de fonds pour la conservation du bien en coopération avec l’Union européenne (UE). Mais le démarrage de la prochaine phase du programme européen « Conservation et utilisation rationnelle des écosystèmes forestiers de l’Afrique centrale » (ECOFAC) a été retardé. Si les conditions de sécurité s’améliorent, on peut espérer que des progrès seront faits dans l’organisation de la mission et de l’atelier avant la 30e session du Comité du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial a également reçu des informations selon lesquelles l’Africa Parks Foundation, une ONG néerlandaise spécialisée dans la gestion des aires protégées d’Afrique dans le cadre de partenariats public-privé, qui a récemment pris la responsabilité de la gestion du Parc national de Garamba en RDC, étudierait la possibilité de participer également à la gestion du Parc national de Manovo-Gounda St. Floris.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 30 COM 7A.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7A,

2. Rappelant les décisions 28 COM 15A.1 et 29 COM 7A.1, adoptées à ses 28e (Suzhou, 2004) et 29e (Durban, 2005) sessions respectivement,

3. Prend note de la mise en œuvre du rapport intermédiaire sur les financements d'urgence sur les financements d'urgence mais regrette que l'État partie n'ait pas soumis de rapport d'avancement sur la mise en œuvre des recommandations de la mission effectuée en 2001 par l'UNESCO et l'UICN sur le site;

4. Regrette en outre que la mission de suivi demandée n'ait pas encore eu lieu pour des raisons de sécurité;

5. Recommande à l'État partie, à l'UICN et à l'UNESCO d'organiser la mission et l'atelier à l'intention des parties concernées en étroite coopération avec le programme ECOFAC dès que les conditions de sécurité le permettront;

6. Demande à l'État partie, en coopération avec l'Union européenne, de prendre les mesures nécessaires pour démarrer le plus tôt possible la quatrième phase du programme ECOFAC et, dans le cadre de ce programme, de mettre l'accent sur la conservation et la réhabilitation du bien;

7. Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de maintenir le soutien financier du Fonds du patrimoine mondial afin de permettre la poursuite des activités de lutte contre le braconnage dans le parc jusqu'au démarrage de la quatrième phase du programme ECOFAC;

8. Recommande au Directeur général de l'UNESCO de faciliter une réunion de haut niveau entre l'État partie et le gouvernement du Soudan et du Tchad, en étroite coopération avec le programme ECOFAC, afin de discuter du problème persistant de braconnage transfrontalier et d'exploitation des ressources dans la région;

9. Prie instamment l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1 février 2007, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et une évaluation de sa valeur universelle exceptionnelle ainsi qu'un rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi UNESCO/UICN de 2001, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007;

10. Décide de maintenir le Parc national de Manovo-Gounda St. Floris (République centrafricaine) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 30 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-06/30.COM/7A et WHC-06/30.COM/7A.Add.Rev),

2. Maintient les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :