1.         Parc archéologique de San Agustín (Colombie) (C 744)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1995

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-1995)
Montant total approuvé : 10 400 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en novembre 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) État de conservation de la structure des sculptures mégalithiques ;

b) Absence de plan de gestion ;

c) Absence de zone tampon.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été organisée en novembre 2006 à la demande du ministère colombien de la Culture, après une série d'événements concernant la construction d'une route à travers le site archéologique par la communauté indigène Yanacona qui vit dans une zone en bordure du bien. La mission a été constituée afin que des dispositions puissent être prises pour garantir la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien ainsi que de son authenticité et intégrité.

Les sites qui composent le bien du patrimoine mondial présentent des phénomènes de détérioration dus aux propriétés et à la nature de leur structure physique et conditions environnementales, même si aucun des effets mis en évidence n'est critique. Les sites sont bien gérés dans l'ensemble mais la mise en valeur, l'interprétation et les services aux visiteurs sont quelque peu limités. Les principales menaces qui pèsent sur le site sont liées à l'absence de zone tampon et de plan de gestion qui, l'une comme l'autre, permettraient aux autorités de contrôler le développement des zones environnantes susceptibles d'avoir un impact sur l'intégration actuelle des sites dans leur environnement.

En ce qui concerne la route construite par la communauté Yanacona, certains impacts sur les vestiges archéologiques ont été constatés et doivent être suivis par un travail systématique supplémentaire et une mise en valeur de la zone.

Une planification de gestion participative est nécessaire pour élaborer un plan détaillé de conservation et promotion des valeurs des sites archéologiques à long terme et pour intégrer les préoccupations de développement touristique, social, économique et des infrastructures de la zone. Le rapport de la mission a identifié plusieurs recommandations :

a) Une étude systématique de l'état du bien est nécessaire afin que des données de base soient collectées pour surveiller l'état de conservation et traiter rapidement les phénomènes de détérioration lorsqu'ils se présentent ;

b) L'efficacité des systèmes de mise à l'abri et de drainage doit également être évaluée de manière globale afin de traiter les points particuliers de défaillance. Cependant, si l'érosion est considérée comme un facteur majeur de détérioration, alors des brise-vent supplémentaires pourraient être envisagés ;

c) Les interventions sur les sépultures doivent être cohérentes à travers les trois biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ;

d) L'interprétation sur les sites peut être améliorée ;

e) Les propositions actuelles des autorités pour initier un processus de planification de gestion doivent être mises en œuvre et accomplies par ordre de priorité. Bien que des accords de gestion existent, plusieurs problèmes doivent être traités de manière holistique, dans le cadre d'une approche participative méthodologique de mise en valeur. Cette approche sous-entend l'identification et l'implication des parties prenantes clés dans le processus de décision ;

f) L'existence de deux municipalités susceptibles d'avoir un impact sur les biens inscrits devra être prise en compte. Les actions prescrites, particulièrement en relation avec la réglementation de l'occupation des sols, devront être intégrées aux plans d'aménagement urbain, municipal et territorial ;

g) Les divers groupes d'intérêt associés aux sites et à leur environnement devront être identifiés, afin que leur niveau de responsabilité et d'engagement à l'égard du site puisse être établi pour la mise en œuvre des stratégies de gestion ;

h) Il s'avère nécessaire d'établir des limites précises et de produire des cartes lorsque les zones d'utilisation sont clairement définies. Il convient également de définir une zone tampon avec des réglementations pour limiter ce qui sera acceptable en termes de développement d'infrastructures. Les biens sont bien intégrés dans leur environnement et des dispositions doivent être prises pour préserver l'intégrité actuelle du paysage ;

i) une structure de gestion plus opérationnelle est également nécessaire ;

j) Une décision doit être prise à l'égard des infrastructures au sein du bien ;

k) Les questions de cultures vivantes sont certainement cruciales à l'égard du patrimoine mondial. Cependant, dans le cas spécifique de San Agustín, les conditions particulières de la communauté Yanacona, le processus qui a conduit à l'établissement actuel justifient d'autres études et recherches afin de vérifier la légitimité des revendications territoriales ;

l) La route construite doit être fermée et toute circulation routière interdite. Un sentier pédestre pourrait être un sage compromis pour permettre un meilleur accès au peuplement indigène et pour promouvoir la visite de la région. Néanmoins, il existe déjà des possibilités de communication, qui doivent être améliorées, de sorte que la fermeture de la route ne soit pas synonyme d'isolement de ces communautés ;

m) À plusieurs occasions, la communauté Yanacona a demandé des permis pour développer des activités dans les zones de protection maximale qui sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial. Bien qu'il y ait de fortes attentes quant à l'utilisation du site, il n'y a eu aucune indication précise ni explicite de ce qu'étaient leurs priorités. Activités cérémonielles, production et distribution de produits et plats traditionnels, vente d'artisanat, construction d'une maloca (structure cérémonielle/rituelle), espaces récréatifs pour la communauté, etc., ont été mentionnés mais sans décision précise sur les priorités ni les conséquences potentielles sur l'occupation des sols et l'environnement de San Agustín.

Bien qu'il soit actuellement nécessaire d'améliorer les conditions sociales et culturelles de la région, tout projet en la matière doit être accepté afin de garantir la conservation des valeurs qui ont justifié l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial. Afin de traiter de manière appropriée ces points, ils devront être intégrés d'une manière sérieuse dans le cadre d'un processus de planification.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.124

Le Comité du patrimoine mondial,

1.        Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2.        Approuve les recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de novembre 2006 ;

3.        Demande à l'État partie de mettre en œuvre les recommandations faites par la mission de suivi réactif et en particulier :

a)           d'élaborer un plan de gestion efficace dans le cadre d'une approche participative de mise en valeur ;

b)           d'identifier des limites précises et des zones tampons pour les sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, l'État partie devant soumettre formellement toute proposition de nouvelles limites de la zone tampon pour approbation par le Comité du patrimoine mondial. Cette soumission doit être accompagnée d'une cartographie appropriée ainsi que du cadre juridique ;

c)           de définir les utilisations adéquates des infrastructures actuelles au sein des biens ;

d)           de fermer la route construite et d'interdire la circulation automobile, en développant un sentier pédestre didactique permettant de rejoindre le peuplement indigène et de promouvoir la visite du site, l'État partie étant invité à soumettre d'autres options pour améliorer le réseau routier pour les communautés locales ;

e)           de poursuivre le travail et la collaboration étroite avec les autorités nationales et municipales, ainsi qu'avec les parties prenantes impliquées, pour contrôler le développement au sein du site et anticiper les impacts potentiels sur le bien du patrimoine mondial.

4.        Demande également à l'État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2009, un rapport sur les progrès accomplis à l'égard des points susmentionnés, pour examen par le Comité à sa 33e session en 2009.